Désintox de la semaine : Socle commun, contractuels, règle du butoir, halte à l’enfumage !

dessin désintox« Il est impossible de faire entendre raison à ceux qui ont adopté une façon de penser conforme à leur intérêt. »

Clément XIV

Dans une récente publication à l’intention des collègues sur le socle commun et sur la règle du butoir, le Snes dénonce des prises de position et des votes en CSE et au CTM contraires aux intérêts des collègues de la part du Sgen-CFDT.

Nous passerons brièvement sur la propension du Snes à s’estimer seul dépositaire des intérêts des collègues. Faisons un arrêt sur image néanmoins. Le Snes est donc seul dépositaire et porte-parole de l’intérêt des collègues. Il convient donc de préciser que le Snes ne co-gère la carrière ralentie et peu rémunératrice et la rédaction des programmes lourds et infaisables que pour les certifiés, agrégés et CPE.

Pour les intérêts des PLP, personnels de direction, infirmières, assistantes sociales, administratifs, universitaires, instituteurs et professeurs des écoles, bibliothécaires, ouvriers et administratifs des CROUS, animateurs des CREPS, enseignants et non enseignants de l’enseignement agricole, chercheurs, contractuels de la recherche, on repassera.

Et puis comme l’on fait dire aux chiffres ce que l’on veut, s’il ne faut pas nier et négliger les 40% du Snes chez les certifiés, agrégés et CPE, il ne faut pas s’interdire de dire que la CFDT c’est 14,6% dans la Fonction publique d’Etat, 24,4% dans l’hospitalière, 22,2% dans la territoriale. La CFDT c’est 19,1% chez l’ensemble des salariés de la fonction publique et 26% dans l’ensemble de la population active. Bref, si le Snes et la FSU sont fortement présents dans le second degré, ils sont aussi et surtout fortement absents à peu près partout ailleurs.

Rectifions maintenant les erreurs de calcul et d’appréciation :.

Non, le Sgen-CFDT n’a pas déchiré sa chemise en apprenant l’enterrement du socle de 2005. Non, le Sgen-CFDT n’a pas manifesté d’opposition violente et résolue à la proposition de socle 2014. Oui, le Sgen-CFDT a apprécié le passage de 7 piliers à 5 domaines. Oui, le Sgen-CFDT a salué la recherche d’une certaine transversalité. Oui, le Sgen-CFDT estime que le socle 2014 n’est pas suffisamment opérationnel et surtout pas assez lisible et compréhensible par les enseignants, les élèves et leurs familles. Sa lisibilité est une des clés de sa réussite.

OUI, la CFDT a  signé le protocole d’accord qui a enclenché la loi Sauvadet, rendant possible la titularisation des contractuels, alors que la FSU à refusé de le faire … qui s’engage véritablement pour les contractuels?

NON le Snes n’a pas voté pour les décrets d’application de la Loi Sauvadet ayant permis des CDIsations et l’ouverture des concours réservés.

NON, le Sgen-CFDT n’a pas voté contre le maintien de la prime de titularisation pour les lauréats du concours réservé.

Non, le Sgen-CFDT n’a pas voté pour la neutralisation de l’année de stage pour le reclassement des lauréats du concours réservé.

Oui, le Sgen-CFDT a lutté et a obtenu la suppression de la règle du butoir. .

Oui, le Sgen-CFDT continue de demander la titularisation sans concours des agents non titulaires.

Au risque d’une entorse à la laïcité, cela rappelle une certaine histoire de paille et de poutre…

Désintox de la semaine : les enseignants parlent au Ministère !

« Le mondedessin désintox est mal fait parce que Dieu l’a créé tout seul. Il aurait consulté deux ou trois amis… Le monde serait parfait. »

Alfred Capus

Enfumage ou démocratie directe ? En ce début d’automne, le Ministère de l’Education nationale se met à l’écoute de ses enseignants de la maternelle au collège. On pourrait dire aussi du cycle 1 au cycle 4, juste pour en titiller certains.

Programmes de maternelle, socle commun de connaissances, de compétences et de cultures vont être passés à la moulinette des collègues qui devront les mettre en œuvre chaque jour dans leurs classes à partir de la rentrée 2015 pour les maternelles.

Selon certains, la consultation n’est qu’une gabegie de deniers publics dont le résultat est connu d’avance puisque préparé dans les couloirs de la rue de Grenelle. Pour d’autres un peu moins excessifs, la consultation n’en est pas plus utile puisqu’elle est fondée sur un socle, sans jeu de mots, erroné.

La démocratie dans l’Education nationale est une problématique majeure de la Refondation. Qu’il s’agisse de la parole et de l’émancipation des élèves, de l’autonomie des équipes dans les établissements, de la prise en compte des expériences de terrain dans la construction des politiques ministérielles, notre Ministère se débat entre la tentation du centralisme dit démocratique qui semble faciliter la gestion mais gomme les problématiques locales et l’envie de donner des marges aux équipes.

Le Sgen-CFDT ne fait pas le choix de la déresponsabilisation ou de la facilité qui consiste à refuser tout échange, à demander l’abrogation de tout et son contraire. Le Sgen-CFDT ne méconnaît pas la difficulté objective qu’il y a, non pas tant à consulter des centaines de milliers d’enseignants, mais à résoudre la quadrature du cercle que sera la synthèse de leurs interventions.

En revanche, le Sgen-CFDT est favorable à ce que les collègues soient consultés sur les sujets qui les concernent directement. Il se félicite d’avoir été entendu et d’avoir obtenu satisfaction en ce qui concerne la demi-journée banalisée d’échange collectif sur les programmes et sur le socle, sujets sur lesquels il s’est par ailleurs exprimé (programmes de maternelle, socle commun).

Enfin, consulter les personnels est une chose, leur offrir une véritable marge d’autonomie, dans un cadre national moins contraignant, en matière de construction des parcours proposés aux élèves en est une autre.

Socle commun : un projet encore insatisfaisant

Le projet de socle commun de connaissances, de compétences et de culture proposé par le Conseil supérieur des programmes (CSP) organise les connaissances et les compétences dans cinq domaines (plutôt que dans sept
« piliers ») : les langages pour penser
 et communiquer, les méthodes et les outils pour apprendre, la formation de la personne et du citoyen, l’observation et la compréhension du monde, et les représentations du monde et l’activité humaine.

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Désintox de la semaine : Game over. Try again !

« Bédessin désintoxnis soient mes échecs ! Je leur dois tout ce que je sais. »

Emil Michel Cioran

En plein milieu de l’été 2013, une petite révolution voit le jour dans l’Éducation nationale. En une phrase et sept mots, la loi de Refondation de l’École règle son compte au redoublement.

Quelques mois plus tard, en juin 2014, dans la continuité de ce qu’a décidé le législateur, le Ministère précise dans son projet de décret sur l’accompagnement pédagogique des élèves que le redoublement ne peut être proposé qu’en cas de rupture importante de la scolarité.

Fini le redoublement, par quoi le « remplacer » ? C’est précisément l’intitulé du décret dans lequel le tombeau du redoublement est scellé qui donne la réponse : « accompagnement pédagogique des élèves ».

Cet accompagnement concerne tous les élèves de l’école au lycée. Selon les situations individuelles (handicap, difficultés scolaires, problématique permanente ou passagère…), le décret propose différents outils pouvant impliquer différents acteurs : PPS, PPRE, équipe pluridisciplinaire…

Pour le Sgen-CFDT, la disparition du redoublement est une bonne nouvelle tant sa pertinence n’est pas démontrée. On pourra toujours objecter que l’on a tous un ami qui a redoublé et qui a réussi plus tard dans la vie, on sera toujours moins prompt à faire la liste des élèves pour qui le redoublement n’a été que le report d’un an du passage au décrochage.

De plus, avec un redoublement planant comme une épée de Damoclès dès le conseil de classe du deuxième trimestre, l’élève incriminé se retrouve souvent à végéter pendant le reste de l’année dans l’attente de l’été. De toutes façons, il recommencera l’année prochaine.

Précisément, est-il pertinent d’infliger une deuxième fois le même traitement à quelqu’un qui ne l’a pas supporté ?

Pour le Sgen-CFDT, chaque élève doit être placé en position de réussir. Pas par l’égalité symbolique du même programme, même examen, même horaire mais par la mise en place d’outils et de dispositifs qui rétablissent l’égalité réelle entre les élèves, entre ceux les élèves défavorisés et les autres, entre les autres suivis par leurs parents et les autres, entre les élèves handicapés ou en délicatesse avec l’école et les autres.

Évidemment, l’accompagnement pédagogique et individuel des élèves, car ils sont tous différents, il ne s’agit pas d’une masse uniforme, a des répercussions sur les modalités de travail des enseignants que ce soit au niveau des horaires, des contenus, des compétences.

Pour le Sgen-CFDT, enseigner ne se résume pas à l’apport de savoirs dans le cadre de la trinité une classe, un programme, un prof. D’ailleurs cette réalité n’en est pas une. Elle est une chimère ou un fantasme défendu par certains alors que sur le terrain les collègues donnent déjà du leur, souvent sans formation ni reconnaissance, pour accompagner les élèves. C’est maintenant à notre employeur de donner les outils statutaires nécessaires – des cycles opérationnels, la reconnaissance de toutes les tâches dans le service – à la mise en œuvre concrète des dispositifs d’accompagnement des élèves.

Désintox de la semaine : Caporal, nous voilà !

« Au commencement, l’univdessin désintoxers fut créé. Cela mécontenta beaucoup de monde, et fut largement considéré comme une mauvaise idée. »

Douglas Adams

C’est la rentrée ! On sort l’artillerie lourde ! Dans sa conférence de rentrée, une organisation syndicale a gratifié son public d’un nouveau grand moment de dogmatisme hyperbolique. On apprend en effet que le conseil école-collège tend à « caporaliser les pratiques des enseignants » et accessoirement à « rigidifier les relations CM2-6ème telles qu’elles sont déjà ».

C’est plutôt original quand, par ailleurs, la même organisation dénonçait lors de la discussion de ces textes leur caractère trop souple. C’est encore plus original dans la mesure où ce conseil s’est mis en place pendant l’année 2013/2014 uniquement là où il y avait des volontaires. En effet, le décret impose comme date de création du conseil la rentrée 2014, l’année précédente ayant permis des expérimentations.

Alors que les textes officiels n’étaient qu’à l’état de discussion, le SNES présageait déjà de la non adhésion des collègues à cette nouvelle instance, de son inopérabilité, de son manque d’intérêt. D’une certaine manière, cette organisation prend ses fantasmes pour des réalités. Elle aimerait tellement que jamais rien de nouveau ne fonctionne, que jamais aucune innovation ne s’enracine ni ne se développe pour que son discours de peur perpétuelle accroche son électorat.

Le conseil école-collège est une invitation au voyage et à la découverte. Un voyage physique consistant à aller vers un autre type d’établissement (l’école ou le collège selon le point de départ), une découverte d’autres méthodes, d’autres relations entre le maître et l’élève, d’autres manières de faire.

Il ne s’agit pas qu’une structure impose quoi que ce soit aux enseignants. Encore que, d’une certaine façon, oui, cette structure doit imposer un programme d’actions aux enseignants. Mais la structure ce n’est pas un Frankenstein aux mains de savants fous que seraient forcément les IEN et les chefs d’établissement. Toutes les instances de discussion dans l’éducation nationale sont composées des enseignants eux-mêmes. Dans le conseil pédagogique, dans le conseil école-collège, dans le conseil de cycles, ce sont les enseignants qui s’expriment, qui débattent, qui proposent.

Alors oui l’enseignant, pour le Sgen-CFDT, ne peut pas rester seul dans sa classe, avec son programme et son tableau noir. Pour le Sgen-CFDT, il est membre d’une équipe, il est membre d’une communauté sur laquelle il a le pouvoir d’agir. C’est pour cela que le Sgen-CFDT lors des négociations métiers était, et est toujours favorable, à ce que le temps de service ne prenne pas en compte que le temps de présence devant la classe entière mais puisse intégrer la participation aux instances pédagogiques ou administratives de la communauté éducative.

Pour autant le Sgen-CFDT ne méconnait pas les difficultés logistiques liées à la création du conseil école-collège cette année et des conseils de cycles à la rentrée prochaine. Le rapport de l’inspection générale sur le conseil école-collège met d’ailleurs fortement l’accent sur le risque d’enlisage de cette instance si les problèmes d’ordre pratique ne trouvent pas rapidement de solution. Les rapporteurs notent aussi l’importance d’une implication forte des enseignants pour contribuer à donner à l’instance sa nécessaire dimension pédagogique.

C’est pourquoi le Sgen-CFDT demande un choc de simplification administrative en ce qui concerne les instances de concertation. Ainsi, la fréquence, le rôle et le poids impartis aux conseils de classe mériteraient d’être reconsidérés au regard de l’orientation donnée à l’école du socle : continuité, temps long du cycle, socle commun, évaluation bienveillante.