« Ton programme a plus de pages que le mien ! »

C’est avec un sourire consterrné que l’on lit certains « arguments » avancés pour critiquer le projet de programmes du CSP pour l’EPS.

Il aurait moins de pages que d’autres programmes ! Cette vision exclusivement quantitative est du niveau des querelles  de cour de récréation quand de jeunes enfants se querellent et comparent leurs avantages respectifs.

Lorsque, faute d’analyse objective du travail éducatif à partager au sein de l’équipe enseignante, il est déploré que l’EPS soit « au service des autres disciplines », se dégage une vision bien décalée de l’intérêt des élèves.

Il est invraisemblable de considérer une discipline dans un splendide isolement, en perdant de vue l’intérêt des èleves et la synergie nécessaires aux enseignements qui se renforcent dans ce partage interdisciplinaire. Leur efficacité ne se perd pas dans l’exercice, au contraire, pas plus que ne disparaît leur irremplaçable spécificité.

L’EPS est au carrefour de tant de domaines et recherches universitaires que l’on peut faire confiance aux enseignants d’EPS formés par des études en Staps exigeantes, à leur capacité d’initiative, dès lors que les objectifs de leur mission éducative sont clairs, et ils le sont, et le cadrage national donné.

Les enseignants  ont besoin de confiance. Ils n’ont pas besoin d’être instrumentalisés pour défendre un parti pris au service de l’idéologie de quelques uns.

Ces mêmes qui terminent leur diatribe par la menace, faute d’arguments pertinents à faire valoir, se discréditent .

La menace n’a pas sa place dans une démocratie. La démocratie se nourrit d’échanges, de réflexions sérieuses et de débats.

Les projets de programmes du CSP

Sur le site du ministère on trouve depuis quelques jours les projets de programmes du CSP (Conseil Supérieur des Programmes) pour les cycles 2,3 et 4. Un gros effort de lisibilité a été fait. C’est une lecture indispensable à qui s’intéresse à l’école.

Les programmes d’EPS (p. 49 pour le cycle 2, p.154 pour le cycle 3 et 285 pour le cycle 4) ont été largement réécrits et la finalité de cet enseignement est rappelée à chaque cycle : former des citoyen-ne-s lucides, autonomes, physiquement et socialement éduqué-e-s, dans le souci du vivre ensemble.

Il ne suffit pas, en effet de former des corps sportifs. L’EPS participe à l’éducation globale de la personne de l’élève. Il y en a qui s’en offusquent, bien à tort, critiquant cette unicité d’objectif.

Mais aurait-on idée, pour faire image, de critiquer l’objectif de savoir chanter juste, de la maternelle à l’université ? N’y a-t-il pas matière à progression, depuis la comptine jusqu’à la polyphonie ? Du chant a cappella aux chants choraux les plus exigeants ? Du motet du 12ème siècle aux nouvelles subtilités de la musique sérielle ?

Tous les enseignant-e-s d’EPS doivent se réjouir de ce programme lisible. Lire la suite

Apprentissage et compétences : un programme pour l’EPS

Patrick Vesseyre, de l´UFR Staps de Clermont-Ferrand, signe dans la revue EP&S, n° 366, juillet-août-septembre, un excellent article au service de la discipline EPS et sa réflexion didactique est éclairante pour toute discipline.

Parler des compétences, ce n’est pas révérer un savoir disciplinaire qui serait à verser dans les têtes des élèves, cruches vides et récalcitrantes, oies à gaver ou disques vierges à formater, pas plus que jouer le jeu du Grand Capital en alimentant en esclaves soumis un monde économique dévastateur. C’est tout au contraire former des intelligences libres et éduquées, capables de résoudre les questions que pose un monde en mutation.

La notion de compétence « organise et structure les contenus de l’enseignement ». Lire la suite