Elève apte pour l’EPS, élève apte pour l’AS !

Toutes les équipes d’EPS se sont déjà interrogées sur la façon de simplifier, pour leurs élèves et leur famille, l’obtention du certificat médical, nécessaire à la pratique physique au sein de l’Association Sportive…

Une simplification est apportée par la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 qui a modifié le code de l’éducation s’agissant du certificat médical, en ses articles L 552-1 et L 552-4. Celui-ci est désormais rédigés comme suit  :

L 552-1 : « Composantes de l’éducation physique et sportive, les activités physiques et sportives volontaires des élèves sont organisées dans les établissements par les associations sportives scolaires. Tout élève apte à l’éducation physique et sportive est réputé apte à ces activités physiques et sportives volontaires.»

L 552-4 : « Les associations sportives scolaires et les fédérations sportives scolaires sont soumises aux dispositions du code du sport, à l’exception de ses articles L. 231-2 et L. 231-2-1… » (dispositions concernant le certificat médical)

L’Association Sportive est bien reconnue comme une composante de l’EPS. Cette modification du code de l’éducation va permettre de faciliter les articulations EPS / AS, et contribue à réduire les inégalités entre les familles dans l’accès à l’association sportive.

Référence : http://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2016/1/26/AFSX1418355L/jo

 

Les enjeux de la refondation de l’Ecole, intervention de Carole Sève

Le Sgen-Cfdt était présent à l’Assemblée Générale de l’AEEPS des Pays de la Loire le vendredi 11 décembre, au Mans.
Carole Sève*, IGEN, a ouvert la soirée par une intervention sur les « enjeux de la Refondation de l’Ecole » et les conséquences sur les programmes.

En s’appuyant sur des documents d’analyse et des résultats de diverses enquêtes, reflétant la situation de l’école française au point de vue mondiale, Carole Sève a tout d’abord rappelé la situation actuelle : il existe de grandes disparités de résultats entre les élèves au sein de l’école (essentiellement liées à la situation socio-économique des familles), ces disparités augmentent au cours du cursus scolaire, chaque année un nombre important d’élèves « décrochent » du système scolaire.
C’est à partir de ce constat, qu’a été initiée une consultation nationale, qui a donné lieu à la Loi de refondation de l’école qui se met en oeuvre aujourd’hui.
L’enjeu de cette loi est de réduire les inégalités et permettre à chacun et à tous les élèves de réussir à l’école et à se construire un projet de vie. La visée de promotion d’une élite scolaire est articulée avec cet enjeu .
Carole Sève évoque que ces enjeux se confrontent à certains freins dans la mesure où l’échec scolaire touche inégalement les différentes classes sociales.

La Loi de refondation, entend s’appuyer sur plusieurs leviers :
- Agir le plus tôt possible (scolarisation des moins de trois ans, les rythmes scolaires…)
- Faciliter les transitions (premier et second degré, collège-lycée etc..)
- Former des enseignants autour de problématiques liés aux apprentissages des élèves, au delà des connaissances disciplinaires. (D’où une réforme de la formation, la construction d’une culture commune, propice à la construction de l’interdsiciplinarité etc…, une réforme des modalités de recrutement des enseignants)
- Révision de la carte de l’Education Prioritaire
- Agir en faveur de la mixité sociale dans les collèges.
- Engager une réforme structurelle et pédagogique des collèges.

La « fabrique des programmes »
Carole Sève rappelle la composition mixte de la CSP, où siègeait une représentation mixte de la société civile, des universitaires et des professionnels de l’éducation.
La cahier des charges posé en amont de la rédaction des programmes imposait :
D’être accessible aux usagers (partie bleue et blanche)
D’être articulés au socle commun
D’être conçus par cycle, avec des attendus de fin de cycle.
De garantir une cohérence diachronique (les cycles) et synchronique (les domaines du socle)
De proposer une entrée par les compétences et non par les savoirs disciplinaires.
De s’inscrire dans une entrée élève (la question ne devrait plus être « est-ce que j’ai fini mon programme »? mais « qu’est-ce que les élèves ont appris? »)
De permettre un décloisonnement des savoirs disciplinaires, et une contribution aux parcours.
De laisser des marges d’initiatives et de responsabilités aux équipes.

Pour l’EPS, C. Sève reconnait que la construction fut un peu « chaotique », du fait de différentes conceptions de l’EPS, et de positionnements complexes entre continuité et rupture…

Mais au final, c’est avant tout la cohérence avec les enjeux de la Loi de refondation, en lien avec le cahier des charges posés, qui a guidé la rédaction de ces programmes

L’EPS a toute sa place dans la refondation. Aux acteurs de l’ancrer dans les réformes et d’en construire la cohérence et la pertinence.

Propos recueillis par C. Rossard

Respect humain vs barbarie

Les événements criminels et meurtriers de vendredi dernier endeuillent  Paris et le pays. Ils ont causé tant de morts, tant de blessés, tant de souffrances… Que dire demain à nos élèves ? On peut lire sur le site du ministère la lettre de la ministre Najat Vallaud-Beljacem et trouver des ressources ici.

Le Café pedagogique donne à lire un beau texte de Philippe Meirieu : Prendre soin de l’humain à lire ici

On peut relire le  texte du philosophe Patrick Vivaret, écrit en mars 2015 : Il  est des actes barbares, il n’est pas de Barbares. On le trouve sur le site Reporterre ici

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EPI, comment faire ?

Il est certain que les EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires, suscitent de vives réactions, tant cette façon d’enseigner s’oppose à la culture disciplinaire de la majorité des enseignants.

Ils y voient une amputation de leurs horaires disciplinaires alors que ces heures ont pour but de mieux faire assimiler les contenus de leurs programmes. C’est une autre facon d’enseigner leur discipline.

Les enseignants d’EPS, plus habitués au travail d’équipe, au partenariat et au partage ne serait-ce que des installations, peuvent y trouver leur place et y gagner la reconnaissance de leurs collègues.

Un travail collaboratif est possible. Une enseignante est à l’origine d’un partage d’idée très positif voir le lien ici

A partir de ce lien, on trouve un exemple de partage français/EPS ici

Regard de praticienne sur les programmes d’EPS

Cécile Rossard enseigne l’EPS.

Elle est aussi secrétaire fédérale au secteur Politique éducative de la Fédération des Sgen-CFDT.

Le texte ci-dessous, qu’elle a rédigé  à ce double titre de praticienne et de responsable syndicale, traduit la réflexion du Sgen-CFDT sur les nouveaux programmes d’EPS qui entreront en vigueur à la rentrée 2016. Il apporte un éclairage fort utile aux collègues. Il fait aussi une précieuse synthèse des textes avec mise  en cohérence des cycles. Lire la suite

« Ton programme a plus de pages que le mien ! »

C’est avec un sourire consterrné que l’on lit certains « arguments » avancés pour critiquer le projet de programmes du CSP pour l’EPS.

Il aurait moins de pages que d’autres programmes ! Cette vision exclusivement quantitative est du niveau des querelles  de cour de récréation quand de jeunes enfants se querellent et comparent leurs avantages respectifs.

Lorsque, faute d’analyse objective du travail éducatif à partager au sein de l’équipe enseignante, il est déploré que l’EPS soit « au service des autres disciplines », se dégage une vision bien décalée de l’intérêt des élèves.

Il est invraisemblable de considérer une discipline dans un splendide isolement, en perdant de vue l’intérêt des èleves et la synergie nécessaires aux enseignements qui se renforcent dans ce partage interdisciplinaire. Leur efficacité ne se perd pas dans l’exercice, au contraire, pas plus que ne disparaît leur irremplaçable spécificité.

L’EPS est au carrefour de tant de domaines et recherches universitaires que l’on peut faire confiance aux enseignants d’EPS formés par des études en Staps exigeantes, à leur capacité d’initiative, dès lors que les objectifs de leur mission éducative sont clairs, et ils le sont, et le cadrage national donné.

Les enseignants  ont besoin de confiance. Ils n’ont pas besoin d’être instrumentalisés pour défendre un parti pris au service de l’idéologie de quelques uns.

Ces mêmes qui terminent leur diatribe par la menace, faute d’arguments pertinents à faire valoir, se discréditent .

La menace n’a pas sa place dans une démocratie. La démocratie se nourrit d’échanges, de réflexions sérieuses et de débats.

Les projets de programmes du CSP

Sur le site du ministère on trouve depuis quelques jours les projets de programmes du CSP (Conseil Supérieur des Programmes) pour les cycles 2,3 et 4. Un gros effort de lisibilité a été fait. C’est une lecture indispensable à qui s’intéresse à l’école.

Les programmes d’EPS (p. 49 pour le cycle 2, p.154 pour le cycle 3 et 285 pour le cycle 4) ont été largement réécrits et la finalité de cet enseignement est rappelée à chaque cycle : former des citoyen-ne-s lucides, autonomes, physiquement et socialement éduqué-e-s, dans le souci du vivre ensemble.

Il ne suffit pas, en effet de former des corps sportifs. L’EPS participe à l’éducation globale de la personne de l’élève. Il y en a qui s’en offusquent, bien à tort, critiquant cette unicité d’objectif.

Mais aurait-on idée, pour faire image, de critiquer l’objectif de savoir chanter juste, de la maternelle à l’université ? N’y a-t-il pas matière à progression, depuis la comptine jusqu’à la polyphonie ? Du chant a cappella aux chants choraux les plus exigeants ? Du motet du 12ème siècle aux nouvelles subtilités de la musique sérielle ?

Tous les enseignant-e-s d’EPS doivent se réjouir de ce programme lisible. Lire la suite

Apprentissage et compétences : un programme pour l’EPS

Patrick Vesseyre, de l´UFR Staps de Clermont-Ferrand, signe dans la revue EP&S, n° 366, juillet-août-septembre, un excellent article au service de la discipline EPS et sa réflexion didactique est éclairante pour toute discipline.

Parler des compétences, ce n’est pas révérer un savoir disciplinaire qui serait à verser dans les têtes des élèves, cruches vides et récalcitrantes, oies à gaver ou disques vierges à formater, pas plus que jouer le jeu du Grand Capital en alimentant en esclaves soumis un monde économique dévastateur. C’est tout au contraire former des intelligences libres et éduquées, capables de résoudre les questions que pose un monde en mutation.

La notion de compétence « organise et structure les contenus de l’enseignement ». Lire la suite