Twitter, outil de liaison en lycée professionnel

Laurence Juin est professeure de français, histoire et géographie à La Rochelle. Depuis 2009, elle utilise Twitter avec ses élèves en partageant ses réflexions et analyses sur son blog.

Laurence, tu t’es lancée il y a 4 ans dans l’utilisation de Twitter avec tes élèves. Résolument « au lieu de bloquer, éduquons » mais avec une prudence de chat. Cette attitude a-t- elle évité des dérives ou des désillusions ?

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Prudence de mise puisque je n’avais aucune référence pour m’aider, étant la première à utiliser Twitter en classe ! Il s’agissait donc de jalonner pour construire petit à petit ce que j’ai d’abord nommé « expérimentation ». Ça ne s’éloigne finalement pas de ce que je fais chaque jour en classe : je balise mes préparations pédagogiques. C’est le cas quand j’organise une sortie scolaire ou quand je fais étudier un texte ! Continuer la lecture

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Numérique : un pilotage vertical est-il encore efficace ?

Le ministre a présenté un point d’étape sur la stratégie pour développer le numérique. Les annonces de décembre ont été mises en chantier (mise à disposition de ressources, service d’accompagnement en ligne pour les élèves en difficulté, e-formation des enseignants du premier degré…). Ces dispositifs sont susceptibles d’engager enfin la dynamique attendue depuis longtemps, mais encore une fois, la question du pilotage et de l’accompagnement reste posée. Continuer la lecture

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Twitter à l’heure des maths

Guillaume Caron, professeur de mathématiques en collège, a lancé le projet #geometwitt pour travailler sur la construction de figures géométriques.

Initié par des enseignants de français et des professeurs d’école pour travailler sur la lecture et surtout l’écriture, l’usage de Twitter est aussi un outil en classe de mathématiques.
L’une des difficultés de l’enseignement de la géométrie à l’école et au collège est de faire admettre la nécessité d’un langage précis. Échanger des programmes de construction avec des élèves d’autres classes permet d’éviter que cette exigence soit ressentie comme arbitraire.

Qu’apporte Twitter à cet exercice ? N’est-ce pas rajouter une difficulté ?

Je ne pense pas que ça puisse être une difficulté.
Certes, il y a un temps d’appropriation de l’outil. Mais il est court et permet de travailler l’éducation aux médias en impliquant les
élèves dans la création du compte classe et la rédaction d’une charte d’utilisation. À partir de là, Twitter devient un vrai plus. Le langage et le vocabulaire mathématique a un caractère synthétique dont les élèves ne comprennent pas toujours l’intérêt dans la mesure où ils communiquent peu sur le sujet. Leur seul « public » est constitué de l’enseignant et des autres élèves de la classe. Dans ce contexte, l’effort de précision et de synthèse n’est bien souvent pas fait, dans la mesure où il peut être facilement contourné. La limitation à 140 caractères par message doit inciter les élèves à utiliser les codes et les mots appropriés pour entrer dans une description mathématique et pas seulement perceptive. L’écriture, en utilisant les codes mathématiques, est plus courte et permet d’enchaîner sur d’autres éléments de la figure à construire. Il y a donc un réel intérêt pour l’élève à connaître ses mots et codes et à en maîtriser la signification. Cet apprentissage qui a globalement du mal à s’ancrer dans la durée est, grâce à l’outil Twitter, mis en œuvre de manière active et par nécessité. Il est également évident que l’utilisation de Twitter est une source de motivation pour entrer dans une démarche mathématique. Il semble important pour les élèves de varier les supports de travail.

Le projet a impliqué des classes de collège et des classes de primaire.
Quelle incidence a eu la gestion différente du temps sur son déroulement ?

On voit assez vite qu’en collège, le travail doit s’adapter au temps alors qu’en primaire le temps peut plus facilement s’adapter au travail, et par voie de conséquence aux besoins d’apprentissages des élèves. Pour reprendre une phrase d’une de mes élèves de collège « pour pouvoir mieux travailler à distance, il faudrait changer les emplois du temps ». Il est clair que le découpage en 55 minutes avec des cours disséminés durant la semaine peut être un frein aux échanges souvent très stimulants.
Difficile de devoir quitter la classe lorsque la sonnerie retentit, quand vous êtes en plein échange de tweets avec une autre classe ! On y perd un peu en spontanéité, le temps de remise en route n’est jamais négligeable et un échange complet de figure peut rapidement s’étaler sur deux semaines. Nous avons vraiment besoin d’une souplesse dans l’organisation du temps, c’est valable aussi pour de nombreux autres projets.

Twitter est-il un facilitateur pour le travail en équipe ?

Pour les élèves, je dirais que les projets, quels qu’ils soient, sont un excellent catalyseur pour le travail en équipe. À partir du moment où le chemin n’est pas tout tracé par des processus automatisés, les échanges se justifient pleinement et sont stimulants.
Dans le cas de Twitter, les élèves doivent aboutir et donc finaliser un travail compréhensible pour leurs correspondants. Ils ressentent alors le besoin d’échanger en amont pour affiner leurs programmes de construction ou apporter des réponses aux interrogations reçues.

Pour en savoir plus :
- Le site du projet : scribd.com/doc/104073803-
- le blog : geometwitt.wordpress.com/
- le blog de Guillaume Caron : guillaume.caron.over-blog.com/

Sgen-CFDT – Profession Éducation n° 219, avril/mai 2013
Propos recueillis par Guillaume Touzé

 

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Michèle Drechsler : le solstice du numérique

Michèle Drechsler est actuellement IEN conseillère Tice au rectorat d’Orléans.
Elle est à l’origine de nombreux projets innovants.

Michèle Drechsler, sans Facebook, nous ne nous serions jamais connues.D’où est venu votre intérêt pour le numérique à l’école ?

L’intérêt m’est venu en 1984. Je venais d’acheter un ordinateur et très vite j’ai compris tout l’intérêt qu’il pouvait avoir au service des apprentissages : mieux penser, mieux réfléchir. Le Plan IPT (Informatique pour tous) de 1985 a renforcé mes convictions, notamment pour tout ce qui touchait aux activités de programmation.
L’arrivée d’internet a été aussi capitale pour moi. J’ai pu mettre en œuvre des modalités de formations et d’apprentissage en ligne pour les enseignants. Et en 2009, j’ai fait une thèse intitulée « Les pratiques du social book- marking pour l’éducation  : affordances sémantiques et formatrices ». Enfin, entre 2009 et 2012, j’ai mis en place des formations hybrides (en présentiel et e-learning).

Vous êtes aujourd’hui Conseillère IEN TICE au Rectorat d’Orléans. Quel a été votre cheminement professionnel ?

De 1982 à 1998, j’étais Professeure des écoles et directrice en Moselle. J’avais des ordinateurs au pied du poêle à bois au début de ma carrière !
J’ai travaillé en robotique avec les élèves, avec des interfaces qui pilotaient notamment des feux tricolores. De 1998 à 2001, j’étais formatrice au centre transfrontalier de l’Inspection académique de la Moselle, chargée de développer des formations binationales et de mettre en place des projets d’échanges et de partenariat avec la Sarre et la Rhénanie-Palatinat. J’ai tout naturellement intégré les outils numériques pour l’apprentissage de la langue du voisin et pour les projets transfrontaliers. En 2001, je suis devenue IEN. La production et la diffusion des ressources étaient inscrites dans le projet de circonscription et j’ai commencé à expérimenter un ENT (Espace numérique de travail) libre, « iconito » en 2005. J’ai développé un module de l’ENT, visant le partage et la capitalisation des ressources numériques reposant sur l’indexation sociale. De 2009 à 2012, dans l’Indre, j’ai développé de nombreux dispositifs de formations hybrides en ligne au primaire (plus de 500 heures de parcours). Je suis IEN conseillère TICE premier degré au rectorat de l’académie d’Orléans-Tours depuis le 1er septembre 2012.

Quelles sont aujourd’hui vos missions au Rectorat d’Orléans ?

Je suis chargée de la conduite et du suivi de la politique académique des Tice pour le premier degré pour l’académie Orléans-Tours. Je coordonne les six IEN-Tice. Les missions s’articulent autour de différents axes : développer les usages du numérique. Spécialisée dans le domaine de l’ingénierie de la formation continue à distance, je suis également chargée de développer la FOAD (formation ouverte et à distance) au primaire.

Pour Vincent Peillon, le numérique est un changement de civilisation. Pour vous, pourquoi le numérique doit-il entrer massivement dans les classes ?

Le numérique, qui nous invite à revisiter les pratiques pédagogiques avec l’arrivée de tous ces instruments à haute valeur cognitive, nous aide à mieux comprendre comment on apprend.
L’enseignant ne dispose plus seul du savoir. Il doit devenir chef d’orchestre, scénariste, en composant avec toutes les potentialités apportées par le numérique (interactivité, multimédias,accès aux ressources…) pour créer des situations d’apprentissage. Les interactions entre pairs peuvent être renforcées. Le numérique facilite le développement des environnements personnels d’apprentissage des élèves. Une occasion inespérée de mettre en œuvre une pédagogie active et
différenciée ! Les enfants sont acteurs de leurs apprentissages et ils peuvent apprendre en ligne dans de nouveaux espaces-temps à l’école et en dehors des murs de la classe.

 

Pour les municipalités et les enseignants qui voudraient se lancer vite dans le numérique, quels équipements conseilleriez-vous ?

Les ordinateurs doivent être dans les classes. On ne peut plus perdre de temps en déplacements pour aller dans une salle dédiée. Les classes mobiles, les tablettes, permettent les usages en direct. Un TNI par classe également. Il faut éviter les ENT « usines à gaz ». Ils doivent répondre à des besoins concrets.

Quelle serait votre conclusion ?

La formation des enseignants est primordiale. Elle doit être interactive, hybride, motivante pour lever les freins. La meilleure des formations c’est quand on la vit, quand on utilise les outils, les ressources.
Mon objectif est que nous construisions ensemble le numérique de demain. Avec en tête, la pédagogie ! C’est le maître-mot du numérique.

Propos recueillis par Isabelle Lacaton

 

Pour en savoir plus :
- Parcours professionnel : michele-drechsler.com
- Thèse « Les pratiques du socialbookmarking dans le domaine de l’éducation : affordances sémantiques, socio-cognitives et formatives »

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Innovation pédagogique à l’école maternelle

Caroline Coudé-Gouiffès, enseignante innovante, nous présente l’utilisation des outils numériques dans sa classe de toute petite et petite section de maternelle : article paru dans Profession Éducation, le mensuel du Sgen-CFDT, n° 218 (février-mars 2013) et en ligne ici.

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Numérique et pédagogie : quels enjeux ? quels usages ?

C’était le thème des rencontres numériques 2013 du Sgen-CFDT de Lille, le 21 mars dernier. Sarton292ix heures pour tenter de faire le tour des relations entre le numérique et la pédagogie, c’est un pari risqué ! il n’a pas fait peur aux 45 enseignants d’écoles, de collèges, de lycées et du supérieur qui ont participé au stage syndical du 21 mars au lycée G.Berger à Lille… Le compte-rendu de cette journée sur le site du Sgen-CFDT Nord Pas-de-Calais, ici.

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Échos d’une rencontre à l’IUFM de Nantes

Le mercredi 28 novembre 2012, le Sgen-CFDT des Pays de Loire (Loire Atlantique) a proposé à l’IUFM de Nantes une Réunion d’Information Syndicale 1er degré sur le thème « Le numérique : quels usages, quels enjeux ? »

 

Cette rencontre a été l’occasion de nombreux échanges entre les participants autour de la présentation des outils numériques actuellement sur le marché.

Si, dans le passé, les diapositives étaient souvent utilisées en classe, nous avons, aujourd’hui, peu de moyens de visualisation collective. Les enfants sont peu face à des projections. Les vidéoprojecteurs, quand ils existent, sont trop souvent dans des utilisations « récréatives » et peu dans la continuité éducative.

Il y a cependant un effort des municipalités dans l’équipement des écoles en nouvelles technologies. Outre les ordinateurs de fond de classe et les salles informatiques que l’on retrouve dans de nombreuses écoles ;

De nouveaux outils sont proposés :

  • Le tableau blanc interactif (TBI), ou tableau numérique interactif (TNI), nommé aussi parfois tableau pédagogique interactif (TPI), est un système de vidéoprojection numérique qui vise à remplacer le tableau avec craie ou crayon effaçable en lui ajoutant parfois des haut-parleurs ; ça permet, par exemple, d’utiliser des exercices tapés rapidement chez soi au lieu de préparer un tableau à craie ou des étiquettes papier, de garder une trace de ce qui va être fait par les élèves puis de revenir sur l’activité, de scanner des pages d’exercices, d’avoir des échanges avec une autre classe en visioconférence (en langues par exemple).
  • La tablette tactile: ordinateur mobile multimédia ayant un écran tactile. Elle est moins coûteuse et moins fragile que le portable. Très adapté à la présence d’élèves allophones dans les classes, elle facilite l’écriture de texte et le partage de travail , l’enregistrement d’élèves (poésies, articles de journaux).Elle permet la Lecture de romans , l’utilisation d’exerciseurs : comme sur un manuel, on peut travailler sur des exos, des tests. L’enseignant n’a pas besoin d’aller voir sur chaque tablette : il peut aller sur un serveur avec un code d’accès. Elle est aussi très adaptée en maternelle (puzzles, reconnaissances de lettres, tan-gram, …).
  • La baladodiffusion : moyen de diffusion de fichiers qui permet aux utilisateurs l’écoute ou le téléchargement automatique pour les baladeurs numériques en vue d’une écoute immédiate ou ultérieure. Ça permet de faire travailler les élèves en autonomie, de les enregistrer. Un même fichier peut simultanément être enregistré sur plusieurs baladeurs numériques avec un pupitre de récupération / transfert / synchronisation de données.

De nouveaux usages se développent :

  • L’ ENT (espace numérique de travail ou environnement numérique de travail) : plateforme de travail collaboratif respectant un cahier des charges réalisé par le ministère de l’Éducation Nationale. C’est une nébuleuse qui va proposer un certain nombre de services à un public restreint ; ça peut permettre la circulation d’informations au sein d’un établissement, avec des modalités d’accès (enseignants, élèves, parents, …). Exemple : « ETNA » avec la vue « mérier » ou « E-lyco » pour les lycées et collèges.
  • L’utilisation de livres interactifs avec des logiciels permettant de générer des livres, narratifs ou documentaires avec version oralisée, consultables aussi depuis un site d’école.

Les enjeux, pour le SGEN-CFDT : des outils pour progresser, pour innover

Les outils numériques doivent être mis au service de la réduction des inégalités. De nombreux logiciels permettent une individualisation du travail des élèves; Les ressources de la toile élargissent l’horizon et offrent une multitude de support dans de nombreux domaines. Le numérique permet aussi d’expérimenter de nouvelles formes de contrat de travail avec les élèves, de sortir du modèle traditionnel de la classe. Il doit favoriser le travail collaboratif en donnant la possibilité aux élèves comme au enseignants de mutualiser leurs expériences. Pour autant, il y a des risques à dépasser, des limites à mesurer comme la dépendance aux supports informatiques, aux réseaux sociaux, le privilège qui pourrait être donné au virtuel au dépens de la manipulation (activités scientifiques).
Enfin, l’école publique doit garantir en matière de supports et de ressources numériques un égal accès à tous.

Thierry Montfort

 

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L’École numérique, enfin ?

 

Le Sgen-CFDT a assisté, le 1er décembre 2012, au théâtre de la Gaité Lyrique, à la présentation de la stratégie pour le numérique à l’école par Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale, et Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, de l’innovation et de l’économie numérique.

Le discours de Vincent Peillon était précédé par celui de Fleur Pellerin, ministre chargée de l’économie numérique, et pour chauffer la salle, d’une table ronde avec trois collectivités territoriales, deux entrepreneurs et… une enseignante.
Fleur Pellerin a bien tenté de replacer les annonces du jour dans le cadre inter-ministériel et fait sourire en « félicitant » Vincent Peillon pour la qualité de son plan, c’est le discours du ministre de l’Éducation nationale qui était attendu.

L’École dans L’ère numérique

Plus que l’ensemble des mesures (on n’échappe pas aux gadgets), c’est la tonalité du discours qui change. Il n’est plus question de technologies qu’il faudrait utiliser bon gré mal gré dans le le monde scolaire, la volonté affichée est de « faire entrer l’École dans l’ère numérique ». Même si quelques traces de la défiance restent bien présentes, « il ne s’agit pas de céder à une quelconque illusion techniciste ».

La question de la maintenance et de l’équipement n’est plus éludée. La loi d’orientation va fixer le rôle des collectivités territoriales et Vincent Peillon s’engage à ce que l’État les accompagne,(via la caisse des dépôts et les fonds européens) et garantisse l’égalité des territoires. Une clarification devenue indispensable !

Formation, moyens, et ressources

La formation des personnels est aussi longuement abordée mais les mesures annoncées sont disparates et les moyens nécessaires ne sont pas évoqués. Notons quand même la promesse d’un « campus numérique » et l’appel aux enseignants innovants pour les Espé (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation). Sur la pédagogie et les ressources, cœur du sujet pour l’Éducation nationale, le ministre souffle le chaud et le froid.

Il s’emploie à rassurer les enseignants sur leur rôle, « À l’École, les élèves ne seront pas laissés seuls face aux écrans. Ils n’y seront pas surexposés, mais bien accompagnés en permanence par des enseignants. », et n’oublie pas leurs associations qui œuvrent à l’élaboration de ressources partagées. Mais seulement après avoir rassuré les éditeurs scolaires et autres « geonpis » sur l’importance d’une « filière dédiée au numérique éducatif ».
Quant à sa vision du changement que le numérique va imposer à la pédagogie, certes moins naïve que celle de Jean-Michel Fourgous, elle reste ignorante des rap- ports que l’institution entre- tient avec les enseignants.

Guillaume Touzé


Les revendications du Sgen-CFDT au regard du plan ministériel

A l’occasion du débat sur la refondation de l’ Ecole, le Sgen- CFDT avait pu présenter son analyse et ses propositions pour le numérique.

Il s’agit d’abord de former les personnels aux usages du numérique collaboratif.
L’auto-formation, la coformation via les réseaux ou la formation à distance doivent être reconnues dans le temps de travail.
La mise à disposition de ressources didactiques et pédagogiques doit être rendue possible via des platesformes dont le contenu pourrait être validé par les pairs.

Les obstacles techniques doivent être levés en s’appuyant sur le dialogue social.
Le choix des équipements issus des collectivités territoriales doit revenir aux acteurs, après réflexion et concertation sur les usages et les besoins exprimés par les conseils d’écoles ou conseils pédagogiques.
La répartition des équipements doit également faire l’objet d’une concertation appro- fondie en comité technique. La priorité doit être donnée à la mise en réseau et l’accès libre à un débit rapide et performant.
L’État employeur doit au minimum assurer l’accès individuel à l’équipement des personnels ainsi que l’accès aux réseaux internet. La maintenance qui relève des collectivités territoriales, doit être assurée par des personnels qualifiés et reconnus. Cela permettra enfin de libérer les « enseignants-ressources » des problèmes techniques pour en faire des ingénieurs du développement du travail collaboratif pour les enseignants et pour les élèves.
Les espaces numériques de travail doivent répondre à un cahier des charges élaboré et validé par un dialogue approfondi avec les acteurs et les usagers. Leur ergonomie doit faciliter la saisie, permettre les modifications liées aux organisations pédagogiques décidées dans les écoles et les établissements.
L’émergence des outils numériques mobiles (tablettes…) permet de proposer des activités variées, individuelles ou collectives de découverte, d’expérimentation, d’appropriation, d’évaluation, de remédiation. Ils permettent d’envisager les architectures et des organisations plus souples avec des emplois du temps et des regroupements qui varient selon les situations pédagogiques.

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Twitter n’est pas jouer

capture d'écran7Témoignage d’Aurélie , enseignante dans une école de Haute-Savoie.
Elle twitte avec ses élèves de CM2, d’origines très diverses,
dont certains hébergés dans un centre de demandeurs d’asile.

Cette année, tu as décidé de te lancer dans une twittclasse. Qu’apporte Twitter à ton fonctionnement de classe ?

Je suis dans mon école « référente informatique », terme qui ne rime pas à grand chose, mis à part que j’ai suivi un stage l’an dernier pour remettre en service le site internet de l’école.
L’intérêt que les élèves ont porté à ce support m’a fait réfléchir au sujet de mes pratiques de l’écrit en classe. En effet, ils étaient très motivés d’écrire pour être lus. Sauf que nous ne sommes pas vraiment lus ! Les élèves et moi même avons été déçu de ce constat.
Dans le but de modifier leur approche de l’écrit, il m’a semblé que Twitter pouvait être un moyen plus efficace car plus interactif et réactif.
Ce travail porte d’abord sur les écrits courts pour mener à des écrits plus longs, ainsi que des interactions dans la classe, et pas seulement d’enseignant à élève.
Le fait que je suivais sur Tw i t t e r  d e s  s t r u c t u r e s comme e.l@b et l’Adep m’a poussé un peu.

Les apports de Twitter pour les élèves sont considérables :
Ils changent leur vision de l’écrit, lui trouvent un but et un attrait. Ceux qui sont mal à l’aise avec l’écrit, et ont peur d’être jugés pour le nombre de leurs fautes n’ont plus cette appréhension. Ils ont envie de communiquer, et son encore étonnés aujourd’hui que des classes les lisent et qu’il y ait des interactions avec d’autres (classes, élèves ou adultes).
Mon fonctionnement de classe s’en trouve changé, car il faut repenser les productions et parfois être réactifs face à une question posée, ou une recherche à effectuer qui n’était pas
prévue.
Je suis parfois obligée d’emporter mon matériel personnel et un ordinateur est insuffisant pour toute la classe.
Nous ne produisons pas autant que les élèves le voudraient !

Le numérique en classe, cela demande beaucoup d’énergie, est-ce encore une affaire de pionniers ?

Ce qui m’a demandé le plus d’énergie pour le moment, a été d’expliquer ma démarche et de me justifier pour prouver ma bonne foi à la hiérarchie.
Je craignais de devoir en dépenser beaucoup à convaincre les parents réticents, mais je n’ai pas eu besoin. Les seules familles sceptiques ont été convaincues par mon argumentation et mes justifications avec vidéoprojecteur en direct sur Twitter. Elles se sont rendues compte de ce que le projet pouvait apporter à leurs enfants, et de la
richesse des échanges proposés.
Ma grande surprise a été d’être défendue en conseil d’école par des parents d’élèves étrangers à ma classe. Ceux ci voyaient le bien-fondé de ma démarche, et cela fait plaisir !
Une affaire de pionniers ? Peut être, quand je vois les échanges que nous avons sur Twitter en tant qu’éducateurs, et quand je constate les réactions de mes collègues !
Certaines ne voudraient pas que Twitter entre dans le projet d’école, de peur qu’on
leur demande de l’utiliser aussi dans leur classe !
Je pense que la peur et l’inconnu rendent frileux, et le manque de formation des enseignants aux TICE ne favorise pas de telles envies  Je fais parfois figure d’extraterrestre !
Mais j’assume, et je me dis qu’il faut plus de courage pour essayer de changer les mentalités que pour assumer un projet comme Twitter.

Le projet avait été bloqué par l’inspection académique sous couvert de sécurité. Quelles réponses pédagogique peut-on apporter à cette objection de sécurité ?

 

La rencontre avec le directeur académique des services de l’Éducation nationale), durant laquelle j’ai exposé mon projet pédagogique; réfléchi et complet, a permis de débloquer la situation.
J’ai aussi assuré que je prendrai toutes les mesures de sécurité à ma disposition, mais sans obsession. La Charte qui m’a été imposée, je l’avais déjà réalisée avec les élèves, dès la première semaine de pratique, puisqu’ils ont besoin d’un cadre bien défini pour pouvoir évoluer avec un réseau social.

propos recueillis par Guillaume Touzé
pour Profession Éducation n°216 déc 2012

Le site de Bertrand Formet qui recense toutes les twittclasses francophones dans le monde http://twittclasses.posterous.com

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Rémi Thibert : Le numérique change la pédagogie … à condition de changer la pédagogie !

Rémi Thibert publie un dossier sur le numérique dans le secondaire sur le site du service Veille et Analyses de l’IFE : « Pédagogie + Numérique = Apprentissages 2.0. »

Il en profite pour poser des questions essentielles…

La question essentielle ne concerne pas l’impact des TIC mais plutôt de savoir quelle pédagogie peut profiter efficacement du numérique d’une part, et d’autre part de savoir quelles solutions technologiques peuvent soutenir des apprentissages en constante évolution.

À lire sur son blog…

 

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