Quand le sport est éducatif

Sur le site de Pierre Rosanvallon, Raconter la vie, un recueil de témoignages sur le rugby est particulièrement instructif. On peut lire les récits croisés de Pierre, Daniel et Jasmin en ligne  ici mais aussi en télécharger le texte  en PDF ( 13 pages).

Ces témoignages attestent que les vertus du sport sont à l’œuvre quand il est un moyen d’épanouissement personnel et  de rencontres, et non une fin en soi. S’il n’est qu’un objet culturel détaché de toute éthique ou intention éducatives, instrumentalisé par des lobbies sportifs  et les intérêts commerciaux, il peut même être destructeur.

Quelques extraits significatifs

« Les clubs, c’est un milieu machiste et parfois raciste. Depuis longtemps, j’ai été confronté à des insultes ou des agressions à caractère xénophobe sur le terrain qui m’ont poussé à arrêter de jouer ici [...] Le rugby, ce n’est pas ça, le rugby c’est ce qui permet à des gens de différentes cultures, de différents physiques de pouvoir se retrouver dans une même équipe et de mettre leur différence au service du collectif. Ce qui fait la force d’une équipe, c’est que toutes les différences soient acceptées et que chacun puisse mettre ses qualités au service du collectif.
Notre enjeu, c’est de remettre l’humain au centre du jeu ».

 

« ..quand j’étais jeune, on était 6 pour 2 postes, donc il fallait écraser les 4 autres pour pouvoir jouer, donc si je pouvais faire mal à mon concurrent direct, je lui faisais mal. Voilà. C’est ça les valeurs du haut niveau. Il faut prendre le dessus sur ses partenaires, mais ce ne sont pas des partenaires, ce sont des concurrents, parce qu’il n’y a qu’un poste. »

 

« Il y a des gens qui sont investis bénévolement dans le club, qui ne touchent pas d’argent, qui chaque vendredi nous font le repas, qui sont le dimanche sur le terrain et qui vibrent, alors quand on joue, on joue pour eux et pas pour nous, on essaie de leur rendre tout ce qu’ils nous ont apporté.

 

La lecture intégrale du récit montre que le sport peut être un magnifique outil au service de l’épanouissement humain quand il est bien utilisé : bel éloge de l’association Rebonds et belle découverte de Terres en mêlées, dont le site a été  momentanément indisponible et dont on peut voir une video ici

On a créé l’association « Terres en Mêlées » pour recréer du lien social, de la communication et de la rencontre, en utilisant pour cela les projets qu’on fait dans d’autres pays. Nous, ici, on se plaint quand le terrain n’est pas tondu, on se plaint quand l’eau n’est pas chaude dans les douches, on se plaint quand le bus n’est pas à l’heure, on est tout le temps en train de se plaindre pour x raisons, alors que quand on prend un peu de recul, on se rend compte que c’est aberrant, ces comportements ».

 

« …tu vas quelque part avec l’asso, on te voit autrement que si tu y vas comme le blanc-bec friqué ; tu peux toujours essayer de faire passer des valeurs, si tu viens juste en touriste, tu loupes la moitié du pays, parce qu’on va toujours revenir sur ces histoires d’argent. Alors qu’avec l’association, c’est du troc. On va troquer quelque chose, nous on va donner un savoir sur la culture rugby et eux ils vont nous montrer une autre façon de vivre, les valeurs qu’ils portent dans leur cœur, voilà c’est un échange ».

 

Alerte sur les programmes d’EPS !

L’apport de l’EPS aux acquisitions du socle commun  ne saurait se borner à la connaissance de disciplines sportives. Faire de l’EPS « l’étude des Apsa », c’est avoir une vision rétrécie de l’éducation physique.

Le Se-Unsa alerte utilement sur le projet de programme EPS en cours d’élaboration par le Conseil Supérieur des Programmes ici

La raison d’être de l’EPS, c’est de former l’élève à la connaissance de soi et à la reconnaissance de l’autre. C’est une éducation en actes qui donne sa place au corps. Elle est formatrice, porteuse d’équilibre et de bien-être.

Les deux  témoignages de Cécile  ( ici pour le plus récent)   sur le site Sgen Raconter le travail soulignent en creux son caractère indispensable à la formation civique. Bornés à des apprentissages sportifs pour eux-mêmes, les programmes d’EPS manqueraient cruellement leur but.

Les programmes d’EPS doivent  approfondir les pistes tracées par les programmes de 2008 et prendre à bras le corps les questions transversales de santé, de mixité, d’égalité et de sociabilité qui retentissent avec force sur le climat scolaire et la réussite des jeunes.

Des chercheuses ont montré comment la masculinité hégémonique, particulièrement à l’œuvre dans le sport, pouvait faire le lit des discriminations de sexe et de genre. (cf. par exemple,la question de l’homophobie en EPS Sigolène Couchot-Schiex ).

Une école refondée, inclusive, doit veiller à traiter ces questions avec sérieux.

 

 

« Tirer, pousser, sauter, rouler… »

Une courte vidéo ( 5′) a été tournée en janvier 2015 dans une école primaire du  XXe arrondissement de Paris, l’école Vitruve , au moment de la mise en place d’un dispositif « la boîte à jouer ».

Ce type de dispositif existe déjà en Angleterre et connait un certain succès avec plus de 200 écoles équipées.

Il suffit de regarder la video ici pour en saisir l’intérêt éducatif.

Un bulletin du Corps enchainé s’est fait naguère l’écho de cours de récréation pionnières, aménagées pour favoriser le jeu, la motricité, la mixité et la sociabilité des élèves.

Socle commun : 38 à 7

Le Conseil supérieur de l’éducation, instance consultative qui regroupe les représentants de la communauté éducative, a adopté, lors de sa séance du 12 mars, le nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture avec une majorité de 38 voix Pour ( dont Sgen-CFDT, SE-Unsa, FCPE, PEEP, UNL,…) ; 7 Contre (dont CGT, Sud, Snalc) et 16 Abstentions (dont FSU). Des propositions, faites en Commissions spécialisée Ecole et Collège, avaient été intégrées, apportant des améliorations. La discussion précédant le vote final a donné lieu aussi à un certain nombre d’amendements.
Concernant l’EPS,

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Coopérer et créer en EPS

L’éducation physique et sportive forme des citoyens. C’est ce dont témoigne l’expérience chaque année renouvelée de deux collègues enseignants d’EPS. S’appuyant sur le centre permanent UNSS arts du cirque qu’ils animent, mettant à profit les heures d’AS et des cours d’EPS, ils permettent chaque année à leurs élèves de construire pas à pas un spectacle et de le présenter sur scène. Une expérience riche et marquante pour tous. Lire la suite