Omar Zanna : Empathie, corps et apprentissage

Nous étions présents à la conférence débat, organisée par l’académie de Nantes, le 15 juin 2016, autour du thème « Apprentissage – Empathie », Omar Zanna, maître de conférence à l’Université du Maine, est intervenu.

La place du corps dans cette éducation à l’empathie.

Pourquoi aborder cette question?
L’auteur a cherché à comprendre les causes de l’altération du lien social chez des mineurs délinquants. O. Zanna constate que ces jeunes acceptent de payer leur dette, mais expriment une sorte de déni pour le mal qu’ils ont pu faire aux autres. « Lorsque l’on ressent une forte émotions, le monde extérieur a tendance à s’éclipser ». L’auteur parle « d’anesthésie momentanée de l’empathie ».
Il s’est alors engagé dans des pratiques visant à restaurer l’empathie chez les mineurs délinquants en entrant par le corps.
Pour intervenir dans le champ de la prévention, c’est naturellement qu’Omar Zanna s’est tourné vers l’école, pour réfléchir à une éducation à l’empathie.

Définition de l’empathie selon l’auteur.
Disposition acquise à ressentir ce que l’autre ressent sans toutefois s’y confondre.
Intuition de ce qui se passe dans l’autre, sans toutefois oublier que l’on est soi.
Perception du monde subjectif d’autrui.

Il y a plusieurs niveaux d’empathie :
- L’empathie cognitive. (quels échos vont avoir mes propos dans la tête de mes élèves). Cette forme d’empathie peut aussi être mobilisée dans des relations perverses de manipulation…
- L’empathie émotionnelle : Dès lors que les corps sont en face à face, les émotions nous percutent.
Ces deux niveaux d’empathie sont en aller-retour, on ne peut les dissocier quand on est en face à face.

Expérimentation dans une école : Programme d’éducation à l’empathie.
Public de 450 élèves, touchés entre 2012-14
O. Zanna préconise au moins 12 à 24 séances par an. En dessous d’un certain seuil, il n’y aurait que peu d’effet sur les élèves :
Il s’agit de créer de manières régulière et répétée les conditions pédagogique de la mise en oeuvre collective des émotions.
Quatre conditions dans les propositions :
- Pratiquer ensemble.
- Observer autrui. L’apprentissage vicariant n’est possible que si les élèves sont volontaires à observer, et que l’on leur crée des conditions d’observation.
- Inverser les rôles. (Si je viens de faire et que j’observe… il y a une empreinte qui est impactée par l’observation)
- Parler des ressentis.

Références Omar Zanna :

-Le corps dans la relation aux autres.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3740

-Apprendre à vivre ensemble dans la classe.

http://www.dunod.com/sciences-sociales-humaines/action-sociale-et-medico-sociale/enfants-et-adolescents/apprendre-vivre-ensemble-en-classe

-Corps et climat scolaire.

http://www.revue-eps.com/fr/dossier-eps-n-83-corps-et-climat-scolaire_o-15384.html

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