La salle de classe n’est pas une cabine de bronzage !

Et bien non ! N’en déplaise aux fervents défenseurs du « temps d’exposition au savoir », la  durée d’enseignement n’est pas une garantie de sa qualité.

Toutes les études le montrent, la France cumule deux spécificités scolaires contradictoires : une durée annuelle d’enseignement excessivement élevée avec 864 heures (774 à 821 en moyenne dans l’OCDE), réparties sur un nombre de jours particulièrement bas avec 144 jours (187 en moyenne dans l’OCDE). Pour ajouter à cette incohérence, nous avons la semaine la plus courte puisque nous sommes dans le seul pays où il n’y a que 4 jours de classe par semaine.

Qu’en résulte-t-il ? Des élèves qui ont « la boule au ventre » en allant à l’école, des élèves en souffrance, des élèves qui décrochent et quittent l’école sans qualification mais aussi des enseignants très (trop) nombreux en état de fatigue professionnelle (mieux connu sous le terme anglo-saxon de burn-out)…

Les enquêtes PISA le montrent, la France pratique de plus en plus la ségrégation et l’exclusion scolaire. Les meilleurs élèves réussissent toujours, mais les plus fragiles sont irrémédiablement tirés vers le bas.

Donc résolument NON ! La salle de classe n’est pas une cabine de bronzage ! Les défenseurs du « temps d’exposition au savoir » se trompent et nuisent aux élèves les plus fragiles, provoquant volontairement « coups de soleil » et « cancer de la peau »… Que diriez-vous à un professionnel mettant délibérément votre avenir en danger ? Dans l’Éducation Nationale, c’est l’avenir de la Nation que certains mettent en danger par leurs revendications disciplinaires et corporatistes.

Pour le Sgen-CFDT, il est urgent de remettre à plat les rythmes scolaires, pas seulement la semaine, mais aussi l’année et le nombre d’heures d’enseignement. Baisser le nombre d’heures annuel d’enseignement, augmenter le nombre de semaines travaillées, diminuer l’amplitude quotidienne, augmenter la durée de la semaine en travaillant sur 9 demi-journées sont les mesures que le ministre de l’Éducation devrait prendre pour le bien des élèves, mais aussi des enseignants.

Toutes ces mesures ne sont pas à prendre dans le même temps, car les conséquences sur la société seront nombreuses et l’Éducation Nationale ne doit pas, en modifiant trop rapidement son fonctionnement, bouleverser la vie des familles. L’accueil des élèves doit être réfléchi entre école et collectivités territoriales car le risque est grand que les familles (et ne nous leurrons pas ce seront majoritairement les mamans) aient à prendre des temps partiels pour garder leur enfant. Cette situation amènerait à une paupérisation des familles les plus fragiles, ce que la CFDT refuse.

La Finlande, dont nous parlons souvent en terme d’Éducation, a réformé son école en plusieurs décennies, il faudra en faire de même en France (en accélérant un peu car il y a urgence à cause des « nonistes » de tous bords). Le Sgen-CFDT appuiera toutes les mesures tendant à une amélioration des condition de travail des personnels et des élèves ainsi que de la qualité de l’enseignement.

En ce sens, le décret sur les rythmes, scolaires, bien qu’il soit imparfait, représente une amélioration de la qualité de l’enseignement, il va donc dans le sens que nous défendons.

Les questions qui se posent autour de ce décret seront à solutionner, mais tout comme Paris ne s’est pas construite en un jour, nous ne révolutionnerons pas l’Éducation Nationale en une rentrée.

Vacances d’été : le Sgen-CFDT réagit aux propos du Ministre

Les déclarations de Vincent Peillon sur la réduction des vacances scolaires d’été ont eu un écho important, preuve s’il en est que la question des rythmes scolaires dépasse de loin les murs de l’école.

Le Sgen-CFDT n’est pas surpris. Ces propos reprennent des déclarations antérieures. Elles ne font que rappeler un débat ouvert depuis longtemps et considéré comme nécessaire par le plus grand nombre. Une réforme des rythmes contribuant réellement à la refondation de l’école ne saurait se limiter à un aménagement des horaires du premier degré.

L’organisation de l’année scolaire concerne l’ensemble du système éducatif, et a de multiples incidences de la vie de nos concitoyens. Pour la seule institution scolaire, ce débat implique, par exemple, de traiter de l’organisation de l’ensemble des examens.

La question qui est posée aujourd’hui, c’est celle d’un débat public large et ouvert pour préparer des décisions, sinon consensuelles, du moins acceptables par tous.

Pour le Sgen-CFDT, il faut que les personnels soient directement partie prenante d’une réflexion qui ne sera pas sans avoir des répercussions importantes sur la pratique de leur métier et sur leurs conditions de travail.

Le ministre a avancé la date de 2015. Cela laisse le temps de l’expression de tous. Le Sgen-CFDT demande que le ministre assume ses propos en se donnant les moyens d’une très large concertation, associant tous les acteurs concernés et pas seulement leurs représentants.

(Communiqué de Presse n° 46 du 25 février 2013)

Rythmes scolaires : personne n’a intérêt au blocage

La réforme des rythmes scolaires pose la question des conditions de travail réelles des enseignants et oblige à les traiter sérieusement – enfin !

Le décret portant réforme des rythmes scolaires dans le premier degré semble permettre de rejouer une pièce à succès de la politique française, celle du ministre réformateur confronté au « corporatisme » des enseignants qui le contestent. Avec un double risque : celui d’assimiler les professeurs aux positions caricaturales de certaines de leurs organisations syndicales, et celui de ne pas comprendre les situations concrètes et les problèmes réels qui en découlent. Insatisfait de la réforme des rythmes proposée par Vincent Peillon, mais refusant également de s’engager dans une contestation sans perspectives, le Sgen-CFDT estime que ce dossier  crucial pour notre école mérite mieux que ce schéma caricatural. Lire la suite

Syndicalisme : corporatisme, immobilisme et autres noms d’oiseaux…

« Syndicats corporatistes, Immobilisme Syndical, Enseignants flemmards, Éducation Nationale irréformable » ?

 

Les réactions dans les journaux  aux différents mouvements qui agitent le landerneau syndical de l’éducation nationale sont révélatrices d’un monde enseignant vu à travers le prisme déformant de certaines organisations  de plus en plus déconnectées de l’ensemble de la population.

 Qu’en dit le SGEN CFDT ?

Oui, le paysage syndical de l’Education est complètement éclaté, à cause d’une histoire syndicale complexe et de la volonté de la majorité des syndicats de se structurer autour non seulement des métiers voire des catégories, mais des niveaux d’enseignement voire  des disciplines enseignées… ce qui aboutit inéluctablement à l’existence d’une multitude de syndicats : sans faire un inventaire à la Prévert, on peut compter les syndicats des professeurs de lycée professionnel, les syndicats de professeur d’école, ceux des personnels de direction, des administratifs, des chefs de travaux… chacun se regroupant dans des fédérations diverses… Ce type de structuration empêche la construction d’une pensée collective et globale sur l’école, ses missions et de celles de ses personnels. Le terme de corporatiste  est donc adapté pour la majeure partie des organisations syndicales. Lire la suite

Yves Fournel et Frédéric Sève parlent de la Refondation de l’École

Le 24 janvier 2013, Yves Fournel, adjoint au Maire de Lyon et Président du Réseau Français des Villes Éducatives, et Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT, ont participé à une journée de réflexion organisée par le Sgen-CFDT de l’Académie de Lyon. La vidéo:


« Refondation de l’Ecole » Yves Fournel et… par Sgen-CFDT_Lyon

À propos du 12 février

Malgré les mots d’ordre divergents de Fo…, du Snuipp…, le sens de cette grève sera le refus de la loi d’orientation et du décret rythmes. Le malaise des PE est réel, mais le maintien du statu quo ne fera que l’aggraver.

La loi d’orientation est aussi une loi de programmation.

C’est elle qui fixe l’engagement des créations de postes pour les 5 ans du mandat.

Le Sgen-CFDT ne veut pas y renoncer ! Lire la suite

Agir ensemble pour les Centres d’Information et d’Orientation

Le Sgen-CFDT ne s’associera pas à la journée d’action du 8 février « contre le transfert des CIO et la décentralisation déguisée des personnels », parce que nous considérons que le risque le plus grand n’est pas celui du transfert des CIO aux régions mais celui de la disparition des CIO, de la partition du métier, et à terme celui de la disparition des COP.

Lire la lettre ouverte du Sgen-CFDT au SNES-FSU