Journée AEEPS à Nanterre : le corps en EPS

Apprendre par corps en EPS

Description des organisateurs :
« La Journée Jean Zoro 2016 (JJZ 2016) « Apprendre par corps en EPS »1 se tiendra samedi 1er octobre 2016 à l’UFRSTAPS de Paris Ouest-Nanterre-La Défense.

Cette journée d’étude cherchera à stimuler les débats sur ce qui doit rester le (ou, tout au moins, un des) fer(s) de lance de l’éducation physique : le corps de l’élève. Il nous semble en effet que le poids des Activités Physiques Sportives et Artistiques, leur « surdidactisation », ont mis à distance la préoccupation du(des) corps de(des) l’élève(s), le(les) considérant davantage comme support(s) à apprentissages « technico-tactico-cognitivistes » que comme objet d’étude prioritaire. Or, comme l’a développé Thierry Tribalat lors de la JJZ 2014, l’enjeu central de l’EPS n’est-il pas de permettre à chacune et à chacun de « prendre son corps en mouvement pour objet d’étude et se faire advenir par les pratiques physiques », plutôt que d’éduquer aux sports ? »

Ces thèmes intéressent particulièrement le Sgen-Cfdt à l’heure où l’EPS va pouvoir trouver sa place au sein du Socle commun, et du Parcours d’enseignement artistiques et culturel (PEAC), à moins qu’il ne se fasse englober dans une grand et vaste parcours sportif…
CR

Sgen et EPS : une histoire et une mémoire pour demain

La lecture du texte rédigé par Michel Lafargue à l’occasion des 40 ans de la première rencontre, à Mâcon, des militants EPS du Sgen-CFDT, a permis à François Hanot de se remémorer les années immédiatement antérieures.

Hommage à ces militant.e.s pionniers :

François Hanot fut l’un des premiers à s’atteler à la naissance de la commission EPS du SGEN-CFDT en 1970  et à des liaisons avec la CFDT, avec Monette BENOIT, Suzanne FORGET, puis Daniel DENYS, Bernard RENÉ et Brigitte HAZOTTE, Yves PERON, Françoise LABRIDY, Yvette HANOT, Alain DUQUENNE … parmi d’autres… vite rejoints par Michel LAFARGUE et Marie BAILLY, puis par toutes celles et ceux que nous avons convaincus, de Strasbourg à Bordeaux, de Lille à Nice.

Au jour le jour, au fil des déplacements, des publications, du travail relayé par les sections académiques et le National. Avec des élections en CAPA puis en CAPN qui se sont construites.

François Hannot se retrouve bien dans la synthèse de  Michel. Il ajoute malicieusement :

Une performance à souligner … en dehors de toute compétition sportive ! Chapeau Michel.

 

François HANOT, depuis  le nouveau  « Grand Est » en profite pour  inviter à jeter un coup d’œil sur http://citoyenneteactivelorraine.fr site de l’association qu’il a co-créée pour investir « corps » et « âme » le ‘Vivre Ensemble » et les valeurs de la République qui le sous-tendent. Avec lui, 91 retraités actifs . Site à découvrir, à partager,  Occasion aussi pour réagir.

Yvette Hanot, pour sa part, nous offre une intéressante réflexion  : « Le sport est à étudier comme objet social plutôt  que culturel,. Le rôle  de l’école  est d’en faire une analyse critique pour donner aux élèves une grille de lecture de ce qu’ils rencontrent ou de ce qu’ils vivent….mais il faut aussi parler d’une réelle formation corporelle à travers d’autres disciplines : la danse contemporaine [ NDLR : voir, par exemple le beau documentaire « Prof de Gym » sur le travail de Yves Le Coz ] mais ça pourrait être d’autres disciplines telles que les disciplines orientales ….. c’est d’ailleurs la problématique  que nous essayons d’aborder avec jeunes et cités  de Vandœuvre où le sport fonctionne comme un mythe  il serait la solution à tous les problèmes de radicalisation…..

Il me semble que pour remettre des jeunes dans une voie de non violence il nous faut leur parler d’eux de leur corps sensible de leurs émotions de leur pouvoir de création …il nous faut parler de véritables liens ceux qui te font grandir et non pas ceux qui font que tu te perds…..GARDER SON QUANT À SOI EST LE MAÎTRE MOT !

Il ne faut oublier que les jeunes qui se radicalisent choisissent la mort plutôt  que la vie et que les aider veut dire leur faire choisir la vie plutôt  que la mort…

Pour moi le sport n’est pas que militaire il est aussi l’expression du monde capitaliste, du dominant/ dominé….il nait avec la société  industrielle….le corps devient le lieu de toute compétition il est machine à vapeur…il devient un  lieu de traitement de l’information comme un ordinateur. …nos corps sont devenus le véhicule de cette idéologie…..

Il nous faut regarder les méthodes d’incorporation du nazisme….la mouvance, le salut….

Retrouver l’intelligence corporelle….le domaine de la santé commence à  s’y intéresser…. »

Le titre de ce billet est inspiré par la journée d’études «  35 ans d’éducation prioritaire : histoire(s) et mémoire(s) pour demain »  le 1er juillet 2016 aux Archives nationales à Paris, co-organisée par une militante du Sgen-CFDT, Lydie Heurdier

 

Témoignage : Michel Lafargue

Michel Lafargue, un ancien enseignant d’EPS, à l’initiative de nombreuses réflexions et projets pour faire évoluer « l’éducation corporelle », souhaite nous partager son regard sur ces 40 dernières années de militantisme. En nous rappelant les problématiques et perspectives de travail, évoquées en 1976, il nous invite à poursuivre la réflexion, et à les actions revendicatives au sein du SGEN pour porter notre vision de l’EPS.

« Tout au long de cette histoire, en équipes inter-transdisciplinaires, nous contribuons à l’émergence d’un acte éducatif global. Dans les représentations sociales, l’image du /de la Prof de Sport prédomine. Par ses analyses critiques, ses propositions, nul doute  que notre syndicat saura démontrer que le cœur du métier, c’est la pédagogie et non le Sport« .  (M. Lafargue) (texte complet en pièce jointe par ce lien: texte Sgen Lafargue G1-1)

Face Nord

« Face Nord », un spectacle de la Compagnie « Un loup pour l’homme »

Lorsque les corps…à la croisée des disciplines et du jeu… entrent en piste…
Une belle entrée en matière pour rebondir sur l’ EPS (et/ou l’école en général?) et sa finalité de « former un citoyen lucide, autonome, physiquement et socialement éduqué, dans le souci du vivre ensemble ».

Dans ce spectacle, nous assistons à une mise à l’épreuve des corps, dans, par et pour l’autre… au travers de contraintes de jeux, qui suscitent l’improvisation, l’imagination… la « ré-création ». Des corps en équilibre, des corps qui osent se rencontrer, se lancer, se défier, s’accueillir, tester leurs limites…

Enfants et adultes, dans le public, rient, retiennent leur souffle, suivent l’intrigue… Tout le monde semble happé par cette proposition qui pour une fois, met en avant la nécessaire coopération comme chemin de création, de dépassement et d’évolution, qui pour une fois, donne à voir des corps singuliers, harmonieux de leurs différences, où la rencontre, toujours engagée, entre quatre hommes, peut exister, y compris dans une dimension relativement sensuelle, loin de tout étalage provocateur, comme simple expression d’une attention à l’autre, au service d’une réalisation artistique.

Un beau moment de partage avec les élèves ouvrant une multitude de pistes pédagogiques, tant sur le plan moteur, le plan de la création et la rigueur du travail fourni, que sur le plan symbolique. (La compagnie a crée un petit livre explicitant les différentes contraintes de jeu utilisées, pouvant être reprise par le public !)

La Scène Nationale, le « Manège de Reims » propose un dossier pédagogique sur cette compagnie et ce spectacle. Je vous en livre quelques extraits (En pièce jointe le dossier complet avec des développements pédagogiques très riches).20-dp_face_nord

« Un loup pour l’homme propose en 2011 une nouvelle création, Face Nord. Quatre hommes y explorent une écriture faite de règles et de jeux physiques,embarquant avec eux le public dans une expérience établissant les prémices de l’acrobatie dans l’innocence des jeux de l’enfance. La confrontation à divers obstacles, une fois dégagée de la vaine tentation de vaincre, y est le moteur d’une lutte personnelle et collective qui pose les bases d’un nouvel “être ensemble”.

 

La compagnie de cirque Un loup pour l’homme, à travers sa pratique des portés acrobatiques, s’attache à défendre une vision de l’humanité faite d’êtres sociaux, différents autant que dépendants les uns des autres. Épris de puissance et de liberté, l’acrobate y apparaît sans cesse aux prises avec ses limites ; l’homme y révèle dans l’épreuve de sa relation à l’autre grandeur et faiblesses, la complexité de sa nature humaine.

Les acrobates précisent dans leur note d’intention
Nous abordons ici la conquête du groupe, en recherchant les prémices de notre quête acrobatique dans l’univers des jeux d’enfants, en questionnant nos relations d’hommes en devenir à la lueur de cette innocence enfouie dans nos corps d’adulte.

* L’acrobatie
Virtuose et inutile, le geste sportif éveille l’attention artistique. Enserré dans des contraintes de règles, de durée, de territoire, aux prises avec des problématiques de partenaire / adversaire, le geste technique échappe à la représentation dans sa tension vers un objectif. Cette relation entre l’action dans sa durée et son but est un de nos principaux axes de travail. Son inutilité même, confinant parfois à l’absurde, est aussi le moteur d’un comique insoupçonné. Nous sommes également attachés à une certaine logique de l’épreuve, comme à celle d’un franchissement, voire d’une
initiation, dont les difficultés et aléas sont propices à révéler forces et faiblesses de celui qui ose se mesurer à l’obstacle.
Cependant, le monde du sport (et à une autre échelle, notre modèle de société) promeut aussi un appétit de victoire et un principe de compétition, auxquels nous opposerons, comme moteur de nos pratiques circassiennes, un objectif tout autre, celui de ne pas perdre. Bien plus digne nous semble l’héroïsme de l’acrobate qui vient, non pas prouver qu’il peut toujours vaincre, mais prendre le risque de peut-être échouer.

* Notre deuxième axe consiste en la notion de jeu.
Conçu, comme le propose Caillois dans Des jeux et des hommes (1992)4, comme une latitude, une liberté de mouvement, il est ce à quoi nous aspirons dans notre composition : fixer sans figer, conserver la vitalité de l’action dans sa répétition. Par un système affuté de règles, nous nous proposons de tenter une écriture propice à préserver la fraîcheur et le plaisir d’une acrobatie sans cesse remise en jeu.

* Enfin, comme troisième axe, nous portons un intérêt aigu à l’architecture et à la sculpture.
Nous sommes aussi, acrobates, des bâtisseurs de formes en mouvement, et les principes d’ingénierie, de logique des forces, associés à la connaissance de l’anatomie du mouvement sont particulièrement instructifs et inspirants (tel le principe de voûte surtout, mais aussi d’arcs-boutants, de ponts divers, de colonne..) . Tout se résume à pousser et tirer.
Mettre en évidence et en pratique des principes de statique et de dynamique dans nos échafaudages humains et évolutions acrobatiques est notre quotidien.

NB : Certains acrobates ont pratiqué le « théâtre physique », dont le dossier nous livre cette définition :
A la croisée des langages, le théâtre physique se joue des frontières et déjoue les carcans disciplinaires. Il décloisonne les pratiques, conjugue les contraires et croise approches chorégraphiques, théâtrales, musicales, visuelles, plastiques ou encore circassiennes. Questionné, le corps est remis en jeu, sollicité dans ses dimensions organiques, affectives, symboliques. Il devient médium poétique, vecteur d’imaginaire.
Un bel axe de travail pour le milieu scolaire…

CR

EPI : En Prolongeant les Idées

En partage, le point de vue de Didier Delignères, qui amène à penser EPI et EPS autour notamment des questions de la pédagogie du projet et de thématiques générales.

https://didierdelignieresblog.wordpress.com/2016/03/15/interdisciplinarite-et-education-physique-au-dela-du-sens-commun/#more-721

Les éléments développés nous invitent à ouvrir la réflexion sur certains enjeux de ces enseignements interdisciplinaires.
En effet, au delà des « dispositifs » en eux-mêmes, il semble en effet intéressant de pointer quelques autres « balises » à la réflexion… En s’appuyant sur d’autres travaux, nous lançons des pistes parmi d’autre…

- L’idée d‘objets transversaux, ou objets partagés, qui seraient clairement identifiés, autour de grandes questions ou « thématiques générales » (Delignères) traversant les expériences humaines signifiantes.
Ce que Meirieu pointe dans un article récent sur la transmission « Rendre commun le monde dans l’acte même de sa transmission. S’attacher à ce qui, dans les cultures diverses, résonne au delà de chacun, touche aux invariants psychologiques, et relie un être singulier à ses semblables. Une exigence forte qui articule l’intime et l’universel« . Il ne s’agit pas de refaire les programmes pour redéfinir ce qui doit être enseigné, mais de réfléchir, aux questions qui relient, donnent sens, aux différents points des programmes… via des expériences variées, permises par ces dispositifs.

- Cela induit une attention sur les chemins à inventer pour donner aux élèves la possibilité d’accéder à ces questions et acquisitions. L’idée de démarche, de « cheminement original » comme le propose D. Delignères, en parallèle peut-être à celle de Chef d’oeuvre, au sens de Meirieu (Mars 2014, café péda) « Je crois que le plaisir s’éprouve dans le travail pour se dépasser, dans la réalisation d’une œuvre dont on peut être fier, quand on a vraiment compris quelque chose, qu’on s’est approprié des connaissances et qu’on a pu les ressaisir dans un « chef d’œuvre » qui en est, tout à la fois, la miniaturisation et la conceptualisation. Là l’intention et la réalisation se conjuguent, comme l’effort et le plaisir…  »

- La notion de « co-intervention« , ou « co-enseignement »… vient aussi questionner ces dispositifs. Il semblerait intéressant de réfléchir ensemble sur les implications de ces formes de co-intervention, permises par la réforme, à la fois en terme de posture enseignante et de mise en activité, individuelle et collective des élèves. Le premier degré, avec le dispositif PDMQDC nous offre des points d’appui évident (rapport http://www.education.gouv.fr/cid93796/rapport-du-comite-national-de-suivi-du-dispositif-plus-de-maitres-que-de-classes.html)

EPI : Encore à Prolonger pour Innover…

CR

Conférence à l’ENS de Rennes sur les interactions entre élèves

Pour ceux qui seraient dans l’ouest… Une journée pour questionner la problématique des interactions des élèves en EPS, avec l’apport de connaissances scientifiques.

« Susciter des interactions entre élèves pour favoriser leurs apprentissages en EPS : pourquoi et comment ? »

Le département 2SEP de l’ENS Rennes vous y invite 

le jeudi 31 mars
à l’amphithéâtre de l’ENS Rennes

Lucile Lafont, Jacques Saury, André Canvel et Julien Gagnebien nous feront le plaisir d’intervenir lors de cette journée.

L’objectif de cette journée est de présenter aux différents acteurs de l’EPS (étudiants en STAPS, enseignants d’EPS, formateurs, enseignants-chercheurs, ou encore inspecteurs) l’actualité des connaissances scientifiques dans un domaine touchant la discipline et de discuter de leurs implications pratiques en cours d’EPS.

Source site AEEPS : http://aeeps.org/component/content/article/86-generales/2482-2016-01-25-13-51-56.html

Veille Péda EPS Janvier- Février 2016

Je vous propose un petit aperçu de quelques références, articles, sites, revues, ouvrages récents (ce début 2016), abordant des sujets liés à l’EPS.
A piocher, à faire commander dans vos établissements, selon vos centres d’intérêts et le temps de lecture disponible…

Différents thèmes sont abordés : Travaux de recherche, Corps et Climat scolaire, Evaluation, Milieux difficiles, Course d’orientation, demi-foond, vitesse-Relais, Jeux, et quelques références sur l’usage des nouvelles technologies.

Cliquez sur ce lien ! veille peda EPS jan fev 2016

Bonne lecture,

CR

S’accomplir ou se dépasser ?

La question que pose la prochaine émission du philosophe Raphaël Entoven sur la chaîne Arte, le 24 janvier 2016, est pertinente : s’accomplir où se dépasser dans le sport ? Cette question reprend le titre d’un Essai  d’Isabelle Quéval sur le sport contemporain, paru chez Gallimard en 2004.

Le philisophe propose en avant première un entretien avec la philosophe, maitresse de conférence à l’université Paris Descarte, elle-même ancienne joueuse de tennis de haut niveau.  Il y est débattu de très pertinentes questions : que vaut, l’identification actuelle du sport au sport de haut niveau, comme spectacle d’une performance extrême ? Lire la suite

Récit d’Inspection

Jonathan Selambarom, un collègue expérimenté de la Réunion, nous fait part de sa réflexion sur l’inspection. A partir d’expériences vécues, il contribue aux revendications du Sgen-Cfdt, qui défend une inspection collective, et une séparation de la question de l’évaluation, formative et des modalités d’avancement qui doit se faire au même rythme pour tous.

L’inspection, moment magique
L’inspection est vécue comme un moment privilégié entre l’enseignant et son supérieur hiérarchique, l’inspecteur, garant de savoirs réactualisés et de méthodes permettant l’optimisation de notre enseignement. Ce moment, qui n’est pas une scène de théâtre, où chacun essaie de montrer le déroulement normal de ses cours, doit se passer sans stress ni soucis particuliers. Et surtout il permet une vraie reconnaissance du travail du fonctionnaire au travers d’un rapport et d’une note qui vont de pairs.
Mais il y a un mais. Combien de collègues n’ont plus dormi à l’annonce de leur inspection ? Combien de collègues ont abandonné leur fonction de père, mère, mari ou femme, le temps de ce moment de valorisation de son travail ? Combien en sont sortis démolis et avec le sentiment d’être un raté ? Combien sommes-nous à voir en nos inspecteurs non pas des supérieurs accompagnateurs bienveillants mais plutôt des évaluateurs impitoyables exigeants ? Et combien ont pu constater l’incroyable disparité de notation qui existe entre les inspections ? Bref la liste de questions serait longue…
Derrière le tableau dépeint plus haut, cette étape que l’on peut qualifier d’évaluation formative, joue un rôle essentiel dans la carrière du fonctionnaire. De fait, l’évaluation n’est plus formative mais certificative. Certificative car elle peut aider au passage plus rapide d’échelon. Revêt-elle alors toujours l’aspect d’un moment magique aux yeux de nos collègues ? NON.
Oui tant que nous serons conseillés et parallèlement notés, nous ne pourrons aborder l’inspection sereinement. Cela crée une confusion. A l’heure des compétences et de l’abandon des notes, à l’heure où beaucoup veulent décentrer l’élève du chiffrable et le centrer sur ce qu’il sait et ce qu’il sait faire, les enseignants sont toujours bloqués dans ce cercle vicieux.
Si les évolutions successives de l’éducation nationale ont permis une rénovation des statuts des enseignants ou encore la refondation du collège, il est temps de réformer ce système inéquitable qui génère un stress supplémentaire aux enseignants. Le nom même d’inspection nous indique que tout doit être aux normes. Les enseignants tentent alors de satisfaire aux attentes de l’inspection en masquant leurs pratiques de terrain qui pourtant fonctionnent ! Les cours sont souvent gonflés de connaissances, les projets sont parfois fictifs pour émerveiller et la gestion de la classe est souvent totalement différente du quotidien.
Pourquoi ne pas l’appeler « visite d’accompagnement » ou encore « accompagnement personnalisé de l’enseignant »…Bref des idées pour une future appellation.
Cependant, il existe des inspecteurs justes qui valorisent les pratiques des enseignants et conseillent. Malheureusement, ils sont rares.

En outre pour le Sgen CFDT, l’heure n’est plus à l’individuel. L’inspection se doit d’être collective. On nous rappelle sans cesse la notion d’équipe, le travail d’équipe, le travail disciplinaire, le travail interdisciplinaire ou simplement le travail en équipe éducative au sens large. Cela serait un point de départ intéressant. Puis, l’inspection ne doit plus décider de l’avancement de carrière. Egalité et équité avant tout. La disparité des notes d’un collègue à l’autre nous montre bien que le système n’est pas viable. Il détruit l’engagement des collègues par l’inadéquation entre la note et le rapport. Il crée des tensions par son importance dans l’avancement. Si le but est d’accompagner l’enseignant, il est plus que temps de dissocier ces fonctions de formation et d’avancement.
Nous voulons que ce moment soit une aide aux équipes en permettant le renforcement du travail collaboratif mais aussi un moment de reconnaissance de l’investissement de chacun. Au final, nous demandons simplement une évaluation positive, chose que nous devons faire avec nos élèves.
Jonathan Selambarom
Sgen CFDT de la Réunion

 

 

 

Respect humain vs barbarie

Les événements criminels et meurtriers de vendredi dernier endeuillent  Paris et le pays. Ils ont causé tant de morts, tant de blessés, tant de souffrances… Que dire demain à nos élèves ? On peut lire sur le site du ministère la lettre de la ministre Najat Vallaud-Beljacem et trouver des ressources ici.

Le Café pedagogique donne à lire un beau texte de Philippe Meirieu : Prendre soin de l’humain à lire ici

On peut relire le  texte du philosophe Patrick Vivaret, écrit en mars 2015 : Il  est des actes barbares, il n’est pas de Barbares. On le trouve sur le site Reporterre ici

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