Circulaire sur l’Association Sportive de mars 2016

Participation des enseignants d’éducation physique et sportive du second degré aux activités sportives scolaires volontaires des élèves

note de service n° 2016-043 du 21-3-2016 MENESR – DGESCO B3-4 – DGRH B1-3

Le sport scolaire réaffirmé dans les missions de l’Etat et du service public.

La place du Sport scolaire est réaffirmée « comme partie intégrante des missions de l’Etat et du Service public d’éducation », ainsi que la « participation des enseignants d’EPS à l’organisation et au développement du sport scolaire dans les établissements ».

Les axes du projet de l’association sportive : deux axes principaux sont rappelés

- La pratiques des APSA avec alternance d’entraînements, de rencontres et de compétitions, ainsi que de temps forts.

- L’apprentissage des responsabilités, l’éducation à la citoyenneté.

L’association sportive et la continuité des cursus

Sont à encourager les actions relatives au sport scolaire, pouvant améliorer la continuité pédagogique et éducative entre l’école et le collège (…), ainsi qu’entre le collège et le lycée.

L’association sportive : responsabilités et conditions matérielles :

La note reprécise la responsabilité du chef d’établissement, qui reste garant du bon déroulement des activités (par exemple libération du mercredi après-midi, (…) créneaux horaires à l’interclasse de midi ou en fin d’après-midi, organisation favorable de la restauration et des ramassages scolaires).

En outre « Le chef d’établissement sollicite éventuellement le concours des collectivités territoriales concernées pour s’assurer de la disponibilité des installations sportives ».

L’association sportive et le service des enseignants :

La note réaffirme que « le service de chaque enseignant d’EPS, qu’il exerce à temps complet ou à temps partiel, comprend un volume forfaitaire de trois heures consacrées à l’organisation, à l’animation, au développement et à l’entraînement des membres de l’association sportive (AS) de son établissement scolaire. Ces heures sont inscrites dans l’état des services d’enseignement de chaque enseignant ».

Cependant, il est précisé :

« À titre exceptionnel et dans l’hypothèse où le volume d’activité de l’AS de son établissement est insuffisant pour l’accueillir, un enseignant de l’établissement sera amené à compléter son service dans l’AS d’un établissement différent, dont le volume d’activité est suffisant pour l’accueillir. Cette décision, pour laquelle le volontariat des enseignants concernés doit être recherché, en prenant en compte le programme des AS en cause et en s’appuyant, en tant que de besoin, sur les inspecteurs d’EPS, est prise par le recteur d’académie qui en informe le comité technique académique (CTA) ». (…)

Les fonctions des enseignants au niveau du district, départements, académiques

La note apporte des précisions (indemnisation, missions) sont ainsi apportées sur les fonctions de coordonateurs de district et de directeurs des services régionaux.

La circulaire : http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=100254

Pour le Sgen-Cfdt :

Cette note vient globalement compléter le soutien fait aux AS dans la précédente circulaire qui, en ne rendant plus obligatoire le certificat médical, facilite l’accès des jeunes aux AS.

Pour le Sgen-Cfdt, il semble important que la note mette en avant :

- Les différentes formes d’activités. Qu’il s’agisse de la variété des types d’activités physiques, sportives et artistiques (on parle cependant encore de « sports scolaires »), ou les formes de pratiques (entraînement, rencontre, temps forts..).

- La continuité école – collège, et l’ancrage sur la logique de cycle.

Il faudrait maintenant aller plus loin :

- Envisager ces pratiques dans la dynamique collective de la communauté éducative. Les AS doivent pouvoir être des points d’appuis à la mise en place de l’école du socle (et contribuer à la validation de certaines compétences travaillées), et des parcours citoyens, culturels et d’avenir.

- Réaffirmer que la priorité doit être d’aider les AS à se développer pour favoriser l’implication des élèves dans ces pratiques associatives scolaires, encadrées par des enseignants.

Ce qui implique :

Un soutien ferme de l’établissement, des directions, de la communauté éducative (penser à…l’AS dans les Parcours / La Formation des enseignants / les créneaux de pratiques…/ L’implication des familles / la facilitation des paiements), et des collectivités territoriales (libérer les installations le mercredi après-midi / communiquer sur les « pass sport »/ favoriser des partenariats, des rencontres autour d’évènements……),

La préconisation de « compléter son service d’AS dans un autre établissement, sur la base du volontariat », devrait rester un recours exceptionnel.

CR

 

Face Nord

« Face Nord », un spectacle de la Compagnie « Un loup pour l’homme »

Lorsque les corps…à la croisée des disciplines et du jeu… entrent en piste…
Une belle entrée en matière pour rebondir sur l’ EPS (et/ou l’école en général?) et sa finalité de « former un citoyen lucide, autonome, physiquement et socialement éduqué, dans le souci du vivre ensemble ».

Dans ce spectacle, nous assistons à une mise à l’épreuve des corps, dans, par et pour l’autre… au travers de contraintes de jeux, qui suscitent l’improvisation, l’imagination… la « ré-création ». Des corps en équilibre, des corps qui osent se rencontrer, se lancer, se défier, s’accueillir, tester leurs limites…

Enfants et adultes, dans le public, rient, retiennent leur souffle, suivent l’intrigue… Tout le monde semble happé par cette proposition qui pour une fois, met en avant la nécessaire coopération comme chemin de création, de dépassement et d’évolution, qui pour une fois, donne à voir des corps singuliers, harmonieux de leurs différences, où la rencontre, toujours engagée, entre quatre hommes, peut exister, y compris dans une dimension relativement sensuelle, loin de tout étalage provocateur, comme simple expression d’une attention à l’autre, au service d’une réalisation artistique.

Un beau moment de partage avec les élèves ouvrant une multitude de pistes pédagogiques, tant sur le plan moteur, le plan de la création et la rigueur du travail fourni, que sur le plan symbolique. (La compagnie a crée un petit livre explicitant les différentes contraintes de jeu utilisées, pouvant être reprise par le public !)

La Scène Nationale, le « Manège de Reims » propose un dossier pédagogique sur cette compagnie et ce spectacle. Je vous en livre quelques extraits (En pièce jointe le dossier complet avec des développements pédagogiques très riches).20-dp_face_nord

« Un loup pour l’homme propose en 2011 une nouvelle création, Face Nord. Quatre hommes y explorent une écriture faite de règles et de jeux physiques,embarquant avec eux le public dans une expérience établissant les prémices de l’acrobatie dans l’innocence des jeux de l’enfance. La confrontation à divers obstacles, une fois dégagée de la vaine tentation de vaincre, y est le moteur d’une lutte personnelle et collective qui pose les bases d’un nouvel “être ensemble”.

 

La compagnie de cirque Un loup pour l’homme, à travers sa pratique des portés acrobatiques, s’attache à défendre une vision de l’humanité faite d’êtres sociaux, différents autant que dépendants les uns des autres. Épris de puissance et de liberté, l’acrobate y apparaît sans cesse aux prises avec ses limites ; l’homme y révèle dans l’épreuve de sa relation à l’autre grandeur et faiblesses, la complexité de sa nature humaine.

Les acrobates précisent dans leur note d’intention
Nous abordons ici la conquête du groupe, en recherchant les prémices de notre quête acrobatique dans l’univers des jeux d’enfants, en questionnant nos relations d’hommes en devenir à la lueur de cette innocence enfouie dans nos corps d’adulte.

* L’acrobatie
Virtuose et inutile, le geste sportif éveille l’attention artistique. Enserré dans des contraintes de règles, de durée, de territoire, aux prises avec des problématiques de partenaire / adversaire, le geste technique échappe à la représentation dans sa tension vers un objectif. Cette relation entre l’action dans sa durée et son but est un de nos principaux axes de travail. Son inutilité même, confinant parfois à l’absurde, est aussi le moteur d’un comique insoupçonné. Nous sommes également attachés à une certaine logique de l’épreuve, comme à celle d’un franchissement, voire d’une
initiation, dont les difficultés et aléas sont propices à révéler forces et faiblesses de celui qui ose se mesurer à l’obstacle.
Cependant, le monde du sport (et à une autre échelle, notre modèle de société) promeut aussi un appétit de victoire et un principe de compétition, auxquels nous opposerons, comme moteur de nos pratiques circassiennes, un objectif tout autre, celui de ne pas perdre. Bien plus digne nous semble l’héroïsme de l’acrobate qui vient, non pas prouver qu’il peut toujours vaincre, mais prendre le risque de peut-être échouer.

* Notre deuxième axe consiste en la notion de jeu.
Conçu, comme le propose Caillois dans Des jeux et des hommes (1992)4, comme une latitude, une liberté de mouvement, il est ce à quoi nous aspirons dans notre composition : fixer sans figer, conserver la vitalité de l’action dans sa répétition. Par un système affuté de règles, nous nous proposons de tenter une écriture propice à préserver la fraîcheur et le plaisir d’une acrobatie sans cesse remise en jeu.

* Enfin, comme troisième axe, nous portons un intérêt aigu à l’architecture et à la sculpture.
Nous sommes aussi, acrobates, des bâtisseurs de formes en mouvement, et les principes d’ingénierie, de logique des forces, associés à la connaissance de l’anatomie du mouvement sont particulièrement instructifs et inspirants (tel le principe de voûte surtout, mais aussi d’arcs-boutants, de ponts divers, de colonne..) . Tout se résume à pousser et tirer.
Mettre en évidence et en pratique des principes de statique et de dynamique dans nos échafaudages humains et évolutions acrobatiques est notre quotidien.

NB : Certains acrobates ont pratiqué le « théâtre physique », dont le dossier nous livre cette définition :
A la croisée des langages, le théâtre physique se joue des frontières et déjoue les carcans disciplinaires. Il décloisonne les pratiques, conjugue les contraires et croise approches chorégraphiques, théâtrales, musicales, visuelles, plastiques ou encore circassiennes. Questionné, le corps est remis en jeu, sollicité dans ses dimensions organiques, affectives, symboliques. Il devient médium poétique, vecteur d’imaginaire.
Un bel axe de travail pour le milieu scolaire…

CR