Le Sgen-CFDT lance une alerte sociale concernant les rémunérations et les carrières des professeurs des écoles

Alors que les professeurs d’école (PE) sont recrutés depuis 1990 au même niveau de diplôme que les professeurs certifiés, leur niveau de rémunération est inférieur.

Comme le montrent le bilan social 2011-2012 du ministère de l’Éducation nationale et le rapport de la Cour des comptes de mai 2013, l’inégalité se traduit par :

– l’indice moyen de rémunération des professeurs certifiés qui varie de 575 à 523 pour les PE, soit un écart de 240 € brut par mois en défaveur des PE,

– un écart de rémunération qui se creuse au cours de la carrière : le traitement d’un professeur des écoles est de 2 135 € au bout de 15 ans d’ancienneté contre 2 473 € pour les certifiés. A 30 ans d’ancienneté, il s’élève respectivement à 2 438 € et 3 128 €. Le différentiel passe donc de 15,8 % à 28,3 %,

– l’indemnité de suivi (ISAE), versée pour la première fois en décembre 2013, s’élève à 400 € par an pour les professeurs des écoles alors que l’ISOE varie de 1 200 € à 2 600 € pour les enseignants du second degré selon la part variable allouée,

– le taux d’accès à la hors classe qui n’atteindra que 4,5 % des promouvables en 2015 alors qu’il est de 7 % pour les certifiés.

Enfin, les PE ne peuvent faire valoir leur droit au départ en retraite en cours d’année scolaire, contrairement aux autres agents de la Fonction publique.

Le Sgen-CFDT exige un engagement clair du ministère de l’Éducation nationale sur le calendrier de rattrapage, tant pour l’ISAE que pour l’accès à la hors classe, et l’alignement des PE sur le droit commun pour le départ à la retraite. Le Sgen-CFDT attend l’ouverture des négociations.

Communiqué de presse n° 32 du 21 janvier 2014.

Pour aller plus loin : quelques données chiffrées

Vidéo : Frédéric Sève présente les revendications du Sgen-CFDT

Pour signer la pétition du Sgen-CFDT « À métier identique, rémunérations et carrières identiques » : Avec le Sgen-CFDT, j’exige : – un calendrier pour l’alignement de l’ISAE sur l’ISOE ; – un calendrier pour l’alignement du taux d’accès à la hors classe des professeurs des écoles sur celui des professeurs certifiés ; – la possibilité de partir à la retraite à la date d’ouverture des droits comme pour les autres agents de la fonction publique.

À métier identique, rémunération et carrière identiques. Quelques données chiffrées.

Les disparités qui pénalisent les professeurs des écoles

La création du corps de professeurs des écoles, en 1990, répondait à l’exigence du recrutement et de la carrière identique entre enseignants des 1er et 2nd degrés. Seul le Sgen-CFDT s’était alors prononcé en faveur d’une mesure plus ambitieuse : la création d’un corps unique incluant tous les enseignants, seule capable de garantir une véritable égalité. Lire la suite

CPGE : le Sgen-CFDT joue cartes sur table !

Dans ce qui devait être une vaste négociation sur les métiers et missions des personnels de l’Éducation Nationale (car il n’y a pas que des enseignants dans la grande maison), le thème des CPGE a pris une place prépondérante (comme celui des rythmes dans le premier degré lors de la concertation de l’été 2012) : syndicats agitant les chiffons rouges (quelle autre couleur sinon?), associations disciplinaires ou corporatistes pouvant enfin justifier de leur existence, médias tout heureux de pouvoir garder encore un peu au chaud les marronniers (et non les marrons glacés) de Noël…

La première salve de négociations étalée sur deux semaines a été l’occasion d’un feu d’artifice spectaculaire de propos méprisants, réducteurs ou caricaturaux. Le Ministre ayant décidé de suspendre les hostilités (qu’on ne se le cache pas, s’il n’y a aucune décision prise pour le secondaire, hormis la pondération en éducation prioritaire – encore heureux! – c’est bien grâce à « l’agit-prop » de collègues qu’on aimerait voir plus souvent aussi motivés et déterminés), c’est l’occasion pour le Sgen-CFDT de jouer cartes sur table sur le sujet des CPGE en rappelant clairement et fièrement ses positions, déjà exposées dans ses différentes communications pendant les négociations.

Ainsi, le Sgen-CFDT s’est clairement exprimé sur la question du salaire des enseignants de CPGE : « Le projet ministériel imposerait aux collègues des classes préparatoires une augmentation de leurs ORS sans compensation : une mesure sèche que le Sgen-CFDT ne peut accepter en l’état. »

Le Sgen-CFDT ne se voile pas la face sur les inégalités de traitement (dans tous les sens du terme) entre enseignants de CPGE : « le fonctionnement du système de rétribution génère des inégalités à l’intérieur même des CPGE, notamment dans la répartition des heures supplémentaires. De même la variation des pondérations et du taux des heures de « colle », la cooptation pour constituer les équipes de colles, renforcent les inégalités de fait entre enseignants. L’opacité qui recouvre parfois l’ensemble de ce système dissimule des hiérarchies implicites qui ne sont guère acceptables« .

Le Sgen-CFDT sait autant que les autres que les enseignants de CPGE assument une charge de travail importante, notamment en raison d’effectifs qui peuvent être très élevés : « L’évolution des ORS et des missions des professeurs de CPGE doit intégrer des mesures de bornage des effectifs des classes pour limiter la charge de travail. ».

Le Sgen-CFDT revendique d’être réformiste, de préférer le dialogue social à la facilité : « C’est pourquoi le Sgen-CFDT, seul encore une fois lors du groupe de travail du 2 décembre, a demandé l’ouverture d’un groupe de travail sur les classes préparatoires pour aborder ces questions de fond. Cette revendication reste plus que jamais d’actualité ».

Au-delà de ces questions qui relèvent des conditions de travail et des rémunérations, d’autres questions plus larges se posent qui appellent elles aussi des réponses claires.

– À la question de savoir si le Sgen-CFDT est favorable à la réduction de salaire des enseignants de CPGE, la réponse est NON. En tant que syndicat, nous ne pouvons l’accepter. En tant que syndicat toujours, nous ne pouvons pas non plus accepter les inégalités au sein d’un même corps, d’un même lieu d’exercice et/ou à conditions d’exercice différentes mais légitimement difficiles.

– À la question de savoir si le Sgen-CFDT est favorable à la disparition des CPGE, la réponse est NON.

– À la question de savoir si le Sgen-CFDT souhaite le renforcement des liens avec l’enseignement supérieur, la réponse est OUI.

– À la question de savoir si le Sgen-CFDT est favorable à la disparition des élites en France, la réponse est NON.

– À la question, non posée, de savoir si le Sgen est favorable au maintien de la reproduction sociale des élites, la réponse est NON également.