Les MOOCs, nouveau graal ?

Le 17 octobre, le BO publiait un avis de la commission générale de terminologie proposant de traduire l’expression anglaise MOOC (massive open online course) par CLOT (cours en ligne ouvert à tous). L’acronyme lui-même résume le retard de l’administration sur le monde pédagogique. Car si de nombreux MOOCs se contentent de copier le modèle hérité de la mise en ligne, par les universités américaines comme le MIT (Massachusetts Institute of Technology), de prises vidéos de leurs cours en amphithéâtre, le modèle qui se développe est bien celui de l’ouverture de l’acquisition de connaissances par le partage et l’échange avec des pairs (collaboration et interactivité).
Bien sûr, l’explosion du nombre de MOOCs n’est pas exempte d’arrières-pensées : beaucoup y voient une occasion de réduire les couts de formation ou un moyen de gagner des parts sur un marché en expansion. Mais le monde de l’entreprise s’y intéresse aussi parce que c’est un outil d’évolution par la formation, une oppor- tunité pour la formation tout au long de la vie.
À vrai dire, des universités comme le MIT avaient depuis un moment ajouté des travaux dirigés, des batteries d’exercices et même des « tests » en ligne à leurs vidéos. Parallèlement, de nombreuses plateformes de formation en ligne se sont développées (les plus connues en France sont Claroline et Moodle). Ce qui change, dans le nouveau mode né de la fusion des deux, c’est donc le rapport entre le cours et ceux qui apprennent. Jean-Marie Gilliot, maitre de conférence à Telecom Bretagne, dit : « Un cours, c’est un événement (massivement connecté et propice à la réflexion collective) ».
La formation professionnelle et l’enseignement supérieur profiteront plus vite de ce mouvement que l’enseignement scolaire, parce qu’il induit par ailleurs un mode d’évaluation et de certification différent, plus proche de la capitalisation des compétences et des connaissances que de l’examen terminal.
Peut-être, surtout que, comme le dit Marcel Lebrun, professeur à l’Université catholique de Louvain : « Plus que d’outils et d’usages, ce sont des mentalités à changer : rapport aux savoirs, aux compétences, aux rôles à jouer…»
Pour compléter, voir le blog de Jean-Marie Gilliot et, sur le blog Forum TIC Education, l’article de Marcel Lebrun, « De qui se mooc-t-on ? ».

(article de Guillaume Touzé publié dans Profession Éducation n° 224)

ET AUSSI…

Plateforme FUN (France Université Numérique)

 

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vient de lancer, en octobre 2013, une plateforme de MOOCs à disposition des établissements français de l’enseignement supérieur et de leurs partenaires académiques. Plus de 20 cours sont déjà accessibles, dont certains aux lycéens.

ItyPA, un mooc pour explorer les moocs ?

ITyPA, « Internet, tout y est pour apprendre », a été lancé à l’automne 2012. Il vient d’entamer sa saison 2. C’est un cours en ligne pour tous qui permet d’explorer et de se former sur les espaces personnels d’apprentissage. La présentation décrit bien les enjeux et le travail exigeant demandé aux participants. Une phase nécessaire d’acculturation pour
tous les enseignants.

Pollen, portail de littératures jeunesse numériques

 

L’édition 2013 du Salon du livre et de la presse jeunesse a créé Pollen, portail qui présente une sélection d’œuvres numériques de qualité à destination des enfants et des adolescents. Des lectures et des navigations ludiques, interactives, instructives… chacun y trouvera son miel.

 

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