Omar Zanna : Empathie, corps et apprentissage

Nous étions présents à la conférence débat, organisée par l’académie de Nantes, le 15 juin 2016, autour du thème « Apprentissage – Empathie », Omar Zanna, maître de conférence à l’Université du Maine, est intervenu.

La place du corps dans cette éducation à l’empathie.

Pourquoi aborder cette question?
L’auteur a cherché à comprendre les causes de l’altération du lien social chez des mineurs délinquants. O. Zanna constate que ces jeunes acceptent de payer leur dette, mais expriment une sorte de déni pour le mal qu’ils ont pu faire aux autres. « Lorsque l’on ressent une forte émotions, le monde extérieur a tendance à s’éclipser ». L’auteur parle « d’anesthésie momentanée de l’empathie ».
Il s’est alors engagé dans des pratiques visant à restaurer l’empathie chez les mineurs délinquants en entrant par le corps.
Pour intervenir dans le champ de la prévention, c’est naturellement qu’Omar Zanna s’est tourné vers l’école, pour réfléchir à une éducation à l’empathie.

Définition de l’empathie selon l’auteur.
Disposition acquise à ressentir ce que l’autre ressent sans toutefois s’y confondre.
Intuition de ce qui se passe dans l’autre, sans toutefois oublier que l’on est soi.
Perception du monde subjectif d’autrui.

Il y a plusieurs niveaux d’empathie :
- L’empathie cognitive. (quels échos vont avoir mes propos dans la tête de mes élèves). Cette forme d’empathie peut aussi être mobilisée dans des relations perverses de manipulation…
- L’empathie émotionnelle : Dès lors que les corps sont en face à face, les émotions nous percutent.
Ces deux niveaux d’empathie sont en aller-retour, on ne peut les dissocier quand on est en face à face.

Expérimentation dans une école : Programme d’éducation à l’empathie.
Public de 450 élèves, touchés entre 2012-14
O. Zanna préconise au moins 12 à 24 séances par an. En dessous d’un certain seuil, il n’y aurait que peu d’effet sur les élèves :
Il s’agit de créer de manières régulière et répétée les conditions pédagogique de la mise en oeuvre collective des émotions.
Quatre conditions dans les propositions :
- Pratiquer ensemble.
- Observer autrui. L’apprentissage vicariant n’est possible que si les élèves sont volontaires à observer, et que l’on leur crée des conditions d’observation.
- Inverser les rôles. (Si je viens de faire et que j’observe… il y a une empreinte qui est impactée par l’observation)
- Parler des ressentis.

Références Omar Zanna :

-Le corps dans la relation aux autres.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3740

-Apprendre à vivre ensemble dans la classe.

http://www.dunod.com/sciences-sociales-humaines/action-sociale-et-medico-sociale/enfants-et-adolescents/apprendre-vivre-ensemble-en-classe

-Corps et climat scolaire.

http://www.revue-eps.com/fr/dossier-eps-n-83-corps-et-climat-scolaire_o-15384.html

Sgen et EPS : une histoire et une mémoire pour demain

La lecture du texte rédigé par Michel Lafargue à l’occasion des 40 ans de la première rencontre, à Mâcon, des militants EPS du Sgen-CFDT, a permis à François Hanot de se remémorer les années immédiatement antérieures.

Hommage à ces militant.e.s pionniers :

François Hanot fut l’un des premiers à s’atteler à la naissance de la commission EPS du SGEN-CFDT en 1970  et à des liaisons avec la CFDT, avec Monette BENOIT, Suzanne FORGET, puis Daniel DENYS, Bernard RENÉ et Brigitte HAZOTTE, Yves PERON, Françoise LABRIDY, Yvette HANOT, Alain DUQUENNE … parmi d’autres… vite rejoints par Michel LAFARGUE et Marie BAILLY, puis par toutes celles et ceux que nous avons convaincus, de Strasbourg à Bordeaux, de Lille à Nice.

Au jour le jour, au fil des déplacements, des publications, du travail relayé par les sections académiques et le National. Avec des élections en CAPA puis en CAPN qui se sont construites.

François Hannot se retrouve bien dans la synthèse de  Michel. Il ajoute malicieusement :

Une performance à souligner … en dehors de toute compétition sportive ! Chapeau Michel.

 

François HANOT, depuis  le nouveau  « Grand Est » en profite pour  inviter à jeter un coup d’œil sur http://citoyenneteactivelorraine.fr site de l’association qu’il a co-créée pour investir « corps » et « âme » le ‘Vivre Ensemble » et les valeurs de la République qui le sous-tendent. Avec lui, 91 retraités actifs . Site à découvrir, à partager,  Occasion aussi pour réagir.

Yvette Hanot, pour sa part, nous offre une intéressante réflexion  : « Le sport est à étudier comme objet social plutôt  que culturel,. Le rôle  de l’école  est d’en faire une analyse critique pour donner aux élèves une grille de lecture de ce qu’ils rencontrent ou de ce qu’ils vivent….mais il faut aussi parler d’une réelle formation corporelle à travers d’autres disciplines : la danse contemporaine [ NDLR : voir, par exemple le beau documentaire « Prof de Gym » sur le travail de Yves Le Coz ] mais ça pourrait être d’autres disciplines telles que les disciplines orientales ….. c’est d’ailleurs la problématique  que nous essayons d’aborder avec jeunes et cités  de Vandœuvre où le sport fonctionne comme un mythe  il serait la solution à tous les problèmes de radicalisation…..

Il me semble que pour remettre des jeunes dans une voie de non violence il nous faut leur parler d’eux de leur corps sensible de leurs émotions de leur pouvoir de création …il nous faut parler de véritables liens ceux qui te font grandir et non pas ceux qui font que tu te perds…..GARDER SON QUANT À SOI EST LE MAÎTRE MOT !

Il ne faut oublier que les jeunes qui se radicalisent choisissent la mort plutôt  que la vie et que les aider veut dire leur faire choisir la vie plutôt  que la mort…

Pour moi le sport n’est pas que militaire il est aussi l’expression du monde capitaliste, du dominant/ dominé….il nait avec la société  industrielle….le corps devient le lieu de toute compétition il est machine à vapeur…il devient un  lieu de traitement de l’information comme un ordinateur. …nos corps sont devenus le véhicule de cette idéologie…..

Il nous faut regarder les méthodes d’incorporation du nazisme….la mouvance, le salut….

Retrouver l’intelligence corporelle….le domaine de la santé commence à  s’y intéresser…. »

Le titre de ce billet est inspiré par la journée d’études «  35 ans d’éducation prioritaire : histoire(s) et mémoire(s) pour demain »  le 1er juillet 2016 aux Archives nationales à Paris, co-organisée par une militante du Sgen-CFDT, Lydie Heurdier

 

Témoignage : Michel Lafargue

Michel Lafargue, un ancien enseignant d’EPS, à l’initiative de nombreuses réflexions et projets pour faire évoluer « l’éducation corporelle », souhaite nous partager son regard sur ces 40 dernières années de militantisme. En nous rappelant les problématiques et perspectives de travail, évoquées en 1976, il nous invite à poursuivre la réflexion, et à les actions revendicatives au sein du SGEN pour porter notre vision de l’EPS.

« Tout au long de cette histoire, en équipes inter-transdisciplinaires, nous contribuons à l’émergence d’un acte éducatif global. Dans les représentations sociales, l’image du /de la Prof de Sport prédomine. Par ses analyses critiques, ses propositions, nul doute  que notre syndicat saura démontrer que le cœur du métier, c’est la pédagogie et non le Sport« .  (M. Lafargue) (texte complet en pièce jointe par ce lien: texte Sgen Lafargue G1-1)

Circulaire sur l’Association Sportive de mars 2016

Participation des enseignants d’éducation physique et sportive du second degré aux activités sportives scolaires volontaires des élèves

note de service n° 2016-043 du 21-3-2016 MENESR – DGESCO B3-4 – DGRH B1-3

Le sport scolaire réaffirmé dans les missions de l’Etat et du service public.

La place du Sport scolaire est réaffirmée « comme partie intégrante des missions de l’Etat et du Service public d’éducation », ainsi que la « participation des enseignants d’EPS à l’organisation et au développement du sport scolaire dans les établissements ».

Les axes du projet de l’association sportive : deux axes principaux sont rappelés

- La pratiques des APSA avec alternance d’entraînements, de rencontres et de compétitions, ainsi que de temps forts.

- L’apprentissage des responsabilités, l’éducation à la citoyenneté.

L’association sportive et la continuité des cursus

Sont à encourager les actions relatives au sport scolaire, pouvant améliorer la continuité pédagogique et éducative entre l’école et le collège (…), ainsi qu’entre le collège et le lycée.

L’association sportive : responsabilités et conditions matérielles :

La note reprécise la responsabilité du chef d’établissement, qui reste garant du bon déroulement des activités (par exemple libération du mercredi après-midi, (…) créneaux horaires à l’interclasse de midi ou en fin d’après-midi, organisation favorable de la restauration et des ramassages scolaires).

En outre « Le chef d’établissement sollicite éventuellement le concours des collectivités territoriales concernées pour s’assurer de la disponibilité des installations sportives ».

L’association sportive et le service des enseignants :

La note réaffirme que « le service de chaque enseignant d’EPS, qu’il exerce à temps complet ou à temps partiel, comprend un volume forfaitaire de trois heures consacrées à l’organisation, à l’animation, au développement et à l’entraînement des membres de l’association sportive (AS) de son établissement scolaire. Ces heures sont inscrites dans l’état des services d’enseignement de chaque enseignant ».

Cependant, il est précisé :

« À titre exceptionnel et dans l’hypothèse où le volume d’activité de l’AS de son établissement est insuffisant pour l’accueillir, un enseignant de l’établissement sera amené à compléter son service dans l’AS d’un établissement différent, dont le volume d’activité est suffisant pour l’accueillir. Cette décision, pour laquelle le volontariat des enseignants concernés doit être recherché, en prenant en compte le programme des AS en cause et en s’appuyant, en tant que de besoin, sur les inspecteurs d’EPS, est prise par le recteur d’académie qui en informe le comité technique académique (CTA) ». (…)

Les fonctions des enseignants au niveau du district, départements, académiques

La note apporte des précisions (indemnisation, missions) sont ainsi apportées sur les fonctions de coordonateurs de district et de directeurs des services régionaux.

La circulaire : http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=100254

Pour le Sgen-Cfdt :

Cette note vient globalement compléter le soutien fait aux AS dans la précédente circulaire qui, en ne rendant plus obligatoire le certificat médical, facilite l’accès des jeunes aux AS.

Pour le Sgen-Cfdt, il semble important que la note mette en avant :

- Les différentes formes d’activités. Qu’il s’agisse de la variété des types d’activités physiques, sportives et artistiques (on parle cependant encore de « sports scolaires »), ou les formes de pratiques (entraînement, rencontre, temps forts..).

- La continuité école – collège, et l’ancrage sur la logique de cycle.

Il faudrait maintenant aller plus loin :

- Envisager ces pratiques dans la dynamique collective de la communauté éducative. Les AS doivent pouvoir être des points d’appuis à la mise en place de l’école du socle (et contribuer à la validation de certaines compétences travaillées), et des parcours citoyens, culturels et d’avenir.

- Réaffirmer que la priorité doit être d’aider les AS à se développer pour favoriser l’implication des élèves dans ces pratiques associatives scolaires, encadrées par des enseignants.

Ce qui implique :

Un soutien ferme de l’établissement, des directions, de la communauté éducative (penser à…l’AS dans les Parcours / La Formation des enseignants / les créneaux de pratiques…/ L’implication des familles / la facilitation des paiements), et des collectivités territoriales (libérer les installations le mercredi après-midi / communiquer sur les « pass sport »/ favoriser des partenariats, des rencontres autour d’évènements……),

La préconisation de « compléter son service d’AS dans un autre établissement, sur la base du volontariat », devrait rester un recours exceptionnel.

CR

 

Face Nord

« Face Nord », un spectacle de la Compagnie « Un loup pour l’homme »

Lorsque les corps…à la croisée des disciplines et du jeu… entrent en piste…
Une belle entrée en matière pour rebondir sur l’ EPS (et/ou l’école en général?) et sa finalité de « former un citoyen lucide, autonome, physiquement et socialement éduqué, dans le souci du vivre ensemble ».

Dans ce spectacle, nous assistons à une mise à l’épreuve des corps, dans, par et pour l’autre… au travers de contraintes de jeux, qui suscitent l’improvisation, l’imagination… la « ré-création ». Des corps en équilibre, des corps qui osent se rencontrer, se lancer, se défier, s’accueillir, tester leurs limites…

Enfants et adultes, dans le public, rient, retiennent leur souffle, suivent l’intrigue… Tout le monde semble happé par cette proposition qui pour une fois, met en avant la nécessaire coopération comme chemin de création, de dépassement et d’évolution, qui pour une fois, donne à voir des corps singuliers, harmonieux de leurs différences, où la rencontre, toujours engagée, entre quatre hommes, peut exister, y compris dans une dimension relativement sensuelle, loin de tout étalage provocateur, comme simple expression d’une attention à l’autre, au service d’une réalisation artistique.

Un beau moment de partage avec les élèves ouvrant une multitude de pistes pédagogiques, tant sur le plan moteur, le plan de la création et la rigueur du travail fourni, que sur le plan symbolique. (La compagnie a crée un petit livre explicitant les différentes contraintes de jeu utilisées, pouvant être reprise par le public !)

La Scène Nationale, le « Manège de Reims » propose un dossier pédagogique sur cette compagnie et ce spectacle. Je vous en livre quelques extraits (En pièce jointe le dossier complet avec des développements pédagogiques très riches).20-dp_face_nord

« Un loup pour l’homme propose en 2011 une nouvelle création, Face Nord. Quatre hommes y explorent une écriture faite de règles et de jeux physiques,embarquant avec eux le public dans une expérience établissant les prémices de l’acrobatie dans l’innocence des jeux de l’enfance. La confrontation à divers obstacles, une fois dégagée de la vaine tentation de vaincre, y est le moteur d’une lutte personnelle et collective qui pose les bases d’un nouvel “être ensemble”.

 

La compagnie de cirque Un loup pour l’homme, à travers sa pratique des portés acrobatiques, s’attache à défendre une vision de l’humanité faite d’êtres sociaux, différents autant que dépendants les uns des autres. Épris de puissance et de liberté, l’acrobate y apparaît sans cesse aux prises avec ses limites ; l’homme y révèle dans l’épreuve de sa relation à l’autre grandeur et faiblesses, la complexité de sa nature humaine.

Les acrobates précisent dans leur note d’intention
Nous abordons ici la conquête du groupe, en recherchant les prémices de notre quête acrobatique dans l’univers des jeux d’enfants, en questionnant nos relations d’hommes en devenir à la lueur de cette innocence enfouie dans nos corps d’adulte.

* L’acrobatie
Virtuose et inutile, le geste sportif éveille l’attention artistique. Enserré dans des contraintes de règles, de durée, de territoire, aux prises avec des problématiques de partenaire / adversaire, le geste technique échappe à la représentation dans sa tension vers un objectif. Cette relation entre l’action dans sa durée et son but est un de nos principaux axes de travail. Son inutilité même, confinant parfois à l’absurde, est aussi le moteur d’un comique insoupçonné. Nous sommes également attachés à une certaine logique de l’épreuve, comme à celle d’un franchissement, voire d’une
initiation, dont les difficultés et aléas sont propices à révéler forces et faiblesses de celui qui ose se mesurer à l’obstacle.
Cependant, le monde du sport (et à une autre échelle, notre modèle de société) promeut aussi un appétit de victoire et un principe de compétition, auxquels nous opposerons, comme moteur de nos pratiques circassiennes, un objectif tout autre, celui de ne pas perdre. Bien plus digne nous semble l’héroïsme de l’acrobate qui vient, non pas prouver qu’il peut toujours vaincre, mais prendre le risque de peut-être échouer.

* Notre deuxième axe consiste en la notion de jeu.
Conçu, comme le propose Caillois dans Des jeux et des hommes (1992)4, comme une latitude, une liberté de mouvement, il est ce à quoi nous aspirons dans notre composition : fixer sans figer, conserver la vitalité de l’action dans sa répétition. Par un système affuté de règles, nous nous proposons de tenter une écriture propice à préserver la fraîcheur et le plaisir d’une acrobatie sans cesse remise en jeu.

* Enfin, comme troisième axe, nous portons un intérêt aigu à l’architecture et à la sculpture.
Nous sommes aussi, acrobates, des bâtisseurs de formes en mouvement, et les principes d’ingénierie, de logique des forces, associés à la connaissance de l’anatomie du mouvement sont particulièrement instructifs et inspirants (tel le principe de voûte surtout, mais aussi d’arcs-boutants, de ponts divers, de colonne..) . Tout se résume à pousser et tirer.
Mettre en évidence et en pratique des principes de statique et de dynamique dans nos échafaudages humains et évolutions acrobatiques est notre quotidien.

NB : Certains acrobates ont pratiqué le « théâtre physique », dont le dossier nous livre cette définition :
A la croisée des langages, le théâtre physique se joue des frontières et déjoue les carcans disciplinaires. Il décloisonne les pratiques, conjugue les contraires et croise approches chorégraphiques, théâtrales, musicales, visuelles, plastiques ou encore circassiennes. Questionné, le corps est remis en jeu, sollicité dans ses dimensions organiques, affectives, symboliques. Il devient médium poétique, vecteur d’imaginaire.
Un bel axe de travail pour le milieu scolaire…

CR

Analyse de pratiques liées à une évaluation sans note

Avant d’aller peut-être parcourir l’article dans sa globalité (11 pages), je vous propose l’introduction et la conclusion, de cette réflexion menée par CHABAUTY Benjamin (PRAG),  VORS Olivier (MCF) , POTDEVIN François (MCF) , JOING Isabelle (MCF).

Les auteurs ont mené une expérimentation, avec 3 classes de 6èmes, et un recueil de données relatifs aux élèves et aux enseignants. Des pistes intéressantes à creuser pour repenser les apprentissage curriculaires, autour des compétences.

Ces résultats sont complétés par de petites vidéos, proposées sur le site de l’AEEPS https://www.facebook.com/AEEPS-459057970816923/?fref=nf
Introduction :
Depuis une vingtaine d’années, il existe une incitation croissante à se référer à la notion de compétence dans les stratégies d’enseignement. Dans ce contexte, des expérimentations liées aux évaluations « par compétences », ou « sans note » voient le jour. La finalité est ambitieuse car ces nouveaux modes d’évaluation seraient susceptibles de mettre fin aux effets néfastes de la notation traditionnelle : stress de la comparaison constante, biais de subjectivité, diminution de l’estime de soi des élèves et dégradation du climat de classe, baisse de la persévérance scolaire et incompréhension du métier d’élève (e.g. Barjolle & Rousseau, 2013 ; Buchs, Darnon & Butera, 2011). Pourtant une partie de la profession reste sceptique quant à ces plus-values proclamées (Crahay, 2006). Il nous semble donc intéressant, dans le cadre d’une recherche axée sur « l’analyse des pratiques », de vérifier au niveau local, les effets d’un système d’évaluation sans note, sur les représentations des élèves et sur les pratiques enseignantes. Cette recherche a permis d’accompagner une expérimentation « sixième sans note » et d’aider les enseignants à pratiquer un « tâtonnement éclairé » en vue d’améliorer l’efficacité de ce système d’évaluation. Dans cet article nous présenterons à la fois les résultats de notre recherche portant sur toutes les disciplines ainsi que les pistes de travail proposées par l’équipe EPS suite à cette étude. Ainsi pour enrichir la réflexion, nos propos croiseront des éléments de recherche et des éléments de discussion professionnelle.

Conclusion :

Les résultats de notre recherche ont montré que cette expérimentation de classe sans note n’a pas été convaincante immédiatement : il ne suffit pas d’enlever les notes pour créer les conditions d’un climat serein et de la réussite de tous. Par contre, ce renoncement aux notes a mis en évidence des lacunes de l’évaluation qui seraient sans doute restées cachées, car habituelles. Ceci a favorisé l’ouverture de la réflexion et l’évolution des pratiques de l’équipe EPS.
Les mises en oeuvre évoquées et les nouvelles perspectives qui en découlent, nous semblent aller dans le sens d’une évaluation « bienveillante » et « exigeante ». Elles portent sur plusieurs points :
1. Rendre lisible la compétence par la définition d’objets d’enseignement ;
2. Maintenir un projet d’apprentissage pour tous par la définition de niveaux d’acquisition de la compétence ;
3. Rendre visible la progression de l’élève en le situant sur ces niveaux à différents moments du cycle
4. Prendre en compte le changement de contexte dans une évaluation sommative.
Toutefois les modifications apportées suite à la mise en place de ce système d’évaluation nécessitent encore des améliorations car elles semblent être moins bien assimilées par les élèves les plus en difficultés scolairement et pourraient leur porter préjudice. Il nous semble donc important de prolonger nos réflexions pour permettre :
1. A l’élève d‘être davantage acteur de son évaluation pour aller s’informer et savoir à quel niveau d’acquisition il se situe ;
2. De dépasser l‘écrit comme support de communication principal ;
3. De questionner les TICE, qui représentent un outil de suivi intéressant favorisant la visibilité des progrès, mais qui est susceptible, a contrario, de pénaliser certains élèves, à la fois en terme d’accessibilité et en terme d’exploitation des données.

Le corps se déchaine au delà des disciplines…

Petites listes de ressources EPI…

Nous savons que les premières ressources sont celles que vous expérimentez dans votre travail quotidien, au sein de vos établissements. Nous savons que des « outils » tout faits ne sont pas forcément fonctionnels, et qu’ils ne remplacent de toute façon en rien vos réflexions adaptées à vos publics.
Nous vous proposons cependant quelques liens vers des réflexions ou exemples de propositions d’EPI, produits par la Eduscol et/ou les sites académiques.
Il y a de l’EPS… mais pas que… un regard ouvert sur l’ensemble des propositions peut nourrir notre vision globale pour la dynamique de notre établissement ! Le corps se déchaîne et dépasse les frontières…
Eduscol :http://eduscol.education.fr/cid99750/epi.html

- La caricature : procédés, sens, résonances [Education musicale / Français / Arts plastiques]
- Les tours de grande hauteur dans la ville, une solution pour un développement durable [Arts plastiques/ Histoire et géorgraphie / Technologie]
- Rencontre sportive et scientifique autour de l’effort physique en demi-fond [Education physique et sportive / Sciences de la vie et de la Terre]
- Mon carnet d’entrainement personnalisé de demi-fond [Mathématiques / Education physique et sportive]
- Analyse d’un objet de la vie courante : le téléphone portable [Technologie / Sciences de la vie et de la Terre / Physique-chimie]
- À propos des sons [Physique-chimie / Education musicale]
- Comment survivre sur Mars ? [Physique-chimie / Sciences de la vie et de la Terre]
- L’homme face au risque d’inondation [Histoire et géographie / Sciences de la vie et de la Terre]
- Mers et océans [Physique-chimie / Histoire et géographie]
- Les instruments scientifiques pour se repérer dans le temps et l’espace [Physique-chimie / Mathématiques / Technologie]
- Des mots, des gestes, des sons pour raconter ton histoire [Éducation musicale / Français / Éducation physique et sportive]
- Le corps projectile : mouvement, force et énergie [Education physique et sportive / Physique-chimie]
- Fais bouger ta littérature [Français / Education physique et sportive]
- Réaliser des reportages radiophoniques « à chaud » sur un épisode de la période 1789-1848 [Histoire et géographie / Français]

Ressourc’ESS : le portail de l’économie sociale et solidaire

http://www.ressourcess.fr/ressources/?typeressource=1

Cahier péda :

http://www.cahiers-pedagogiques.com/No-528-Mettre-en-oeuvre-les-EPI-10364

Académie de Strasbourg :

http://www.ac-strasbourg.fr/pedagogie/college2016/enseignements-pratiques-interdisciplinaires/

Académie de Versailles :

http://reformeducollege.ac-versailles.fr/les-epi-ressources-produites-par-le-groupe-thematique-de-l-academie-de

Académie Aix Marseille Développement durable

https://www.pedagogie.ac-aix-marseille.fr/jcms/c_55733/accueil

Académie de Paris, site de partage :

https://storify.com/epipartage/epipartage

Académie de Dijon

http://langues.ac-dijon.fr/spip.php?article2569

Et une ressources EPS déjà proposée sur ce site par AMM :

http://www.ludovia.com/2015/09/le-freps-pedagogie-et-numerique-une-vision-de-linterdisciplinarite/

CR

 

EPI : En Prolongeant les Idées

En partage, le point de vue de Didier Delignères, qui amène à penser EPI et EPS autour notamment des questions de la pédagogie du projet et de thématiques générales.

https://didierdelignieresblog.wordpress.com/2016/03/15/interdisciplinarite-et-education-physique-au-dela-du-sens-commun/#more-721

Les éléments développés nous invitent à ouvrir la réflexion sur certains enjeux de ces enseignements interdisciplinaires.
En effet, au delà des « dispositifs » en eux-mêmes, il semble en effet intéressant de pointer quelques autres « balises » à la réflexion… En s’appuyant sur d’autres travaux, nous lançons des pistes parmi d’autre…

- L’idée d‘objets transversaux, ou objets partagés, qui seraient clairement identifiés, autour de grandes questions ou « thématiques générales » (Delignères) traversant les expériences humaines signifiantes.
Ce que Meirieu pointe dans un article récent sur la transmission « Rendre commun le monde dans l’acte même de sa transmission. S’attacher à ce qui, dans les cultures diverses, résonne au delà de chacun, touche aux invariants psychologiques, et relie un être singulier à ses semblables. Une exigence forte qui articule l’intime et l’universel« . Il ne s’agit pas de refaire les programmes pour redéfinir ce qui doit être enseigné, mais de réfléchir, aux questions qui relient, donnent sens, aux différents points des programmes… via des expériences variées, permises par ces dispositifs.

- Cela induit une attention sur les chemins à inventer pour donner aux élèves la possibilité d’accéder à ces questions et acquisitions. L’idée de démarche, de « cheminement original » comme le propose D. Delignères, en parallèle peut-être à celle de Chef d’oeuvre, au sens de Meirieu (Mars 2014, café péda) « Je crois que le plaisir s’éprouve dans le travail pour se dépasser, dans la réalisation d’une œuvre dont on peut être fier, quand on a vraiment compris quelque chose, qu’on s’est approprié des connaissances et qu’on a pu les ressaisir dans un « chef d’œuvre » qui en est, tout à la fois, la miniaturisation et la conceptualisation. Là l’intention et la réalisation se conjuguent, comme l’effort et le plaisir…  »

- La notion de « co-intervention« , ou « co-enseignement »… vient aussi questionner ces dispositifs. Il semblerait intéressant de réfléchir ensemble sur les implications de ces formes de co-intervention, permises par la réforme, à la fois en terme de posture enseignante et de mise en activité, individuelle et collective des élèves. Le premier degré, avec le dispositif PDMQDC nous offre des points d’appui évident (rapport http://www.education.gouv.fr/cid93796/rapport-du-comite-national-de-suivi-du-dispositif-plus-de-maitres-que-de-classes.html)

EPI : Encore à Prolonger pour Innover…

CR

Conférence à l’ENS de Rennes sur les interactions entre élèves

Pour ceux qui seraient dans l’ouest… Une journée pour questionner la problématique des interactions des élèves en EPS, avec l’apport de connaissances scientifiques.

« Susciter des interactions entre élèves pour favoriser leurs apprentissages en EPS : pourquoi et comment ? »

Le département 2SEP de l’ENS Rennes vous y invite 

le jeudi 31 mars
à l’amphithéâtre de l’ENS Rennes

Lucile Lafont, Jacques Saury, André Canvel et Julien Gagnebien nous feront le plaisir d’intervenir lors de cette journée.

L’objectif de cette journée est de présenter aux différents acteurs de l’EPS (étudiants en STAPS, enseignants d’EPS, formateurs, enseignants-chercheurs, ou encore inspecteurs) l’actualité des connaissances scientifiques dans un domaine touchant la discipline et de discuter de leurs implications pratiques en cours d’EPS.

Source site AEEPS : http://aeeps.org/component/content/article/86-generales/2482-2016-01-25-13-51-56.html

Veille Péda EPS Janvier- Février 2016

Je vous propose un petit aperçu de quelques références, articles, sites, revues, ouvrages récents (ce début 2016), abordant des sujets liés à l’EPS.
A piocher, à faire commander dans vos établissements, selon vos centres d’intérêts et le temps de lecture disponible…

Différents thèmes sont abordés : Travaux de recherche, Corps et Climat scolaire, Evaluation, Milieux difficiles, Course d’orientation, demi-foond, vitesse-Relais, Jeux, et quelques références sur l’usage des nouvelles technologies.

Cliquez sur ce lien ! veille peda EPS jan fev 2016

Bonne lecture,

CR