Mobilisation : les Ministres à l'épreuve du dialogue...

Publié le vendredi 31 mars 2017 05:36
Écrit par SGEN Guyane
Après un début de matinée compliqué, les négociations ont commencé ce jeudi.
 
Pendant que Collectif et Ministres mesurent les rapports de force, règlent le cadre des échanges et la question de la présence de la presse avec un sens certain du suspens (contrôlé ?), les Maires rédigent leur contribution. Il était temps ! 
 
Alors que la pluie trempe les soutiens stoïques du Collectif devant la Préfecture, que les radios n'ont jamais été aussi écoutées et Guyane 1ere télé aussi regardée, les excuses de la Ministre ultramarine ont permis d'en finir avec les déclarations préalables et d'en venir aux revendications et aux premières réponses.
 
En fin d'après-midi, le Collectif a sonné la fin de l'épisode en déclarant attendre des propositions sérieuses, et fixé le prochain rendez-vous samedi matin avant de retourner sur les barrages pour informer la population. 
 
Les Ministres vont devoir trouver les voies et moyens pour parvenir à un accord. En répondant aux demandes de surveiller les fleuves et la mer, en évitant les revendications antinomiques, entre autres à propos de l'exploitation des ressources naturelles ? Pas simple...
 
Ils doivent se demander comment dans leur équipe ceux qui sont en charge du dossier Guyane depuis des années n'ont pas compris ce qui se passait, ou plutôt comment ils y ont contribué en accumulant les erreurs de casting, mauvaises manœuvres et confiance mal placée.
 
La Guyane est à la une des 20 heures depuis plusieurs jours. Les journalistes "nationaux" sont là, ceux passés par le Suriname tombés sous le charme du pays, beaucoup admiratifs des 500 frères, tous intrigués. Il faut dire que les images extraordinaires se succèdent, à la place de celles de fusées qui ne décollent plus. 
 
L'onde de la mobilisation continue à se propager. Encore une belle image que celle de la pirogue des représentants des communes du Haut Maroni arrivant à Papaïchton. La visibilité et la parole des oubliés parmi les oubliés vont peser sur les arbitrages. 
 
Ce matin les habitants des villages d'Antecumpata, Taluen, Elahe, Kayode, Pidim, Aloike et Boussoussa se sont rendus à Maripasoula où les attendaient les membres du collectif A no wi opo (le Haut Maroni d'Antecumpata...).

Une soixantaine d'habitants des communes du Haut Maroni se sont rendus à Papaïchton en pirogue pour poursuivre la mobilisation en parallèle des négociations officielles qui devraient se tenir aujourd'hui à Cayenne. 

Les communes au nord de Maripasoula sont notamment victimes de l'orpaillage illégal qui polluent les eaux et les sols. Ils réclament plus de moyens pour lutter contre les chercheurs d'or et la ratification de la Convention de l'Organisation Internationale du travail numéro 169 sur les peuples autochtones.