Analyse de pratiques liées à une évaluation sans note

Avant d’aller peut-être parcourir l’article dans sa globalité (11 pages), je vous propose l’introduction et la conclusion, de cette réflexion menée par CHABAUTY Benjamin (PRAG),  VORS Olivier (MCF) , POTDEVIN François (MCF) , JOING Isabelle (MCF).

Les auteurs ont mené une expérimentation, avec 3 classes de 6èmes, et un recueil de données relatifs aux élèves et aux enseignants. Des pistes intéressantes à creuser pour repenser les apprentissage curriculaires, autour des compétences.

Ces résultats sont complétés par de petites vidéos, proposées sur le site de l’AEEPS https://www.facebook.com/AEEPS-459057970816923/?fref=nf
Introduction :
Depuis une vingtaine d’années, il existe une incitation croissante à se référer à la notion de compétence dans les stratégies d’enseignement. Dans ce contexte, des expérimentations liées aux évaluations « par compétences », ou « sans note » voient le jour. La finalité est ambitieuse car ces nouveaux modes d’évaluation seraient susceptibles de mettre fin aux effets néfastes de la notation traditionnelle : stress de la comparaison constante, biais de subjectivité, diminution de l’estime de soi des élèves et dégradation du climat de classe, baisse de la persévérance scolaire et incompréhension du métier d’élève (e.g. Barjolle & Rousseau, 2013 ; Buchs, Darnon & Butera, 2011). Pourtant une partie de la profession reste sceptique quant à ces plus-values proclamées (Crahay, 2006). Il nous semble donc intéressant, dans le cadre d’une recherche axée sur « l’analyse des pratiques », de vérifier au niveau local, les effets d’un système d’évaluation sans note, sur les représentations des élèves et sur les pratiques enseignantes. Cette recherche a permis d’accompagner une expérimentation « sixième sans note » et d’aider les enseignants à pratiquer un « tâtonnement éclairé » en vue d’améliorer l’efficacité de ce système d’évaluation. Dans cet article nous présenterons à la fois les résultats de notre recherche portant sur toutes les disciplines ainsi que les pistes de travail proposées par l’équipe EPS suite à cette étude. Ainsi pour enrichir la réflexion, nos propos croiseront des éléments de recherche et des éléments de discussion professionnelle.

Conclusion :

Les résultats de notre recherche ont montré que cette expérimentation de classe sans note n’a pas été convaincante immédiatement : il ne suffit pas d’enlever les notes pour créer les conditions d’un climat serein et de la réussite de tous. Par contre, ce renoncement aux notes a mis en évidence des lacunes de l’évaluation qui seraient sans doute restées cachées, car habituelles. Ceci a favorisé l’ouverture de la réflexion et l’évolution des pratiques de l’équipe EPS.
Les mises en oeuvre évoquées et les nouvelles perspectives qui en découlent, nous semblent aller dans le sens d’une évaluation « bienveillante » et « exigeante ». Elles portent sur plusieurs points :
1. Rendre lisible la compétence par la définition d’objets d’enseignement ;
2. Maintenir un projet d’apprentissage pour tous par la définition de niveaux d’acquisition de la compétence ;
3. Rendre visible la progression de l’élève en le situant sur ces niveaux à différents moments du cycle
4. Prendre en compte le changement de contexte dans une évaluation sommative.
Toutefois les modifications apportées suite à la mise en place de ce système d’évaluation nécessitent encore des améliorations car elles semblent être moins bien assimilées par les élèves les plus en difficultés scolairement et pourraient leur porter préjudice. Il nous semble donc important de prolonger nos réflexions pour permettre :
1. A l’élève d‘être davantage acteur de son évaluation pour aller s’informer et savoir à quel niveau d’acquisition il se situe ;
2. De dépasser l‘écrit comme support de communication principal ;
3. De questionner les TICE, qui représentent un outil de suivi intéressant favorisant la visibilité des progrès, mais qui est susceptible, a contrario, de pénaliser certains élèves, à la fois en terme d’accessibilité et en terme d’exploitation des données.