Activité physique et santé : réflexion sur une étude

Une enquête BVA/Irmes (Institut de Recherche médicale et d’épidémiologie du sport, intégré à  l’Insep), a été  commandée par Assureurs Prévention. Conduite en mars  et présentée le 12 juin 2014 à la presse, elle indique que les Françaises et Français ne bougent pas assez, malgré les mises en garde pour la santé. Une tendance qui s’accentue.

L’enquête a été menée en mars sur un échantillon représentatif de 1100 personnes de 18 à 64 ans dont 400 parents de 200 collégiens et de 200 lycéens, et 150 « seniors » âgés de 65 à 75 ans. Jean-François Toussaint, directeur de l’Irmes, qui en  présentait les résultats, a donné des chiffres :  » la sédentarité progresse en Europe et un peu plus vite en France (+3% versus + 8%) ». Le nombre d’Européens qui déclarent ne faire ni activité physique ni sport, est passé depuis 2009 de 39 à 42%, selon l‘Eurobaromètre 2014 sport et activité physique, paru en mars et réalisé en 2013.

« En 40 ans (1970-2010), soit en deux générations, on observe une chute considérable des performances (de 30%) comme la capacité à faire une course légère d’endurance (un 800 mètres par exemple) chez les jeunes ».

Quand on interroge ceux qui ont une activité physique sur leurs motivations, ils sont  65% à répondre que c’est pour leur santé, leur entretien physique, leur bien être. C’est ensuite, mais avec seulement 15% de réponse, le plaisir et l’amusement.

Les adolescents sont proportionnellement plus nombreux à pratiquer une activité physique
ou sportive (59%) que l’ensemble des Français interrogés (49%) mais on constate
un décrochage par rapport à la pratique de l’activité physique ou sportive à l’entrée au lycée :
si  61% des collégiens pratiquent une activité physique ou sportive, ils ne sont plus que 56%
au lycée.
Pourquoi ?
Les adolescents citent avant tout le manque d’envie et de motivation (31%) devant un
emploi du temps trop chargé (23%). Les parents, eux, pointent le manque de temps
de leurs ados (37%) bien plus que le coût que peut représenter un sport (19%) :
la pression scolaire augmente avec les années.
Or, comme le souligne l’enquête, la pratique régulière d’une activité physique a de
nombreux effets positifs chez les enfants et les adolescents tant sur la santé physique
(poids, pression artérielle,risque,cardiovasculaire,densité osseuse…) que sur le plan
psychologique et social (développement cognitif et apprentissage scolaire).
Voir l’enquête ici
Au-delà de ses effets immédiats sur la santé, le niveau de pratique de l’adolescent prédit
le niveau de pratique du futur adulte : les bienfaits de l’APS pratiquée pendant l’enfance
se prolongent jusqu’à l’âge adulte et constituent donc un capital santé précieux qu’il appartiendra
à l’adulte d’entretenir tout au long de sa vie grâce à une pratique régulière.
Au moment où certains tergiversent sur le socle commun vantant l’ambition d’une culture commune
indéfinie, taillée pour un élève idéal sans corps ni affects, et renâclent à repenser l’organisation
du temps scolaire, au mépris de la qualité de vie au travail, il ne faudra pas faire l’impasse au collège
et au lycée, d’une réflexion sur  la forme et le temps  scolaires.
Seule une éducation corporelle prise au sérieux permettra de résoudre les contradictions héritées
d’une vision culturelle ancienne et datée qui segmente et sépare. Ne valoriser que ce qui relève
de l’intellect  et mépriser ce qui relève du corps, y compris dans l’organisation de la journée,
de la semaine et de l’année, crée du déséquilibre et des dysfonctionnements.
Partir de la diversités des besoins, construire l’autonomie des futurs citoyens en les accompagnant
dans le développement de  leurs ressources physiques et cognitives, leur faire vivre des
expériences communes, est plus opérationnel que la pseudo ambition d’une culture commune
posée comme extérieure et réifiée, pensée par quelques uns avec les œillères d’un corporatisme étroit.
.
La culture est vivante. Elle se construit tous les jours et s’enrichit des apports de tous et de la participation
de chacun dans une dynamique qui responsabilise et crée de la motivation et du plaisir.

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