L’inconscience des notes chiffrées

 « Dieu a dit : il y aura des hommes blancs, il y aura des hommes noirs, il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux et il y aura des hommes moches, et tous seront égaux ; mais ça sera pas facile… Et puis il a ajouté : il y en aura même qui seront noirs, petits et moches et pour eux, ce sera très dur ! »

Coluche dans Le blouson noir

   On connaissait déjà la constante macabre ou comment tout enseignant a tendance à diviser sa classe en trois groupes de bons, moyens et mauvais. Un phénomène qui se rapproche tristement de l’expérience des rats nageurs où l’on a constaté qu’un groupe de dominants enfermés ensemble instaurera rapidement une séparation entre dominants, dominés et solitaires (de même pour les dominés ou les solitaires d’une expérience précédente).

   On connaissait aussi l’arbitraire et la subjectivité totale des notes puisque des nombreuses études de docimologie ont établi que la même copie corrigée à un moment différent d’un ensemble ou par un correcteur différent peut recevoir une note variable sur la totalité de notre sacro-sainte échelle de 0 à 20.

   On découvre (ou on fait mine de découvrir) maintenant qu’il vaut mieux être une fille de bonne famille qu’un garçon de CSP- pour obtenir de bonnes notes. C’est l’enseignement (si j’ose dire) qui ressort d’une étude détaillée de l’OCDE sur les résultats des enquêtes PISA de 2009 : « Ainsi, de façon plus préoccupante, l’enquête PISA a montré que les établissements d’enseignement et les enseignants récompensent de façon systématique certaines caractéristiques des élèves sans aucun rapport avec l’apprentissage. Par exemple, après contrôle du niveau de compétence des élèves en compréhension de l’écrit, des habitudes d’apprentissage et des attitudes envers l’école et l’apprentissage, il apparaît que dans tous les pays et économies, les filles et les élèves issus d’un milieu socio-économique favorisé obtiennent de meilleures notes que leurs camarades. »

   L’évaluation ne devrait pas graver dans le marbre le succès ou l’échec de tel ou telle à un moment donné.

  L’évaluation utile des élèves est l’évaluation formative, formative parce qu’elle doit servir à mesurer les progrès autant que les procédés d’apprentissage. Pour être utile à tous (élève, professeur, famille), l’évaluation ne peut se satisfaire d’une note dont le poids symbolique, pour la plupart, écrase tout commentaire ou accompagnement visant à l’expliciter. L’évaluation doit contribuer à l’évolution positive de la formation des élèves si l’on accepte de ne pas se laisser guider par un déterminisme qui voudrait qu’on soit mauvais ou bon pour toujours.

   L’évaluation doit aussi sortir de son double individualisme : un enseignant seul évalue un élève seul : la (re)connaissance partagée des objectifs, quelle que soit la forme de celle-ci, est essentielle à la mise en place d’outils, de stratégies efficaces permettant un parcours de progrès visant à la réussite de tous. Ce doit être un travail collectif de l’équipe pédagogique, ce doit être un travail collectif de la classe, élèves et enseignants ensemble.

Allèger les programmes en Histoire Géographie, c’est prendre le problème par le petit bout de la lorgnette

Une pétition vient d’être lancée pour réclamer l’allègement des programmes d’Histoire Géographie en terminale et et troisième, car ce sont des classes d’examen….

Oui , le SGEN CFDT déplore la lourdeur des programmes – et pas seulement en Histoire Géographie- lourdeur aggravée par des modalités d’examen qui font de l’épreuve terminale sur table l’alpha et l’oméga du diplôme, et conduisent les enseignants à « bachoter » tout au long de l’année de 3ème ou de terminale.

Oui le SGEN CFDT attend du futur CSP qu’il se penche sur la définition des programmes. En particulierpour l’école obligatoire, il doit les définir  dans une logique d’articulation avec le socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

La question des programmes ne peut plus se traiter d’un point de vue simplement quantitatif (quelle partie / quelle thème supprimer dans tel programme) mais doit impérativement se travailler sous l’angle qualitatif: quelles notions, quelles compétences sont fondamentales dans un continuum collège lycée…pour permettre les poursuites d’étude et former le citoyen de demain.

La question des examens ne peut pas se résoudre par un simple allègement du programme et des épreuves de l’année terminale en Histoire Géographie : On ne pourra pas éviter , si l’on veut vraiment refonder l’école , se poser la question de la certification finale, tant pour l’examen hétéroclite du DNB que pour le monument historique qu’est devenu le Baccalauréat.

Sur ces deux points qui sont fondamentaux pour le Sgen-CFDT, nous savons que nos positions sont radicalement différentes de celles du SNES, de la CGT, de SUD et du SNACL….  et que ces oppositions se retrouveront inchangées dès le mois de juin, lorsque nous travailleront avec la DGESCO sur l’écriture des décrets règlementaires de la loi sur l’école…. alors oui, nous ne nous sommes pas associés à une pétition qui vise finalement à demander des allègements …. pour qu’au final rien ne change dans l’école …

Résultats au bac, indice de valeur des lycées : tout ça pour quoi ?

Le Ministère de l’Éducation Nationale a publié les chiffres des résultats aux bacs. Ceux-ci marquent une légère baisse due uniquement à la chute en pourcentage (mais pas en nombre de bacheliers) des résultats en bac pro. Parallèlement l’administration a également publié les indicateurs de valeur ajoutée des lycées (IVAL) en prenant soin de préciser que « l’efficacité d’un lycée ne se mesure pas au taux de réussite au bac ».

Néanmoins, dans la représentation des familles, des élèves et parfois des personnels eux-mêmes, les résultats au bac sont le seul élément permettant de quantifier la « valeur » d’un établissement comme les notes sur une échelle de 0 à 20 sont le seul mètre-étalon de la « valeur » d’un élève. Lire la suite

Parents-Ecole-Territoires : Construire la Confiance

Parents, enseignants, animateurs, élus… ensemble pour un projet éducatif cohérent et efficace pour et avec l’enfant !

Réussite scolaire, lutte contre la violence… impliquent de nouvelles coopérations entre tous les acteurs que sont les parents, les enseignants, les élèves … partenaires sur la base de règles partagées et de respect mutuel.

Dès l’école primaire, des espaces de dialogue, comme les conseils d’élèves, doivent permettre la reconnaissance de l’enfant acteur de ses apprentissages.

Le Sgen-CFDT souligne, dans sa résolution et comme signataire de l’Appel de Bobigny, la nécessaire collaboration des équipes enseignantes et des familles, indispensable à la réussite de chacun.

En effet, malgré les annonces et  injonctions qui se succèdent depuis la loi d’orientation de 1989, l’école peine à s’ouvrir aux familles !

De nombreuses initiatives locales tels colloques, séminaires, expériences et innovations… méritent d’être soulignées !

Au delà, il est indispensable d’inscrire la politique scolaire dans une politique de la Ville ambitieuse et cohérente vers un PEDT (projet éducatif territorial) réussi !