Des réponses éducatives

Ne laisser aucun élève au bord du chemin, offert en pâture à n’importe quelle dérive, c’est ce que disent depuis longtemps de nombreuses voix, difficilement audibles dans une société de consommation où triomphent la compétition, la concurrence exacerbée et le culte du « champion ». On sait bien, pourtant, que la raison du plus fort n’est pas la meilleure, hormis dans un régime autoritaire, comme le disait sous l’absolutisme de Louis XIV, Jean de La Fontaine, par le biais prudent de la fable et de l’anti-phrase (Le loup et l’agneau I,10).

Avoir le souci des pauvres en culture doit être l’exigence de  toute démocratie. En co-éducation avec les parents de leurs élèves, les enseignants sont  en première ligne pour former les futurs citoyens. L’instruction ne saurait suffire.

Dans ses vœux au monde éducatif, le président de la République a présenté un plan d’action  et douze mesures  ( 2e partie du texte) qui laissent un peu perplexe. Lire la suite

Liberté chérie

Défendre les valeurs de la démocratie et résister, c’est ce que nous devons aux victimes de l’attentat perpétré ce 7 janvier à Paris.

Lire le communiqué de la CFDT ici

Les rassemblements en France et à l’étranger sont un témoignage de  solidarité.

Des pays d’Afrique vivent au quotidien la violence terroriste. Le très beau film Timbuktu du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako le montre à propos du Mali et témoigne aussi que le monde ne s’y résume pas et ne s’y résigne pas. A la violence criminelle, des forces de vie répondent. Une très belle séquence du film montre des jeunes, qui n’ayant même plus le droit de jouer au ballon, miment une partie de football, et résistent ainsi de manière non violente à leurs oppresseurs en s’en jouant.

Choisir les armes de l’intelligence, de la beauté, de la créativité et de l’art pour défendre la vie et la liberté.

Egalité filles-garçons

A l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes, la ministre de l’Éducation nationale présentait, le 25 novembre,  les outils mis en place pour prolonger les « ABCD de l’égalité », dans le cadre du plan qu’avait annoncé son prédécesseur, Benoît Hamon (cf. ici).

Voir le communiqué du Sgen-CFDT ici

La ministre a rappelé que cette expérimentation, dans 250 écoles, avait donné lieu l’an dernier à des rumeurs malveillantes et à des épisodes regrettables mais avait aussi montré que les enseignants étaient en demande d’outils.

Elle a souligné la double ambition de cette éducation : le respect de l’autre sexe et de soi-même, la mixité des métiers. Un séminaire national de trois jours commence aujourd’hui à l’Esen (Ecole supérieure de l’Education nationale, école qui forme les cadres de l’Education nationale).

Les nouveaux outils proposés, concernent  le premier degré et le second degré, « de la maternelle au lycée ». Des outils pour l’EPS ici

Il s’agit d’ éviter que les jeunes générations reproduisent les stéréotypes d’une société où les violences faites aux femmes sont  fréquentes. Les déplorer ne suffit pas. L’égalité filles-garçons, inscrite dans le tronc commun de la formation initiale, devient  maintenant une priorité du plan national de formation continue  des personnels.

Comme en mathématique ( A=B), l’égalité  n’est pas l’absence de différences. Et les différences à l’intérieur d’un même sexe sont fort grandes, même si les conditionnements culturels (cf. billet de janvier 2014 avec la video du CNRS)   et marketing (dès la première layette ! cf. aussi  2e billet de janvier 2014) tendent à brouiller cette évidence pour créer un distingo que l’on croit « naturel ».  Les enseignants d’EPS, par exemple, sont bien placés pour savoir qu’il existe des élèves sportifs et des élèves non sportifs sans que ce soit l’apanage d’un seul sexe.

Il est important de penser un curriculum en EPS qui permette une éducation corporelle de tous les enfants, émancipatrice des stéréotypes de genre, au service de chaque élève sans discrimination, de son équilibre psychophysique et de son savoir vivre avec les autres.

C’est pourquoi les programmes en EPS ne sauraient se réduire à la juxtaposition de quelques didactiques sportives. Le sport est historiquement masculin, musculaire  et militaire. Il s’agissait de régénérer la race et venger les défaites. Le sport dans son sens strict, est par essence dans la domination quasi guerrière. Il sépare dans ses règlements les filles et les garçons et crée des catégories ( poids, taille…). Il ne saurait être le tout de l’EPS qui est, en réalité, le lieu de la mixité et de la rencontre de l’autre, de la découverte et du développement de soi et de ses ressources.

 

Jean Zay au Panthéon !

Avec trois autres personnalités exemplaires, Germaine Tillion, Geneviève Anthonioz de Gaulle et Pierre Brossolette, Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale et des Beaux Arts de 1936 à 1939, est justement honoré. On rappellera pour notre champ qu’il est, entre autres, à l’origine de l’éducation physique à l’école ( la demi journée de plein air) et du développement du sport scolaire et universitaire.

Lire  le communiqué du Sgen-CFDT ici

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Négociations métier GT6

Dans les discussions ouvertes en décembre sur le métier,  le groupe de travail numéro 6 traitait des enseignants du second degré. Le Sgen-CFDT en fait le bilan ici

Si les obligations réglementaires de service diffèrent toujours selon que l’on est agrégé-e de discipline ou agrégé-e d’EPS,  certifié-e de discipline, de documentation ou d’éducation physique, on peut relever quelques évolutions de principe, à traduire en décrets et circulaires d’application. Lire la suite

La CFDT soutient l’ABCD de l’égalité

Un communiqué de la CFDT, commun avec la Fep et le Sgen-CFDT a été publié le 14 février et soutient l’ABCD de l’égalité. Il rappelle que c’est le rôle de l’École de former les futurs citoyens aux valeurs d’égalité entre les filles et les garçons. Dans de nombreux secteurs, le travail reste sexué et contribue à consolider les facteurs d’inégalité. Les places occupées dans la société par les hommes et les femmes ne sont pas prescrites par la nature.
Lire le communiqué ici
On pourra aussi consulter avec intérêt les Mercredis de Créteil sur ce thème « Encourager l’égalité filles-garçons dès la maternelle« ,  dont le diaporama de la sociologue Catherine Marry qui a travaillé sur les orientations professionnelles atypiques et le coût de cette « transgression ».

Place du sport à l’école : un communiqué du Sgen-CFDT


À l’occasion de la journée du Sport scolaire, la championne d’athlétisme Muriel Hurtis a remis à Luc Chatel un rapport intitulé  » Comment accroître la place du sport à l’école  »

Co-signé par une vingtaine de sportifs de haut niveau intronisés « ambassadeurs du sport scolaire », ce texte présente une vision bien angélique du sport et entretient une confusion certaine entre le sport et l’éducation physique.
Le rapport affirme d’emblée (page 2) que « le fair-play, le respect des autres, le respect des règles, l’éthique, le dépassement de soi ou l’entraide sont quelques éléments composants l’ADN de la pratique sportive ». Mais alors, le coup de boule de Zinédine Zidane ? Les insultes racistes et homophobes ? Les comportements violents, le non respect de l’arbitre, la triche et le dopage ?

Cette vision des vertus innées du sport semble par ailleurs tout à fait contradictoire avec l’affirmation que « la pratique du sport et l’intégration de ses valeurs doit faire partie du socle fondamental des apprentissages» (page 7). Elle jette un « pont idéologique » vers le sport, qui aurait toutes les qualités éducatives. Le travail quotidien de l’enseignant d’EPS en serait-il donc dépourvu ?

Il est clair que le sport n’a en lui-même ni vertu ni vice et ne garantit pas plus la santé que la citoyenneté. Le sport répond en effet à une définition précise : une activité motrice, des
règles de jeu, une institutionnalisation et l’organisation de compétitions. Ce dernier point, inhérent au sport, comporte un risque : celui, pour le jeune, de vouloir être meilleur que
l’autre à n’importe quel prix, fût-ce au prix de sa santé, de sa sécurité ou de son intégrité.

C’est pourquoi, plutôt que de prendre le sujet par le petit bout de la lorgnette en s’attachant à « accroître la place du sport à l’école », avec peut-être l’envie d’en faire une pépinière à
champions pour gagner des médailles, l’Éducation nationale doit donner toute sa place à l’éducation physique pour tous.

Les enseignants d’Éducation physique et sportive, par leur formation à la fois disciplinaire et pédagogique, peuvent s’appuyer non seulement sur des activités sportives, mais
aussi sur des activités physiques non compétitives : danse, arts du cirque, step, activités de pleine nature… qui visent les acquisitions fondamentales du socle commun, entre autrescelles des piliers 6 et 7.
C’est donc à l’éducation physique inventive, qui ouvre au plaisir de l’activité physique, qui préserve l’équilibre de l’élève en lui permettant de se connaître et de construire sa vie
physique, sociale et civique qu’il faut donner toute sa place et des moyens. Exacerber la volonté de puissance et de domination de quelques uns en les faisant rêver d’un quart
d’heure de célébrité dans la société du spectacle ne conduit pas à l’émancipation de l’individu et ne répond en rien aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité que doit porter
l’École.