Réformer le bac pour changer le lycée !

Tel était le thème de la conférence de presse de rentrée du Sgen-CFDT, ce mardi 6 septembre 2016 à 10 heures. Voir la revue de presse.

Conférence de presse de rentrée du Sgen-CFDT, 6 septembre 2016

Baccalauréat, les propositions du Sgen-CFDT – dossier de presse

Le storify de la conférence de presse

« Un continuum bac-3/bac+3 pour la réussite de tous » – contribution du Sgen-CFDT au débat de France Stratégies, « Quelles priorités éducatives ? »

La guerre du collège n’aura pas lieu !

couverture dossier PE 240 La guerre du collège n'aura pas lieu

(cliquer sur l’image pour feuilleter ou télécharger le dossier dans son intégralité)

L’ANNÉE 2015-2016 EST CELLE DE LA CONSTRUCTION dans les établissements du « programme pédagogique » spécifique à chaque collège – les 20% de marge de manœuvre accordés à l’initiative des équipes pédagogiques. En un temps certes très contraint, les conseils pédagogiques doivent opérer des choix au premier trimestre relatifs aux enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) : compétences à travailler, mode d’organisation, disciplines concernées, répartition par niveau… et se positionner sur l’utilisation des marges horaires. Les propositions du conseil pédagogique sont ensuite présentées et validées par le conseil d’administration, d’abord fin janvier, puis fin juin. Lire la suite

SEGPA : C’est quand qu’on va où ?

SEGPA : où en est la nouvelle circulaire ?

SEGPA : la nouvelle circulaire bientôt publiée. Depuis plus d’un an, une nouvelle circulaire SEGPA est annoncée. Rumeurs et inquiétudes sont savamment entretenues par les uns ou les autres. Alors, que se passe-t-il dans ces groupes de travail et où en sommes-nous?

Tout d’abord, les discussions ont du mal à avancer car depuis le début, nous ne partons pas du même diagnostic sur les SEGPA.
– Les représentants de FO demandent l’abrogation de la loi de Refondation à chaque début de réunion. Ils ont exprimé à plusieurs reprises leur souhait d’un retour au fonctionnement des SES et des formations qualifiantes.
– Les représentants de la CGT et du SNALC dénoncent le principe de l’école inclusive et estiment que la structure fonctionne comme elle fonctionne actuellement (« pourquoi changer ce qui marche ? » a demandé un représentant du Snalc). Déclaration d’un représentant CGT : « Avec l’inclusion, on va bousiller les gamins ».
– les représentants de la FSU (Snuipp pour les PE, Snuep pour les PLP, Snes pour les PLC, Snupden pour les personnels de direction) ont avancé timidement l’idée d’une « inclusion raisonnée » (terme qui mériterait d’être explicité) en oscillant entre l’opinion qu’il faudrait plus de travail en commun avec le collège et l’idée que « le collège n’est pas prêt » (le SNES reste discret sur ce point…). Sébastien Sihr déclarait pourtant dans le Café pédagogique juste après les attentats : « comment faire du vivre ensemble sans mixité sociale ? ». La question est excellente : comment apprendre à vivre ensemble sans vivre et faire ensemble ? Voici pourtant ce que répond de son côté B. Valin, représentant national du Snuipp le 14 mars 2015: « Ce qui prédomine derrière l’inclusion, c’est uniquement une réduction des coûts ». Ils défendent donc d’un côté le principe de l’école inclusive et en même temps une structure SEGPA de la 6ème à la troisième après une orientation en CM1. La stratégie serait-elle d’avancer tout et son contraire afin que chacun(e) puisse y trouver son compte ? À l’arrivée, nous avons cru comprendre qu’ils défendaient, avec SUD, le principe de cours en barrette pour mélanger ensuite les classes, comme c’est fait à certains endroits en EPS, mais nous ne comprenons pas bien ce qu’ils proposent exactement par rapport à ce qui est déjà fait actuellement (généralisation des cours en barrette ? Seulement pour certaines matières ? Lesquelles ? Comment ?).
– Pour notre part, nous défendons depuis le début l’idée d’un dispositif plus ouvert et plus souple de type classe d’adaptation du secondaire ou « plus de maître que de classes » qui serait présent dans tous les collèges accueillant des élèves en situation de grande difficulté. Le rapport Legrand en traçait les lignes en 1982 (!). Il l’avait alors appelé dispositif-ressources, partant du diagnostic suivant (le même que celui du rapport Delaubier) que nous partageons : « les SES (..) représentent une réussite pédagogique incontestable et généralement incontestée mais elles présentent des caractéristiques de ségrégation et de marginalisation qui posent aujourd’hui problème en les dévalorisant aux yeux de l’opinion. Par ailleurs elles assurent mal une qualification professionnelles et par suite les débouchés. Le moment ne serait-il pas venu, tout en conservant les éléments qui ont assuré leurs succès pédagogique, de les articuler avec les ensembles hétérogènes lors de la mise en place de dispositifs ressources ? Les maîtres spécialisés pourraient être utilisés dans certains cas comme personnes ressources et faire bénéficier leurs collègues d’une formation et d’une expérience qui a fait ses preuves. La question vaut en tout cas d’être posée.”
Va t-il falloir attendre à nouveau 30 ans pour nous la (re)poser ?

SEGPA : qui propose quoi ?

Ensuite, les pratiques syndicales ne sont pas les mêmes. Nous n’avons pas la même vision du syndicalisme. Cette explication mériterait un plus long développement mais en voici une illustration significative:
Mme Lair de la DGESCO nous a demandé le 10 juin 2014 de décrire ce que serait « la SEGPA de nos rêves ». Les réponses ou absences de réponses furent éloquentes. Ainsi, la représentante de FO nous a immédiatement prévenu : »Nous n’avons pas vocation à faire des propositions ». De son côté, le SNALC a été plutôt clair avec son projet de mettre fin au collège unique. La FSU n’a pas de vision globale et fait intervenir successivement ses 4 syndicats pour empiler les revendications corporatistes (le Snuipp parle aux PE,  le Snuep aux PLP, le Snes aux PLC,…). Leurs propositions nous ramènent donc à l’existant, avec quelques moyens en plus (ils avaient parlé de 15 élèves par classe lors des premières réunions mais ne l’ont pas proposé depuis la publication du projet de circulaire : nous revendiquons 14 !).

Circulaire SEGPA : drôle de dialogue ?

Nous sommes également sceptiques quant aux méthodes de « travail » retenues : pas de représentants de parents, d’élèves, de la société civile, pas d’échanges entre deux groupes de travail, contributions des organisations syndicales envoyées unilatéralement au ministère. Les amendements proposés au ministère devraient l’être de manière transparente (actuellement, chaque syndicat envoie ses amendements de son côté sans que les autres ne les voient, ce qui favorise les “discussions de couloir”).
Tout ceci entretient un flou qui permet aux uns et autres de mettre en avant des “avancées” qu’ils auraient « obtenues » de haute lutte… alors que tout le monde défend, par exemple, les 18h pour les PE en collège,  les 2h de coordination et synthèse payées de la même manière pour tout le monde. Une des solutions pourrait être de filmer nos échanges afin que nos collègues puissent découvrir les postures des uns et des autres et comparer ce qui est dit pendant les réunions et ce qui en est rapporté lorsque l’on sort…

SEGPA et réforme du collège

Enfin, la réforme du collège est venue bousculer le planning. En effet, l’évolution des SEGPA et la réforme du collège sont intimement liées. Le fonctionnement actuel des SEGPA trouve tout son sens dans un collège qui trie, pas dans un collège qui forme. Nous portons le projet d’une autre voie: celle d’un collège pour tous dans lequel on apprendrait à vivre ensemble, à faire ensemble et pas à côté. De nombreuses études en science de l’éducation, sociologie et psychologie ont montré les effets de l’entre-soi et des groupes de niveau censés donner plus à ceux qui ont moins alors qu’ils ne font que niveler par le bas. Or le projet de circulaire actuel conserve tous les éléments favorisant la ghettoïsation des élèves de SEGPA : pré-orientation en fin de CM1, élèves inscrits en SEGPA dès la 6ème, conservation de la structure et de son fonctionnement en se contentant de mixer les circulaires 2006 et 2009. L’idée d’une sixième inclusive pourrait recevoir notre soutien si les élèves étaient inscrits dans leur collège de secteur et dans une classe de référence. Il est illusoire de penser que les inclusions seront possibles si les élèves ne sont pas comptés dans les effectifs du collège tout en maintenant les postes de PE spécialisés. Certains collèges accueillent à la fois des ULIS et des SEGPA. Les inclusions des élèves d’ULIS se font déjà difficilement, comment imaginer que les élèves de SEGPA le soient sans moyens supplémentaires ? Seules deux nouveautés nous paraissent aller timidement dans le bon sens: la possibilité pour les élèves de SEGPA de bénéficier des EPI et de l’accompagnement personnalisé (une proposition repoussée par le Snalc qui a alors invoqué un « mélange des genres ») et la recommandation de ne plus avoir à fournir de volet social lors de la constitution du dossier (recommandé par le rapport sur la grande pauvreté en mai 2015), sauf en cas de demande d’internat.

Le projet de circulaire modifié après amendements devrait nous être présenté le 29 juin avec des simulations d’emploi du temps. Les équipes et/ou collègues qui souhaitent avoir accès au texte en discussion afin de réfléchir avec nous aux amendements à proposer peuvent nous contacter : gle_guevel@sgen.cfdt.fr

Socle commun : un projet encore insatisfaisant

Le projet de socle commun de connaissances, de compétences et de culture proposé par le Conseil supérieur des programmes (CSP) organise les connaissances et les compétences dans cinq domaines (plutôt que dans sept
« piliers ») : les langages pour penser
 et communiquer, les méthodes et les outils pour apprendre, la formation de la personne et du citoyen, l’observation et la compréhension du monde, et les représentations du monde et l’activité humaine.

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Une raison de plus pour refonder l’école!

Les résultats aux évaluations nationales et internationales (PISA, CEDRE, PIRLS…) ont largement marqué l’orientation des débats pour la loi de refondation, notamment pour l’accentuation des écarts dus au milieu familial, la baisse du nombre de lecteurs en 6ème

Pour le Sgen-CFDT, si la refondation est urgente, c’est d’abord par la remise en cause des pratiques quotidiennes qu’elle se fera, afin d’améliorer les résultats de tous les élèves, d’offrir à tous l’ouverture culturelle indispensable à la formation du citoyen acteur et responsable.

Il s’agit donc de changer les pratiques pédagogiques pour un vrai travail d’équipe, une nouvelle organisation de la classe.  Enseigner, ce n’est pas seulement inculquer des savoirs, c’est aussi et surtout permettre aux élèves d’être acteurs de leurs apprentissages afin de leur donner les moyens d’assumer pleinement leur rôle dans la société.

Le faible taux de participation aux élections municipales interpelle directement tous les enseignants de la maternelle au lycée ! En effet, ce sont les plus jeunes qui ont le moins voté et qui ne se sentent pas concernés par la vie de la cité…

Ainsi, l’objectif affiché de l’apprentissage de la citoyenneté, rendre l’élève acteur et responsable, n’a donc pas été atteint : il est urgent de se questionner sur les pratiques coopératives et citoyennes au sein de l’Ecole !

Pour le Sgen CFDT, les objectifs de la refondation trouveront une traduction concrète grâce à une modification des pratiques pédagogiques. La formation initiale et continue doit être revue en ce sens et viser un travail collectif, en lien avec les partenaires de l’Ecole : l’éducation, c’est l’affaire de tous !

Négociation métiers : le débat reprend…

Au jour le jour des différents groupes de travail 2014, les fiches du Sgen-CFDT seront mises en ligne :

Groupe de travail 6 – Second Degré (12 février 2014) – le tract

Groupe de travail 6 – MLDS (11 février 2014) – le tract

Groupe de Travail 7 – CPE (13 janvier 2014) – le tract

Groupe de Travail 8 – Chefs de Travaux (13 janvier 2014) – le tract

Groupe de Travail 9 – Personnels de Direction (23 janvier 2014) – le tract

Groupe de Travail 10 – Inspecteurs : IEN, IA-IPR (23 janvier 2014) – le tract

Groupe de Travail 11 – Personnels administratifs (28 janvier 2014) – le tract

Groupe de travail 12 – Personnels sociaux et de santé (3 février 2014) – le tract

Groupe de Travail 13 – Contractuels enseignants (22 janvier 2014) – le tract

Groupe de Travail 14 – Orientation (13 février 2014) – le tract

Groupe de Travail 15 – SEGPA (5 février 2014) – le tract

Bon à savoir : Le ministère vient de publier sur son site toutes les fiches « métiers »dans leurs dernières versions, bilan de tous les GT métiers qui se sont déjà déroulés.

CPGE : le Sgen-CFDT joue cartes sur table !

Dans ce qui devait être une vaste négociation sur les métiers et missions des personnels de l’Éducation Nationale (car il n’y a pas que des enseignants dans la grande maison), le thème des CPGE a pris une place prépondérante (comme celui des rythmes dans le premier degré lors de la concertation de l’été 2012) : syndicats agitant les chiffons rouges (quelle autre couleur sinon?), associations disciplinaires ou corporatistes pouvant enfin justifier de leur existence, médias tout heureux de pouvoir garder encore un peu au chaud les marronniers (et non les marrons glacés) de Noël…

La première salve de négociations étalée sur deux semaines a été l’occasion d’un feu d’artifice spectaculaire de propos méprisants, réducteurs ou caricaturaux. Le Ministre ayant décidé de suspendre les hostilités (qu’on ne se le cache pas, s’il n’y a aucune décision prise pour le secondaire, hormis la pondération en éducation prioritaire – encore heureux! – c’est bien grâce à « l’agit-prop » de collègues qu’on aimerait voir plus souvent aussi motivés et déterminés), c’est l’occasion pour le Sgen-CFDT de jouer cartes sur table sur le sujet des CPGE en rappelant clairement et fièrement ses positions, déjà exposées dans ses différentes communications pendant les négociations.

Ainsi, le Sgen-CFDT s’est clairement exprimé sur la question du salaire des enseignants de CPGE : « Le projet ministériel imposerait aux collègues des classes préparatoires une augmentation de leurs ORS sans compensation : une mesure sèche que le Sgen-CFDT ne peut accepter en l’état. »

Le Sgen-CFDT ne se voile pas la face sur les inégalités de traitement (dans tous les sens du terme) entre enseignants de CPGE : « le fonctionnement du système de rétribution génère des inégalités à l’intérieur même des CPGE, notamment dans la répartition des heures supplémentaires. De même la variation des pondérations et du taux des heures de « colle », la cooptation pour constituer les équipes de colles, renforcent les inégalités de fait entre enseignants. L’opacité qui recouvre parfois l’ensemble de ce système dissimule des hiérarchies implicites qui ne sont guère acceptables« .

Le Sgen-CFDT sait autant que les autres que les enseignants de CPGE assument une charge de travail importante, notamment en raison d’effectifs qui peuvent être très élevés : « L’évolution des ORS et des missions des professeurs de CPGE doit intégrer des mesures de bornage des effectifs des classes pour limiter la charge de travail. ».

Le Sgen-CFDT revendique d’être réformiste, de préférer le dialogue social à la facilité : « C’est pourquoi le Sgen-CFDT, seul encore une fois lors du groupe de travail du 2 décembre, a demandé l’ouverture d’un groupe de travail sur les classes préparatoires pour aborder ces questions de fond. Cette revendication reste plus que jamais d’actualité ».

Au-delà de ces questions qui relèvent des conditions de travail et des rémunérations, d’autres questions plus larges se posent qui appellent elles aussi des réponses claires.

– À la question de savoir si le Sgen-CFDT est favorable à la réduction de salaire des enseignants de CPGE, la réponse est NON. En tant que syndicat, nous ne pouvons l’accepter. En tant que syndicat toujours, nous ne pouvons pas non plus accepter les inégalités au sein d’un même corps, d’un même lieu d’exercice et/ou à conditions d’exercice différentes mais légitimement difficiles.

– À la question de savoir si le Sgen-CFDT est favorable à la disparition des CPGE, la réponse est NON.

– À la question de savoir si le Sgen-CFDT souhaite le renforcement des liens avec l’enseignement supérieur, la réponse est OUI.

– À la question de savoir si le Sgen-CFDT est favorable à la disparition des élites en France, la réponse est NON.

– À la question, non posée, de savoir si le Sgen est favorable au maintien de la reproduction sociale des élites, la réponse est NON également.

PISA : pas de choc scolaire sans prise de conscience de la société

L’élitisme français, même républicain, semble si ancré dans notre culture nationale que nous continuons de croire que c’est en élevant le niveau des meilleurs qu’on améliore la performance de l’ensemble. Les études internationales PISA nous démontrent exactement l’inverse depuis 2003 : la baisse de la performance moyenne des élèves français, ces dernières années, s’explique essentiellement par la mise en échec, de plus en plus marquée, des moins favorisés d’entre eux. Les résultats publiés aujourd’hui montrent que cette tendance s’est accentuée depuis 2009.

Faute de volonté politique et de l’adhésion de nombreux acteurs, la tentative de changer de paradigme en instituant un socle commun de connaissances et de compétences a échoué en 2005. L’École a confié aux familles le soin de développer les compétences nécessaires à la réception des savoirs, tout en se préoccupant uniquement de leur transmission.

Inverser la tendance prendra du temps, il est donc nécessaire de ne pas en perdre pour réformer l’école. Il est temps que les Instructions Officielles organisent les conditions de travail et le bien-être des élèves plutôt que de détailler des connaissances. Il est temps de passer d’une conception segmentée des enseignements disciplinaires à une organisation des apprentissages construite autour des cycles et des parcours d’élèves. C’est la responsabilité qui incombera au Conseil Supérieur des Programmes.
Mais, au-delà, l’Education Nationale doit aussi faire un effort conséquent de formation initiale et continue des enseignants, pour leur permettre de s’adapter aux nouveaux programmes, aux nouvelles façons de travailler, aux nouveaux publics également. Cela doit être une priorité pour les prochaines années.

Pas de choc scolaire sans prise de conscience de la société.

(Communiqué de Presse, Sgen-CFDT, 3 décembre 2013)