Rétrospectives 2011 et perspectives 2012

Résultats des élections professionnelles d’octobre 2011

Comité technique ministériel : les résultats sont positifs. Le Sgen-CFDT obtient 10% des votes exprimés et progresse.
On notera que ces élections pour la première fois organisées sous forme électronique ont enregistré une participation moins forte qu’au scrutin précédent. Il est certain que des électeurs ont été gênés par ce nouvel outil qui nécessitait un logiciel adapté, un code et un login. D’autres, peu ou pas syndiqués ont pu se désintéresser d’une élection dont ils n’ont peut-être pas mesuré la portée.

Commissions paritaires académiques : bravo aux syndicats qui présentaient une liste pour la première fois comme la Corse (5,45%) et Amiens (2,49%). Le Sgen Alsace avec 13,3 % a un élu, comme à son habitude. Nous félicitons pour leur travail tous les militants qui ont oeuvré à la réalisation des listes EPS du Sgen-CFDT et celles et ceux qui ont accepté d’être candidats sur nos listes. Nous remercions chaleureusement tous les adhérents et collègues qui nous ont apporté leur voix et leur soutien
Pour cette élection, elle aussi au scrutin électronique, on observe une baisse d la participation, passant de 67,82% en 2008 à 48,45% en 2011 chez les professeurs d’EPS et CE d’EPS et de 58,5% à 46,88% chez les agrégés.
Les résultats consacrent plus que jamais (84% !) l’hégémonie de l’organisation majoritaire. Cependant le Sgen-CFDT, grâce à ses élus agrégés suit toutes les commissions et le mouvement inter et intra-académique des professeurs d’EPS.

Le mouvement inter académique a lieu le 5 mars. Chaque candidat au mouvement doit penser à remplir une fiche de suivi sur Sgen + pour être conseillé et informé sans délai.

Agrégés
- avancement d’échelon : 21-23 février
- liste d’aptitude pour l’accès au corps des agrégés : du 22 au 24 mai
- Hors classe : du 26 au 28 juin
Pour toutes ces opérations, il convient de faire une fiche sur Sgen+

Postes aux concours

CAPEPS externe : 600 (560 en 2011), interne : 60 (48 en 2011). Une hausse dont on ne sait si elle sera suffisante pour corriger plusieurs années de faible recrutement et si elle est en proportion du nombre de départ en retraite.
Agrégation EPS : concours externe : 25 (18 en 2011), concours interne : 100 (idem en 2011).

Conditions de travail

Conséquences des suppressions de postes : des effectifs en hausse
Conséquences de la baisse des ouvertures de postes aux concours, le recours aux emplois précaires. Les TZR sont désormais majoritairement sur des postes à l’année ce qui supprime toute souplesse pour la gestion des remplacements.
Jusque-là, l’EPS n’avait pas recours aux contractuels, ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Or si la taille des classes augmente, ce n’est pas le cas des installations dont les surfaces et volumes ne sont pas extensibles.
Les classes chargées aggravent les conditions de travail pour les élèves comme pour les enseignants. Il n’est plus possible d’enseigner en groupes à effectifs réduits. Toutefois, le ministre se flatte de l’opération « Cours le matin, sport l’après-midi » sans en mesurer à la fois l’irréalisme et l’absence de pertinence réelle. Il dit promouvoir le sport scolaire et dans le même temps en baisse les moyens. Des procédés et une autosatisfaction qui ne trompent personne.

Relèvement des bornes d’âge pour la retraite
La fin de cette année 2011 a vu la publication du décret 2011-2103 portant relèvement des bornes d’âge de la retraite des fonctionnaires. Il s’agit de la mise en oeuvre plus rapide que prévu de la réforme de 2010 telle qu’annoncée par le deuxième plan de rigueur.

Ce relèvement s’effectue selon le tableau suivant :

Cette « réforme dans la réforme » va particulièrement pénaliser les professeurs d’EPS compte tenu de leur activité. Aucune réflexion n’est engagée sur les aménagements de fin de carrière. Ce dossier va pourtant devenir prioritaire.

« Exhibitions. L’invention du sauvage » Musée du quai Branly jusqu’au 3 juin 2012

 

L’exposition a pour commissaire général Lilian Thuram. L’ancien footballeur, qui préside la Fondation «Education contre le racisme », croit à l’éducation pour déconstruire les discours racistes. Il souhaite faire comprendre aux visiteurs
que le racisme est avant tout une construction intellectuelle. L’exposition commence avec la découverte du Nouveau monde, quand Christophe Colomb revient de son premier voyage en ramenant six Indiens. Elle met en lumière l’histoire de femmes, d’hommes et d’enfants, venus d’Afrique, d’Asie, d’Océanie ou d’Amérique, exhibés en Occident à l’occasion de numéros de cirque, de représentations de théâtre, de revues de cabaret, dans des foires,
des zoos, des défilés, des villages reconstitués ou dans le cadre des expositions
universelles et coloniales. Elle montre comment la différence a été mise
en spectacle quand l’idéologie dominante estimait qu’il y avait plusieurs humanités,
les prétendues races. L’exposition amène à une réflexion sur l’altérité et permet à chacun de s’interroger sur ses propres préjugés.

« Le sport européen à l’épreuve du nazisme » Mémorial de la Shoah jusqu’au 18 mars 2012

Exposition : « Le sport européen à l’épreuve du nazisme » Mémorial de la
Shoah jusqu’au 18 mars 2012


Des JO de Berlin aux JO de Londres (1936-1948) L’histoire du XXe siècle européen peut se lire dans le développement des pratiques et des cultures sportives.
Le nazisme, le fascisme et les régimes de collaboration vouent un culte au corps athlétique et guerrier, ils utilisent le sport pour contrôler les jeunesses et les masses, justifier leurs idéologies xénophobes et racistes, et même infliger des supplices aux champions juifs déportés.
Comment, face aux politiques d’exclusion, à l’application des lois antijuives jusque dans les stades, les gymnases et les piscines, comment le monde sportif s’est-il comporté ?
Pour les minorités opprimées, pour les résistants, et même pour certains prisonniers des camps, le sport a pu servir de refuge, voire de réarmement moral et corporel.
Relatant ces multiples facettes de l’histoire du sport en Europe entre 1936 et 1948 à travers films, photographies, objets et documents d’archives, l’exposition retrace parallèlement l’itinéraire individuel d’une vingtaine de sportifs dont les carrières ont été bouleversées et les vies anéanties par la montée du nazisme.

http://sport.memorialdelashoah.org/

A l’écoute d’Albert Jacquard

Citation

Enseigner l’art de la rencontre
Invité à clore les Ateliers pour l’Ecole d’ATD Quart Monde, en novembre dernier à Lyon, Albert Jacquard, généticien, mathématicien et philosophe, a rappelé que ce que nous sommes tient à nos gènes, à notre métabolisme, certes, mais plus encore à ce que nous avons ajouté à ces données premières. Il s’agit de construire plus que ce que la nature donne. Ainsi l’éducation élève, comme l’exprime l’étymologie du mot, du verbe latin « e- ducare », conduire « hors de ». L’être humain est capable de se créer s’il est en communication avec les autres. La clé de l’humanisation, souligne-t-il, est la rencontre.
Il s’agit de permettre les rencontres. Au fronton de nos écoles, après  » Liberté, égalité, fraternité », il faudrait ajouter :
 » Ici, l’on enseigne l’art de la rencontre ».
Inciter son enfant à être un gagnant, quelqu’un de compétitif, c’est le condamner à être entouré de perdants. Albert Jacquard nous invite à essayer de ne pas être des gagnants
mais d’aider l’autre à le devenir lui-même. Il faut transformer la différence en possibilité d’amélioration. La nature n’est pas capable de nous enseigner ces comportements complexes car elle n’a pas d’objectif : elle est. L’éducation nous fait accéder
à notre pleine humanité.
Quel sens y a-t-il, à l’école, à donner en permanence des notes chiffrées ? La note n’est qu’un nombre, la copie est un acte, un acte multidimensionnel.
La note est unidimensionelle. Passer de la réalité multi dimensionnelle qui nous entoure à un nombre trahit la réalité : le professeur est capable d’un geste stupide…
« Vive le sport, à bas le score ! »
Quelques semaines plus tard, Albert Jacquard donnait une conférence à l’école de commerce de Pau, dans le cadre de la Semaine de la philosophie consacrée au thème de la société.
Sa conférence s’intitulait « La rencontre »
« Comment est-on passé de la reproduction à la procréation, c’est-à-dire de la multiplication à l’infini de cellules identiques qui reproduisent l’existant, à la différence et à la diversité ? Pourquoi nos sociétés nourrissent-elles le culte de la compétition qui fabrique des perdants et fait le lit du dopage, du cynisme, de la triche et de l’individualisme, plutôt que celui de l’émulation qui profite à tous ? La compétition, c’est le suicide
de l’humanité ! lança-t-il aux futurs managers, directeurs marketing et chefs d’entreprise. Ne réserver le défilé du 14 juillet qu’à certains comme les polytechniciens qu’on fait marcher au pas, ne se justifie que par la compétition. Alors que l’idée même d’établir une hiérarchie en valeur entre les individus est une idée fausse ! C’est la mécanique désastreuse de la notation. Dans un match de foot, ce qui doit compter, c’est le beau jeu, pas le score. Vive le sport, à bas le score ! »

A propos de la relation pédagogique ; l’effet PERSEE

On connait « l’effet Pygmalion » où la qualité du regard que
l’on porte sur l’élève influence ses résultats, sorte de
« prophétie autoréalisatrice ». On connait moins « l’effet
Persée « dont on trouve une analyse sur le site du Collectif
« Ecole, changer de cap », animé par des psychologues et
des pédagogues, qui publie également des propositions pour
l’Ecole

Persée (l’introspecteur), a vaincu Méduse grâce aux
présents des dieux, dont un bouclier à l’intérieur poli comme
un miroir pour éviter d’être pétrifié par le regard de l’horrible
Gorgone. Persée est porteur du miroir qui permet de trouver
la bonne reliance à soi-même et à autrui, sans être inhibé
« médusé » par la difficulté d’être : de penser et d’agir,
d’enseigner et d’apprendre.
Pour le collectif, le miroir que nous tendent les sciences
humaines, la psychologie introspective comme la
psychologie sociale, peut nous permettre de mieux voir nos
propres motivations et de mieux comprendre ce que nous
transmettons. »
A situation de difficultés concrètes égales (classes surchargées,
hétérogènes, socialement défavorisées etc.) l’enseignant
entrainé à porter attention à ses propres motivations
devient psychologiquement plus endurant parce que plus
compréhensif. Il subit de moins en moins ces « coups de
pompe » dont beaucoup d’enseignants se plaignent et sa critique
du milieu professionnel et des élèves cesse d’être obsédante.
Il apprend à mieux puiser dans les ressources
pédagogiques qui lui sont proposées, se montre inventif,
ouvre de nouveaux chemins au désir d’apprendre de l’enfant,
et offre du dialogue là où se produisait de l’affrontement.
Cela ne saurait justifier de confier les classes les plus diffi-

ciles aux enseignants les plus jeunes, ni l’insuffisance des mesures
concrètes concernant le cadre, le rythme et l’organisation
des programmes scolaires. Cela ne doit pas non plus
servir de justification à l’insuffisance de lien entre les disciplines,
qui rend les savoirs plus cohérents et attrayants, mais
qui appelle, à elle seule, une « réforme de la pensée » selon
la formule d’Edgar Morin.
L’enseignant garde cependant à sa portée sa capacité de
mieux analyser ce qui se passe dans la classe, à évoluer.
On sait que l’agressivité de jeunes en difficulté scolaire, renvoyés
d’un établissement à l’autre, pour cause d’indiscipline,
diminue en proportion de l’accueil, de la disponibilité et du
soutien psychopédagogique qu’ils peuvent trouver.
Derrière la paresse comme le souligne Armen Tarpinian
auteur du texte, derrière l’opposition butée, ou la bravade, se
cache dépit et souffrance. La complexité de certaines situations
ne doit pas faire perdre de vue l’efficience de certaines
notions simples et universelles comme la confiance faite au
sujet, la capacité de donner et de recevoir une marque
d’estime. L’autorité nécessaire et le sentiment civique y
trouvent leur meilleur ciment.
L’école doit se fonder sur les besoins mieux compris des enfants
— qui sont aussi ceux des enseignants, des familles et
de la société — et substituer à la visée de rendement celle
de développement qui nécessairement la déborde et l’englobe.
Il ne s’agit pas de « baisser le niveau », mais de faire
aimer le fait d’apprendre et donc de dépasser une conception
passive ou réductrice de l’apprentissage, et cesser d’opposer
instruction et éducation.
(1) Pour lire en ligne le détail des 13 propositions du collectif

http://www.ecolechangerdecap.net/spip.php?

EPS en ULIS

Depuis la création de l’UPI (Unité Pédagogique d’Intégration) aujourd’hui transformée en ULIS (Unité Locale d’Inclusion Scolaire), les enfants de cette structure ont toujours eu un minimum d’1h30 d’EPS, hormis les inclusions où ces élèves bénéficieront, en plus, de 2 h d’EPS.
Par la pratique d’activités diversifiées, la finalité travaillée est de consolider la structure classe, celle-ci se trouvant souvent, en situation d’éclatement.

Cette année, la Professeure des Ecoles et moi-même sommes porteuses d’un projet « Découverte des Arts de la Scène » en Danse Contemporaine.
Pour ce faire, un partenariat a été recherché au niveau départemental ; l’IDDAC (Institut Départemental de Danse et d’Art Contemporain) appuie notre démarche.

Ce parcours nous amènera :
- à visiter un théâtre et découvrir les métiers de la scène ;
- à pratiquer la Danse en ateliers,dans mes cours ou avec
des Chorégraphes Bordelais ;
- à rencontrer des artistes pour dialoguer avec eux ;
- à assister à 4 spectacles durant l’année ;
- à connaître de l’Histoire à travers la découverte de l’Histoire
de la Danse ;
Enfin, le travail réalisé sera montré sur scène.
Seule ombre au tableau: je ne disposerai que d’une heure/semaine pour animer les ateliers de danse contemporaine.

C’est le choix fait par le Principal précédent ; (réponse en forme de répression à un mouvement de grève local qu’il a très mal géré et ce, suite à violences subies par ses personnels en EPS justement!?). Léger!!! Grave!!!! Comme vous voudrez…Telle est ma/notre réalité.

Au passage, nous sommes ici exactement à l’inverse de ce que prône, en discours, le gouvernement à savoir : prioriser l’enfance handicapée.

Que n’est il proféré à son sujet ? Localement, ce sont ces enfants qui paieront le prix d’une restriction horaire, budgétaire.

Le Principal, au nom de l’Etat a bien pris, ici, une décision politique, par manque de moyens ; le CA avait avalisé le projet en Juin.

En la circonstance, j’ai besoin d’ une heure complémentaire pour ces enfants. Je vais aller la chercher, je ne sais où ?

Dans un budget du Ministère, activités à valence  » artistiques », sans doute….

Marie-Christine Bailly

Pratique sportive et résultats scolaires

En passant

Une étude en anglais, réalisée par des chercheurs de l’IZA (Institute for the Study of Labor) concerne de jeunes allemande-s, de 3 à 10 ans, observés du jardin d’enfant (kindergarten), à l’école primaire dans leur pratique en club. Les clubs, en Allemagne ont un rôle important dans les activités sportives des enfants, qu’elles soient de loisir ou de compétition.

L’étude souligne l’effet positif de remplacer des loisirs passifs (télévision) par des activités physiques. Pour les chercheurs, les enfants pratiquant des activités sportives ont de meilleures performances scolaires du fait que ces pratiques développent
la coopération et l’estime de soi. Toutefois la conclusion de l’étude met en avant la nécessité d’approfondir ces résultats, en étudiant plus avant notamment la gestion de la défaite… Ce qui souligne en creux les risques du sport stricto sensu et la nécessité d’une éducation à la gestion de la pratique sportive.
Etude IZA

Danse

Vu sur le web
Le Café pédagogique signale, dans l’Express du 24 novembre 2011, un centre de ressource pour la danse :
http://www.passeursdedanse.fr/
et donne une interview de Marielle Brun, présidente de l’association « Passeurs de danse». Elle répond à des questions dont celle-ci :
Comment expliquez-vous la difficulté des professeurs d’EPS à enseigner la danse ?
La grande majorité des professeurs d’EPS est plutôt de formation
sportive et le rapport au corps et à la production physique
n’est pas de même nature dans la recherche de la
performance sportive que dans la démarche artistique. Dans
les activités sportives compétitives, le corps est l’instrument
de la performance alors que dans les activités physiques artistiques,
on est sur la mise en jeu d’un corps sensible et d’un
processus de questionnement. L’art réinterroge la question
de la performance et de l’efficacité, et la forme de la prestation
finale ne peut être anticipée. L’enseignement de la danse
organise la production de l’inattendu ce qui est guère sécurisant
pour les professeurs non aguerris.
Il est cependant intéressant d’observer que les pratiquants
d’activités physiques qui ne sont pas essentiellement sur un
mode compétitif ou pour lesquelles la dimension esthétique
de la pratique est importante (escalade, arts martiaux, etc.) accèdent
souvent plus facilement aux pratiques artistiques.
Par ailleurs, on peut penser que les enseignants redoutent
les réactions et le manque de motivation des garçons qui ont
une représentation de la danse comme une activité plutôt
féminine. Pourtant, ces derniers s’approprient très facilement
cette pratique dès lors qu’elle est construite sur l’exploitation
de la danse et des possibilités de chacun.
Pour lire l’entretien en entier :

 Vu dans la presse
Dans le bulletin l’APMU -association des professeur-e-s de
Musique- du 2ème trimestre 2011, dont le dossier concerne
l’improvisation, thème de leur congrès, on peut découvrir le
travail d’Aline Leclerc, professeure d’EPS en collège, danseuse
et performeuse, enseignante en contact improvisation.
Elle s’est formée à diverses techniques de danse, d’acrobaties,
yoga, taï chi et à diverses activités physiques qu’elle enseigne
en milieu scolaire.
Elle a été co-organisatrice de l’Underscore Sostice de 2006 à
2010 avec Claire Filmon. Elle travaille avec Michèle Tarento
chorégraphe et performeuse, mais aussi osthéopathe et
partage ses recherches sur sa technique corporelle, l’ostéoéveil
(osteo-eveil.fr).
Son texte est intéressant. Voici, ci-dessous, quelques
éléments de sa conclusion :
La pratique de la danse contact et de l’osteo-éveil m’ont
permis de trouver une nouvelle façon de questionner le mouvement
et donc de le transmettre
Dans le cadre scolaire, en tant que professeur d’EPS, j’ai ainsi
utilisé ce qui me paraissait approprié aux élèves, par
exemple, en danse pour amener des précisions sur les appuis,
sur la direction du mouvement et aborder le rapport au
sol. Avec les activités à dominantes acrobatiques et gymniques,
il s’agit d’approfondir l’alternance des rôles tels que
guideur/guidé et la subtilité de l »écoute dans les portés
lorsque l’autre est support et peut être lui-même mobile[...]
Il s’agit d’amener à une éducation du perceptif[...]
[...] entendre, recevoir et donner une information, un contact
peut modifier de manière positive l’écoute des élèves par rapport
aux autres. Le rôle d’observateur se construit ainsi.
L’autre comme support de notre transformation nous renvoie
à un questionnement toujours renouvelé de nous-mêmes.

Professeurs d’EPS et éducateurs sportifs

Actuellement, au lieu d’une complémentarité souhaitable,
ce sont plutôt des tiraillements que l’on observe
sur le terrain, et très amplifiée ces derniers temps. En
voici deux exemples.
Le premier concerne l’intervention des Opérateur Territoriaux
des Activité Physiques et Sportives ou Educateurs Territoriaux
des APS diplômés par Jeunesse et Sport et employés
par les collectivités : mairies et département. Jusqu’à maintenant,
les collectivités mettaient à la disposition des professeurs
d’EPS de l’Enseignement agricole public ces Diplômés
d’Etat ce qui nous permettaient de dégrouper certaines classes
de manière à offrir a nos élèves des activités plus variées (canoë,
course d’orientation, tir a l’arc…). Désormais les collectivités
refusent cette mise a disposition (à juste titre quand
certains collègues abusaient et se déchargeaient de leur responsabilités
sur les ETAPS…) au grand dam des éducateurs
qui appréciaient ces interventions avec le secondaire. L’argumentaire
des éducateurs sportifs a été très clair : « C’est injuste
de nous enlever ça car dans les activités que nous
encadrions, nous étions plus armés que les profs d’EPS, remarque
juste sauf que le seul responsable de l’enseignement
de l’EPS reste le professeur d’EPS qui met en place la didactique
de l’activité concernée, comme le confirment les services
juridiques et l’Inspection. La conclusion reste la même :
dans le cadre des cours d’EPS personne d’autre que le prof
d’EPS, d’où le malaise des ETAPS et OTAPS.
Autre exemple, les relations professeurs d’EPS et club. Je
suis professeur en lycée et responsable d’une section rugby.
Je suis également entraineur des moins de 21 ans, puis de
moins de 19 ans, du club de Carcassonne (pro D2).
Ma compétence d’entraineur est reconnue par mes pairs
mais pas par Jeunesse et sport qui ne me considère pas plus
qu’un brevet fédéral, plus petit diplôme du jeunesse et sport.
Je suis responsable de la mise en place du projet de jeu et
des compositions d’équipe mais ne peux pas me présenter
sur le bord du terrain comme entraineur « officiel », juste
comme soigneur… Mes collègues, eux, joueurs professionnels
et diplômés d’état (que je pilote et à qui je demande de
mettre en place les ateliers que j’ai préparés, ont cette habilitation…
Je me souviens parfaitement qu’un grand nombre de profs
d’EPS étaient à la fois professeur et entraineur et jusqu’a une
époque pas très lointaine (une dizaine ou quinzaine d’années)
la licence STAPS ouvrait droit à une équivalence pour
le Brevet d’Etat… Depuis que le BE a été réformé, ces
équivalence n’existent plus du tout (dans le cadre du Diplôme
d’Etat), en revanche, l’inverse (équivalence du DE vers la licence)
est possible…
Je lis donc bien là une opposition constante et une lutte d’influence
entre Jeunesse et sport et nos corps d’enseignants
d’EPS alors que rien ne la justifie : nous ne poursuivons pas
les mêmes objectifs…
Pour conclure, je terminerai en commentant la remarque d’un
professeur de sport qui disait : « Je pense que si l’EPS était
perçue comme étant un complément nécessaire au mouvement
sportif, un complément différent mais pas opposé, ce
serait bien mieux pour l’EPS et pour nous tous ». Je dirai qu’il
ne faut pas inverser les choses : l’EPS n’est pas un complément
au sport mais bien l’inverse. Si par mon enseignement
j’ai pu décider un ou deux élèves à refaire du sport pour leur
loisir et que cela a débouché sur une licence en club, j’en
suis très satisfait car cela entre dans ma mission de former
un élève physiquement éduqué… Si nos élèves éprouvent le
besoin de faire du sport en compétition en plus de l’EPS
grâce ou à cause de celle-ci : très bien, mais le sport vient
bien en complément (comme un adolescent irait faire du
théâtre suite aux cours de français puis du club théâtre du lycée
qui lui en aurait « donné le goût »). Cela ne doit en aucun
cas nous opposer, bien au contraire… Il serait intéressant
qu’une réunion du réseau EPS se fasse conjointement avec
le réseau Jeunesse et Sport.
Johann Berthaut

Réaction d’un militant sur le rapport Comment accroître la place du sport à l’école

Via l’UNSS, le ministre actuel établit un « PONT IDEOLOGIQUE »
entre le Sport Scolaire qui aurait toutes les qualités
éducatives, que ne contiendrait donc pas l’éducation physique
du quotidien de l’enseignant ?
Il demande qui plus est à cet enseignant, d’établir ce pont
quand bien même il n’en serait pas du tout convaincu. Ce qui
est le cas maintenant de presque tous les professeurs
d’EPS, qui ne sont pas dupes du jeu dans lequel ils sont embarqués.
Il semble en effet que l’analyse critique du sport
comme moyen d’éducation avance. A moins que ce ne soit
que du discours cachant une impossibilité de changer.
Se peut-il que notre ministre souhaite un assujettissement total
de l’Éducation Physique au Sport avec comme corolaire:
un transfert du corps des profs dans la Fonction Publique Territoriale
? Ou bien un retour « caporalisé » au Ministère des
Sports..D. Douillet étant devenu notre ancien Drut, que nous
avons bien connu ?
En effet, qu’est ce à dire qu’un « rapport de confiance » à établir
avec les éducateurs sportifs: un tutorat inversé, une soumission
locale au type de sport en vogue dans la commune,
le canton, la ville? Et ce serait au professeur, en plus de son
travail éducatif chargé, de construire ce rapport, une nouvelle
contrainte?
A terme, nous pourrions imaginer que le professeur d’EPS aurait
à se fondre dans le club local, de s’y fusionner mentalement
et in fine de se soumettre au « Pouvoir Sportif », cette
institution qui promeut toutes les valeurs décrites dans le rapport.
C’est faire fi du réel sportif et de ses errements dénoncés,
depuis son origine.
Il y a là matière à se poser de nombreuses questions et non
des moindres. Toutes touchent à la philosophie de l’éducation,
au sens de l’acte éducatif. Il serait opportun d’interroger
les représentations mentales qui circulent autour de « la
place du sport à l’école ».

Et si l’institution Education Nationale faisait tout simplement
le point sur « la place du mouvement à l’école » ?
Ce serait un véritable travail d’évaluation formative pour tous
les acteurs de la décision publique.
Il ne faudrait pas que ce soit le Ministère Jeunesse et Sports
qui fasse ce nécessaire travail à sa place.
De toute évidence ce Ministère fera les constats qui alimenteront
sa politique du résultat.
Le Sgen-CFDT pourrait interroger les futurs candidat/es à
l’élection présidentielle sur cette question.
Sur le terrain, le travail du professeur dépend presque totalement
des conditions que crée l’acteur politique local. Pour
quelles perspectives? Tout l’enjeu est là et dépendra de la nature
des visées « dialectisées » « discutées ».
Une Education physique « éducative » ou une éducation physique
« sportive », rien n’est tranché à l’avance..
Tout cela se discute : l’adaptation du sport aux « attentes de la
Jeunesse » n’est pas extensible.
Traitées par des politiques, ces attentes peuvent prendre différentes
directions, dont les plus « instrumentales, utilitaires »,
dans le court terme sans visée d’avenir .
L’histoire du Corps Enchainé est éclairante pour ne pas tomber
dans un panneau simplificateur sur une question sociétale
complexe.
Michel Lafargue