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Mobilisation : lettre ouverte des médecins de Guyane au Premier Ministre.

Lettre des médecins de Guyane et syndicat hospitalier sur les carences criantes qui n'ont pas trouvé échos dans les accords annoncés par le Gouvernement.

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Mobilisation : CP Sgen-CFDT du 09 avril : il est temps d'agir

Alors que le conflit en Guyane s'installe, le Sgen-CFDT, en collaboration avec les militant.e.s de la Centrale Démocratique des Travailleurs de Guyane (CDTG), rappelle les revendications que l'ensemble de la CFDT porte.

Guyane 2017

DES BESOINS CRIANTS

Dans tous les domaines, les besoins de la Guyane sont criants, et pas seulement sur le plan financier, mais aussi – surtout – concernant le dialogue social, les besoins humains, les supports techniques ou logistiques. Dans de nombreuses administrations, aussi bien celles relevant des collectivités que celles relevant de l’État, bien des personnels, à bien des niveaux, ont besoin d’être formés, soutenus, encadrés et accompagnés. Au lieu de cela, les interlocuteurs successifs ont, trop longtemps, minimisé les problèmes, ou refusé de les affronter, lors de leurs remontées aux services centraux de l’État.

DANS LE CHAMP DE L’ÉDUCATION

Il faut d’urgence :

– une programmation de la construction d’écoles et d’établissements pour accueillir dans de meilleures conditions les élèves dans un contexte démographique très dynamique, et prévoir en conséquence l’implantation de postes dans les différentes catégories de personnels ;

– structurer une politique complète pour améliorer l’attractivité des postes enseignants en Guyane : si cela a partie liée avec la politique globale de développement du territoire, des pistes méritent d’être creusées (pour la Guyane mais aussi pour d’autres territoires), notamment :

  •  un accueil organisé de manière continue dès la notification de l’affectation académique par le Rectorat, avec prise de contact avec les personnels affectés et des informations utiles en vue de leur installation, puis par l’école ou l’établissement ensuite dès la notification de l’affectation et pas seulement à la pré-rentrée,
  • des aides financières et logistiques à la recherche du logement et à l’installation,
  • des incitations financières adaptées,
  • une aide à la mobilité après une période d’exercice dont il faut déterminer la durée ;

– implanter des postes administratifs à la hauteur des besoins locaux pour en finir avec les personnels « sans support » et les postes enseignants implantés au Rectorat pour donner un support à des personnels administratifs (ce qui rend problématique le versement de certains éléments de rémunération) ;

– mieux structurer un dialogue social local avec les syndicats présents sur le territoire ;

– reconfigurer le Conseil de l’Éducation Nationale (CEN) avec un groupe d’appui opérationnel afin qu’un projet territorial et un projet académique cohérents soient structurés avec une implication des acteur·trice·s aussi bien côté collectivité territoriale que côté Éducation nationale ;

– donner plus de moyens pour le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) et le suivi de l’accord signé avec la MGEN et avec l’Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT).

LES MODES « CLASSIQUES » DE DIALOGUE SOCIAL ONT ÉCHOUÉ

Le Sgen-CDTG-CFDT joue pleinement son rôle revendicatif dans le conflit social actuel, mais force est de constater que les modes « classiques » de dialogue social ont échoué, année après année malgré les alertes des militant·e·s de la CTDG-CFDT. Cela contribue à expliquer la structuration et les modalités d’actions actuels en Guyane. Il est indispensable que les pouvoirs publics, au plus haut niveau, aient une expression à la hauteur de la mobilisation actuelle. Il est aussi nécessaire que l’État, sur la base d’une analyse systémique de la situation économique et sociale en Guyane, fasse des propositions adaptées et inscrive leur mise en œuvre dans la durée. Il faut aussi structurer le dialogue social local sur de nouvelles bases pour permettre un travail serein, transparent, dans la durée, en vue du développement de la Guyane afin que se résorbe le décrochage entre ce département et le reste de la société française.

Lire la lettre adressée par la CDTG au Président la République.

https://www.sgen-cfdt.fr/actu/guyane-il-est-temps-agir/

Mobilisation : journée de réflexions diverses...

Ce jeudi, beaucoup de communications. 

Le MEDEF, toujours solidaire de la mobilisation demande une réorientation de la stratégie, les petites entreprises contestent leur porte-parole, des citoyens expriment leur fatigue, les licenciements se multiplient, le Président de la Collectivité insiste sur le fait qu'il faudrait que les Collectivités puissent voter leurs budgets...
 
Le Collectif poursuit sa logique.
D'après lui, les barrages ne bougeront pas. Il va durcir le mouvement. 
Tout le monde "saura très vite comment".

Mobilisation : retour sur les communications nationales du Sgen-CFDT

 

 

 

Le 03 avril, le Sgen-CFDT a écrit au Cabinet de la Ministre de l'Education, avant qu'elle ne participe à la réunion de travail sur la situation en Guyane avec le premier Ministre. 


Copie : 

Monsieur,

En vue des prochaines réunions ministérielles sur la situation en Guyane et en particulier celle qui doit avoir lieu cet après-midi sauf erreur de ma part, et suite aux échanges sur le sujet avec Monsieur Prévost en fin de semaine dernière, veuillez trouver ci dessous les éléments qui nous semblent les plus prégnants. 

Pour nous, en liaison avec notre équipe Sgen-CDTG-CFDT, il faudrait :

 

- une programmation de la construction d’écoles et d’établissements pour accueillir dans de meilleures conditions les élèves dans un contexte démographique très dynamique, et prévoir en conséquence l’implantation de postes dans les différentes catégories de personnels ;

- structurer une politique complète pour améliorer l’attractivité des postes enseignants en Guyane : si cela a partie liée avec la politique globale de développement du territoire, des pistes méritent d’être creusées (pour la Guyane mais aussi pour d’autres territoires), notamment :

- accueil organisé de manière continue dès la notification de l’affectation académique par le Rectorat avec prise de contact avec les personnels affectés et des informations utiles en vue de leur installation, puis par l’école ou l’établissement ensuite dès la notification de l’affectation et pas seulement à la pré-rentrée,

- aides financière et logistique à la recherche du logement et à l’installation,

- pour cela envisager des partenariats avec les communes, les agences immobilières et les bailleurs (des expériences franciliennes peuvent être observées sur ce sujet),

- incitations financières adaptées,

- aide à la mobilité après une période d’exercice dont il faut déterminer la durée ;

- implanter des postes administratifs à la hauteur des besoins locaux pour en finir avec les personnels « sans support » et les postes enseignants implantés au Rectorat pour donner un support à des personnels administratifs (ce qui rend problématique le versement de certains éléments de rémunération) ;

- mieux structurer un dialogue social local avec les syndicats présents sur le territoire et qui ne sont pas (encore) représentatifs au CTA : la réunion de vendredi dernier semble aller dans le bon sens, mais nous déplorons que l’accès à des informations collectives soit toujours refusé au Sgen-CDTG-CFDT malgré l’avis rendu par la CADA ;

- reconfigurer le CEN avec un groupe d’appui opérationnel afin qu’un projet territorial et un projet académique cohérents soient structurés avec une implication des acteurs aussi bien côté collectivité territoriale que côté Éducation nationale ;

- donner plus de moyens pour le CHSCT et le suivi de l’accord signé avec la MGEN et avec l’ARACT.


A toutes fins utiles, vous trouverez en pièce jointe un communiqué de presse du Sgen-CDTG-CFDT du 19 janvier dernier.

Bien cordialement,
-- 

Catherine Nave-Bekhti

 

 

 

L’intérêt médiatique s’estompe (Revue de presse France Guyane)

Au lendemain de l’annonce de l’adoption du plan d’urgence pour la Guyane par le gouvernement, les quotidiens nationaux ont majoritairement relégué l’actualité du département en brève. Seuls Le Monde et L’Humanité continuent ce matin de proposer une large couverture au mouvement.

Comme par enchantement, la Guyane a été reléguée au troisième, voire au quatrième plan de l’actualité en ce jeudi 6 avril. L’intérêt des quotidiens nationaux s’est soudainement estompé après l’annonce, hier matin par le gouvernement, de l’adoption du plan d’urgence d’un milliard d’euros pour le département. Le Monde et L’Humanité sont les seuls (à tout le moins au sein de leur édition « papier ») à proposer des articles détaillés sur l’évolution du mouvement social qui agite le territoire depuis une quinzaine de jours.
 
Le Monde : des discordances émergent
Sous la plume de notre confrère Laurent Marot, Le Monde revient sur l’occupation du centre spatial par le collectif et la population. « Le 22 mars, au même endroit, des élus et des manifestants qui souhaitaient rencontrer le directeur du CSG avaient été repoussés par des gaz lacrymogènes », rappelle le journaliste. Au-delà des désaccords liés au montant de l’enveloppe du plan d’urgence, Laurent Marot évoque les discordances internes au mouvement qui sont nées de « l’irruption dans le débat de la question des institutions dans un mouvement centré jusqu’à présent sur l’insécurité, l’éducation, la santé et le développement ». Ce, en « perdant de vue ce à quoi la population a apporté son soutien », confie la section de Cayenne de la ligue des droits de l’Homme.
 
Mikaël Mancée, « un héros populaire »
L’envoyé spécial du Monde en Guyane, Patrick Roger, propose en bas de page un long portrait de Mikaël Mancée, « le visage de la révolte guyanaise ». Mikaël Mancée, « devenu en quelques semaines la figure emblématique et charismatique du mouvement », souligne le journaliste. Il évoque la première marche des 500 frères. « Les Guyanais sortent à peine du carnaval, moment important pour la population créole, écrit l’auteur. Coup de com ? Idée de génie ? » Il explique que cette première apparition, remarquée, n’est qu’une entrée en matière. « Le coup d’éclat qui les fera connaître de toute la population guyanaise, c’est lorsque la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, préside à Cayenne une conférence sur l’environnement (…) et qu’une trentaine de « frères » surgissent dans la salle et s’alignent au pied de la tribune. » Patrick Roger l’affirme : « En Guyane, « Mika » est devenu un véritable héros populaire, dont il adopte volontiers la gestuelle et la symbolique. » Et de s’interroger : « Si les 500 frères sont les symboles de ce mouvement, sur lequel ils exercent un ascendant sans égal, peuvent-ils pour autant en déterminer l’orientation politique ? Beaucoup en doutent. Quand on le question questionne sur ce point, il (Mikaël Mancée) détourne la conversation. Lorsqu’un sujet le dérange, il est passé maître dans l’art de l’esquive. »
 
L’Humanité : « Un coup de pied dans la vitrine »
Dans L’Humanité, Marion D’Allard titre son article de la façon suivante : « A Kourou, la vitrine spatiale symbole de la fracture sociale. » La journaliste s’appuie sur des entretiens avec des grévistes afin d’évoquer « un manque à gagner de 330 millions d’euros par an au titre de la levée de l’octroi de mer, disposition fiscale spécifique à la Guyane, qui compense, en quelques sorte, l’absence de TVA ». Elle poursuit : « A l’injustice fiscale s’ajoute, selon les grévistes, la faiblesse des retombées économiques de l’activité spatiale. » Malgré des partenariats « avec les communes voisines », insiste un manifestant. « La cour des comptes épinglait d’ailleurs en 2013 les 179 millions d’euros annuels versés par Paris versés par Paris au CSG », précise la journaliste, après avoir cité une gréviste qui « regrette que l’Etat investisse des millions sur la base spatiale et rechigne à dégager des moyens pour le bien-être de la population ». Marion D’Allard rappelle toutefois que « l’activité spatiale compte pour beaucoup dans l’économie de la Guyane, singulièrement en terme d’emplois ».
« C’est donc dans la vitrine de la Guyane que les manifestants ont choisi de mettre un coup de pied, mardi », insiste notre consœur de L’Huma.
 
En - très - bref
Dans tous les autres quotidiens nationaux, c’est donc en brève que la Guyane est évoquée. Les Echos, Le Figaro, La Croix et Le Parisien se contente d’un entrefilet pour expliquer que « les manifestants quittent la base spatiale », « Le Medef appelle à la fin des blocages » ou qu’un « groupe de suivi va être mis en place » par le gouvernement. Pour avoir de plus amples informations, il faut donc se tourner vers les éditions internet des titres nationaux.
 
Sur le net
Ainsi, dans un article publié ce matin, L’Express reprend une dépêche de l’AFP (l’Agence France presse) précise que « le collectif promet de durcir le mouvement ». Les discordances naissantes au sein du mouvement quant à son prolongement émergent au sein du texte. « Le jusqu’au boutisme est l’apanage des nantis », peste ainsi un manifestant qui, selon l’auteur de l’article, « cible les fonctionnaires ». « Le blocage du port de Cayenne, par lequel passent plus de 90% des importations et exportations de la Guyane, induit des pénuries », est-il indiqué. « Dans Cayenne, l’immense majorité des magasins étaient encore fermés mercredi soir », peut-on lire.

Sur France Tv Infos, un reportage publié ce matin est consacré à la base spatiale sous le titre : « Kourou, de l’espoir au mirage. » Un sujet qui revient sur les espoirs de développement nés de l’implantation du port spatial européen en Guyane. L’auteur exhume une citation de M.Frédéric, secrétaire général de la chambre de commerce en 1970, qui assurait alors : « Kourou est certainement un élément de l’avenir de la Guyane. Mais je pense qu’il ne faut pas considérer que Kourou soit le seul moteur de l’économie guyanaise. » Et l’auteur de conclure : « Avec cet avertissement vieux de 47 ans, le slogan des manifestants guyanais résonne : « La fusée restera au sol tant que la Guyane ne décollera pas. »

Enfin, ce matin, la radio France-Inter s’est interrogée sur « qui sont les 500 frères qui agitent la Guyane ? ». Un collectif qui « inquiète autant qu’il fascine », peut-on lire et entendre. « La cagoule noire portée par les 500 frères a autant servi à populariser le mouvement qu’elle l’a desservi au départ », analyse l’auteur, qui ajoute : « Beaucoup travaillent dans les métiers de la sécurité, mais ils refusent l’appellation de milice. Le groupe reste pourtant vu comme menaçant. »

RFI propose également un article sur son site internet. La radio évoque la situation des « patrons entre solidarité et inquiétude pour leur activité ». Envoyé spécial à Cayenne pour la station, Pierre Olivier explique que « le Medef s’alarme de cette situation pour les entreprises locales et demande la reprise de l’activité économique ». Le journaliste s’appuie sur les déclarations du président du Medef, Stéphane Lambert. Celui-ci précise que « la Guyane tourne au ralenti depuis deux semaines et de plus en plus d’entreprises voient leurs dettes exploser ». Le Medef affirme rester solidaire du mouvement mais, rapporte Pierre Olivier : « Ce qui amènera la division, ce n’est pas notre syndicat, mais les milliers de salariés du privé qui ne seront pas payés à la fin du mois. » L’envoyé spécial conclut : « Reste à savoir si les collectifs prendront en compte cette situation, sans quoi l’unité de la mobilisation pourrait commencer à se morceler. »
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