Le Sgen-CFDT et l’EPS

Une autre voie pour l’EPS : les professeur-es d’EPS ne sont pas des professeur-es de sport.

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Titulaires d’une licence STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), et depuis 2011, d’un master, les enseignant-es d’EPS ont souvent, certes, un haut niveau dans une ou plusieurs disciplines sportives, mais le sport est pour eux un outil au service des acquisitions transversales fondamentales pour la réussite des élèves : motricité, coordination, estime de soi… Leur expertise disciplinaire et pédagogique leur permet la mise en place de situations d’apprentissage variées qui mettent en jeu tous les piliers du socle commun : maîtrise de la langue, communication, culture, respect de soi et des autres, habiletés physiques, compétences relationnelles, connaissance et développement de soi, bien-être, santé, sécurité, autonomie…

Le Sgen-CFDT revendique une éducation globale, et non un seul savoir-faire dans une discipline sportive. C’est pourquoi il a soutenu l’introduction du step dans la liste nationale quand d’autres n’en voulaient pas, n’y reconnaissant pas un « vrai » sport.

Chacun constate maintenant à quel point l’activité motive les élèves, y compris les plus éloignés de l’activité physique. De même, le Sgen-CFDT a mis en avant les bénéfices éducatifs de l’ultimate qui figure maintenant dans les listes académiques d’APSA (activités physiques, sportives et artistiques) pour le collège.

Le Sgen-CFDT soutient les activités physiques où chacun peut trouver plaisir et motivation pour atteindre son équilibre et son niveau moteur optimum : activités artistiques, d’expression, d’entretien, de développement de soi, qui passent aussi par la détente et la relaxation… Il appuie la reconnaissance des APSALE : activités physiques, sportives, artistiques, de loisir et d’entretien.

C’est pourquoi il plaide pour une association sportive ouverte sur des pratiques corporelles variées.

L’ACTIVITÉ SPORTIVE À SA JUSTE PLACE

Il ne s’agit pas de « désportiviser » l’éducation physique, mais de lui donner toute sa dimension formatrice et bénéfique, sans la limiter à des pratiques compétitives fortement institutionnalisées et codées, dont le modèle dominant est la sélection des meilleurs.

L’émulation, la recherche de la performance ont leurs mérites mais aussi leurs limites. Après la domination sous toutes ses formes : masculine et guerrière, économique et sociale, à laquelle préparait le sport à la mode anglo-saxonne, la situation contemporaine amène à privilégier des relations de coopération pour un monde solidaire et sans perdants. L’intelligence relationnelle, le travail collaboratif, le travail sur soi sont aussi à valoriser, et au respect de la règle héritée et apprise doit s’ajouter une nécessaire dimension réflexive, créatrice et innovante.

L’ACTIVITÉ PHYSIQUE POUR TOUS

Permettre à chacun d’atteindre son propre haut niveau est une véritable ambition (à rebours de certaines idées reçues), qui s’accorde avec les travaux des spécialistes, médecins et pédagogues. Avec le Sgen-CFDT, revendiquons :

•       La prise en compte de l’éducation physique à l’école primaire et dans la formation de ses enseignants.

•     Un partenariat Éducation nationale / collectivités territoriales pour des équipements adaptés, y compris par des échanges géographiques donnant réalité à la pratique effective des activités de pleine nature inscrites dans les programmes.

NATATION

Pour le Sgen-CFDT, vouloir amener plus d’élèves à la piscine ne passe pas par la détérioration des conditions de travail et d’apprentissage. Le savoir-nager pour tous, objectif du socle commun, nécessite concertation, dialogue et partenariat. La circulaire en vigueur laisse les équipes enseignantes à la manœuvre démunies : un coup d’épée dans l’eau !

Avec le Sgen-CFDT, revendiquons et obtenons

•        Une EPS inventive, qui ouvre au plaisir des pratiques corporelles et préserve l’équilibre de l’élève, lui permettant de se connaître et de construire sa vie physique, sociale et civique.

•        Une évaluation qui valorise les progrès et les compétences acquises.

•         Une association sportive, lieu d’apprentissage et expérience concrète d’une vie démocratique, ouverte à des pratiques corporelles variées qui s’adressent à tous les élèves et répondent à leurs différents besoins : activité, motricité, endurance, performance, mais aussi expression, création, détente, relaxation, entretien.

•        L’amélioration des conditions de travail pour exercer notre métier de façon efficace et sereine.

•        Un égal accès pour tous à des installations de qualité et aux activités de pleine nature.

•      Une formation professionnelle continue adaptée aux exigences du métier (handicap et inclusion, sécurité, renouvellement des pratiques) ni indigente, ni restrictive, ni cloisonnée, répondant aux besoins et aux demandes des enseignants.

•      De réelles possibilités de mobilité professionnelle et de reconversion reconnaissant les compétences transversales.

•        Le développement effectif du droit individuel à la formation, la VAE (validation des acquis de l’expérience).

•        Un aménagement adapté des fins de carrière en temps et en charge de travail, prenant en compte la situation et la condition physique : ainsi, des pays d’Europe ont choisi d’abaisser régulièrement le nombre d’heures de cours dans les dernières années de la carrière pour tenir compte de l’usure physique.

•        Une médecine de prévention et de santé au travail, adaptée aux problématiques de la profession.

Après des années de mise à mal de l’Éducation nationale (suppressions de postes, suppression de la formation, méconnaissance du travail réel et absence de considération), la nécessité d’une École refondée s’est exprimée.
La force des conservatismes s’est cependant fait sentir dans les négociations métiers.
Des discussions sont à venir sur les décrets, leurs circulaires d’application, les programmes d’enseignement. Il est important de penser un curriculum EPS de la maternelle au lycée, qui permette une éducation corporelle de tous les enfants, émancipatrice des stéréotypes de genre, au service du développement global de chaque élève sans discrimination, de son équilibre psychophysique et de son savoir-vivre avec les autres.
Pour peser collectivement, refusons le corporatisme, renforçons le poids de la CFDT dans l’Éducation nationale.

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