Accepter le temps long pour la réforme du collège : pas d’obligation de perfection dès le 1° septembre !

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Pour la mise en oeuvre de la réforme du collège, le Sgen-CFDT revendique :

  • Une reconnaissance financière de l’implication des personnels
  • Une confiance réelle et effective envers les équipes
  • Du temps de formation et d’appropriation
  • Un accompagnement des établissements en difficulté
  • En fin d’année, un temps de régulation
  • Un encadrement renforcé en personnels d’éducation

Lire le texte en intégralité.

Réformer le bac pour changer le lycée !

Tel était le thème de la conférence de presse de rentrée du Sgen-CFDT, ce mardi 6 septembre 2016 à 10 heures. Voir la revue de presse.

Conférence de presse de rentrée du Sgen-CFDT, 6 septembre 2016

Baccalauréat, les propositions du Sgen-CFDT – dossier de presse

Le storify de la conférence de presse

« Un continuum bac-3/bac+3 pour la réussite de tous » – contribution du Sgen-CFDT au débat de France Stratégies, « Quelles priorités éducatives ? »

La réforme du collège supprime des milliers de postes ? 

Faux !

Le Projet de loi de finances 2016 prévoit 3499 postes supplémentaires pour le Second degré, dont une part importante pour  le collège (4000 postes en 2 ans). Le calcul en octobre de DGH fictives sur la base unique des horaires règlementaires et leur comparaison avec les DGH de l’année précédente est fallacieux. Le calcul des moyens accordé aux académies n’est pas encore validé par le Comité technique ministériel de décembre …

La réforme du collège détruit les disciplines ?

Faux !

– 80 % du temps des élèves reste affecté à des cours  » disciplinaires  » stricto sensu ;

– EPI et AP sont une autre approche des apprentissages disciplinaires : approche centrée sur les compétences transversales et les ponts entre les disciplines dans un cas, centrée sur l’accompagnement des élèves dans leurs apprentissages disciplinaires et leur parcours scolaires ;

… Prof de français, si je travaille sur l’écriture d’une nouvelle « médiévale » avec mon collègue d’HG… nous  faisons  bien du français et de l’HG , non ?

 

Réforme du collège : fausses querelles et vrai clivage

couverture Profession Éducation 240

Cet article de Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT, conclut le dossier « La guerre du collège n’aura pas lieu », paru dans le mensuel Profession Éducation n° 240 (octobre 2015).

Dans l’enseignement secondaire, chaque réforme est l’occasion de rejouer la bataille opposant « pédagos » et « défenseurs des disciplines ». Aux premiers, on attribue le rôle de « bricoleurs inconscients » qui mettent en péril la valeur des enseignements et la culture nationale, quand les autres se drapent dans les habits de protecteurs des humanités, des langues vivantes, et de la rigueur académique. Et comme en France nous adorons rejouer la querelle des anciens et des modernes, il se trouve toujours quelque intellectuel pour alimenter la dispute et lui donner un vernis culturel. Le problème est que cette façon de poser le débat ne sert qu’à occulter le véritable enjeu de la réforme du collège, et le vrai clivage politique qui sépare les uns des autres.

nuage collègeL’enjeu de la réforme du collège, comme de toute réforme scolaire, ne réside pas dans l’énoncé de ce qu’on prétend enseigner, mais dans la réalité de ce qui est réellement acquis par les élèves. L’École doit abandonner sa culture de l’indicateur chiffré : ce n’est pas le nombre des items d’un programme scolaire, ni le volume des horaires disciplinaires qui font la qualité de l’enseignement. La qualité de la relation pédagogique, voilà ce qu’il faut « mettre au centre », et cela suppose de donner le maximum de marges de manœuvre aux équipes éducatives. Celles-ci disposent en effet de la connaissance des élèves et de leur milieu, ainsi que du meilleur savoir-faire pour concevoir et choisir les innovations pertinentes. Le choix que soutient le Sgen-CFDT, c’est donc de mettre l’organisation de la scolarité au service du projet éducatif, et non l’inverse. C’est aussi de donner aux équipes éducatives la capacité de déterminer l’organisation des enseignements et de choisir les contenus. C’est enfin de déterminer collectivement la politique éducative menée dans leur établissement, dans des instances (conseil d’administration et conseil pédagogique) rénovées pour être enfin réellement collégiales et démocratiques. Une mutation qui n’est encore qu’initiée, parce qu’elle demande un changement réel de la culture de l’institution soclaire.

Mais le débat sur la réforme du collège recèle aussi un vrai clivage politique. À côté de ceux qui fustigent des innovations pédagogiques, les tenants de la réaction scolaire la plus brutale sont à la manœuvre. Ce qu’ils proposent est bien d’abandonner l’ambition du collège unique pour revenir à un collège ségrégatif, qui distingue les élèves « méritants » à qui on donne toujours plus de moyens, de ceux qui doivent borner leurs espérances parce que leur milieu social d’origine n’est pas « porteur ». Veut-on multiplier les options à l’accès toujours socialement différencié, ou bien accroitre les moyens offerts à tous ? Veut-on un enseignement uniforme parce que conçu pour un élève idéal, qui ressemble toujours beaucoup à l’élève issu des milieux favorisés, ou diversifié parce qu’adapté aux élèves réels, ceux que la République nous demande de former et d’éduquer ? Veut-on suivre une logique de tri en se contentant d’une obligation de moyens, ou une logique de formation en s’imposant une obligation de résultat ? Comme souvent, savoir poser les bonnes questions, c’est aussi savoir y répondre.

Pour aller plus loin : « La guerre du collège n’aura pas lieu ».

La guerre du collège n’aura pas lieu !

couverture dossier PE 240 La guerre du collège n'aura pas lieu

(cliquer sur l’image pour feuilleter ou télécharger le dossier dans son intégralité)

L’ANNÉE 2015-2016 EST CELLE DE LA CONSTRUCTION dans les établissements du « programme pédagogique » spécifique à chaque collège – les 20% de marge de manœuvre accordés à l’initiative des équipes pédagogiques. En un temps certes très contraint, les conseils pédagogiques doivent opérer des choix au premier trimestre relatifs aux enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) : compétences à travailler, mode d’organisation, disciplines concernées, répartition par niveau… et se positionner sur l’utilisation des marges horaires. Les propositions du conseil pédagogique sont ensuite présentées et validées par le conseil d’administration, d’abord fin janvier, puis fin juin. Lire la suite

Compléments de services : vont ils augmenter avec la réforme du collège ?

Compléments de servicesCompléments de Service : quel risque de les voir augmenter ?

La réforme du collège s’inscrit dans un contexte de création de postes. Cela même rend le risque de voir les compléments de service augmenter plutôt limité.

Les craintes qui sont renvoyés les enseignants est surtout lié à l’incertitude des projets construits dans les établissements (EPI, accompagnement personnalisé, utilisation des marges horaires).

Pourtant, c’est bien pour adapter l’organisation des collèges aux réalités des collectifs de travail et aux besoins des élèves que le Sgen-CFDT s’est prononcé en faveur du projet collège.

Compléments de services : le cas particulier des professeurs d’allemand, ou d’autres langues « minoritaires »

Très concrètement, le retour des classes bilangues dans l’épure de la circulaire de 2002 (maintenues pour les langues autre que l’anglais apprises au primaire) risque de diminuer le temps de service des professeurs, au moins le temps de diversifier l’apprentissage des langues au primaire.

Le Sgen-CFDT a porté plusieurs exigences auprès de la ministre :

– possibilité pour les enseignants de langues d’intervenir dans le premier degré dans le cadre du projet école-collège.

– possibilité pour les collègues de mobiliser un sous service éventuel pour une formation sur des compétences complémentaires (par exemple certification en Français Langue Etrangère…)

Les langues vivantes sont-elles pénalisées par la réforme du collège ?

Langues vivantes Réforme du collègeLes langues vivantes avant et après la réforme du collège

Actuellement, deux langues vivantes sont obligatoires au collège. La LV1 dès la sixième, la LV2 à partir de la quatrième. La LV1 bénéficie de 4 heures en sixième, puis 3 heures par année. La LV2 compte 3 heures par an en quatrième puis troisième. A partir de 2016, aucun changement pour la LV1. La LV2 commencera en cinquième avec un horaire de 2,5 heures hebdomadaires sur tout le cycle 4. De 6 heures de LV2 on passe donc à 7,5 heures. Ces horaires, actuels et à venir, concernent tous les élèves du collège. Ainsi, pour l’ensemble des élèves du collège, l’horaire de langues vivantes sera plus important à partir de 2016.

Et les 15% qui font plus ?

Actuellement, environ 15% des élèves du collège sont inscrits en classes bilangues ou en sections euros. Les secondes disparaitront complètement à la rentrée 2016. Les premières seront maintenues quand elles s’inscrivent dans la continuité d’un enseignement en primaire. Pour une partie de ces 15% d’élèves, il y aura donc une diminution de l’horaire de langues vivantes. Mais l’horaire de ces élèves ne peut pas servir de référence. En effet, toutes les disciplines calculent les évolutions de leurs horaires par rapport à l’horaire officiel (ou plancher). Or l’horaire officiel de langues est celui indiqué précédemment. Démarrer la LV2 en cinquième constitue un petit pas vers l’extension du modèle « bilangue » à tous les élèves. Cette extension est toutefois limitée par le volume horaire hebdomadaire des élèves qui n’est pas extensible et le nombre de profs nécessaires pour assurer les cours (ce qui n’est pas tant une question de volonté budgétaire que de difficultés de recrutement).

Langues vivantes : un débat sur le contenant plutôt que sur le contenu

Le vif débat sur les horaires de langues vivantes a quelque peu éludé le débat de fond sur l’enseignement des langues vivantes. Dans les premières années du siècle, le CECRL est devenu l’une des références pour la construction des parcours en langues des élèves. Depuis trois ans, les épreuves de langues vivantes au bac ont évolué pour donner plus de place à l’oral. Depuis 2008, enfin, le niveau A2 est nécessaire pour valider le diplôme national du brevet. Il est donc nécessaire de faire un bilan de ces dernières évolutions, d’en regarder les impacts sur la maitrise des langues vivantes des jeunes françaises et français, de s’intéresser aux pratiques des enseignants, d’étudier comment proposer au plus grand nombre ce qui est efficace (numérique, assistant de langues, échanges, certification…)