Accepter le temps long pour la réforme du collège : pas d’obligation de perfection dès le 1° septembre !

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Pour la mise en oeuvre de la réforme du collège, le Sgen-CFDT revendique :

  • Une reconnaissance financière de l’implication des personnels
  • Une confiance réelle et effective envers les équipes
  • Du temps de formation et d’appropriation
  • Un accompagnement des établissements en difficulté
  • En fin d’année, un temps de régulation
  • Un encadrement renforcé en personnels d’éducation

Lire le texte en intégralité.

La réforme du collège supprime des milliers de postes ? 

Faux !

Le Projet de loi de finances 2016 prévoit 3499 postes supplémentaires pour le Second degré, dont une part importante pour  le collège (4000 postes en 2 ans). Le calcul en octobre de DGH fictives sur la base unique des horaires règlementaires et leur comparaison avec les DGH de l’année précédente est fallacieux. Le calcul des moyens accordé aux académies n’est pas encore validé par le Comité technique ministériel de décembre …

La réforme du collège détruit les disciplines ?

Faux !

– 80 % du temps des élèves reste affecté à des cours  » disciplinaires  » stricto sensu ;

– EPI et AP sont une autre approche des apprentissages disciplinaires : approche centrée sur les compétences transversales et les ponts entre les disciplines dans un cas, centrée sur l’accompagnement des élèves dans leurs apprentissages disciplinaires et leur parcours scolaires ;

… Prof de français, si je travaille sur l’écriture d’une nouvelle « médiévale » avec mon collègue d’HG… nous  faisons  bien du français et de l’HG , non ?

 

Réforme du collège : fausses querelles et vrai clivage

couverture Profession Éducation 240

Cet article de Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT, conclut le dossier « La guerre du collège n’aura pas lieu », paru dans le mensuel Profession Éducation n° 240 (octobre 2015).

Dans l’enseignement secondaire, chaque réforme est l’occasion de rejouer la bataille opposant « pédagos » et « défenseurs des disciplines ». Aux premiers, on attribue le rôle de « bricoleurs inconscients » qui mettent en péril la valeur des enseignements et la culture nationale, quand les autres se drapent dans les habits de protecteurs des humanités, des langues vivantes, et de la rigueur académique. Et comme en France nous adorons rejouer la querelle des anciens et des modernes, il se trouve toujours quelque intellectuel pour alimenter la dispute et lui donner un vernis culturel. Le problème est que cette façon de poser le débat ne sert qu’à occulter le véritable enjeu de la réforme du collège, et le vrai clivage politique qui sépare les uns des autres.

nuage collègeL’enjeu de la réforme du collège, comme de toute réforme scolaire, ne réside pas dans l’énoncé de ce qu’on prétend enseigner, mais dans la réalité de ce qui est réellement acquis par les élèves. L’École doit abandonner sa culture de l’indicateur chiffré : ce n’est pas le nombre des items d’un programme scolaire, ni le volume des horaires disciplinaires qui font la qualité de l’enseignement. La qualité de la relation pédagogique, voilà ce qu’il faut « mettre au centre », et cela suppose de donner le maximum de marges de manœuvre aux équipes éducatives. Celles-ci disposent en effet de la connaissance des élèves et de leur milieu, ainsi que du meilleur savoir-faire pour concevoir et choisir les innovations pertinentes. Le choix que soutient le Sgen-CFDT, c’est donc de mettre l’organisation de la scolarité au service du projet éducatif, et non l’inverse. C’est aussi de donner aux équipes éducatives la capacité de déterminer l’organisation des enseignements et de choisir les contenus. C’est enfin de déterminer collectivement la politique éducative menée dans leur établissement, dans des instances (conseil d’administration et conseil pédagogique) rénovées pour être enfin réellement collégiales et démocratiques. Une mutation qui n’est encore qu’initiée, parce qu’elle demande un changement réel de la culture de l’institution soclaire.

Mais le débat sur la réforme du collège recèle aussi un vrai clivage politique. À côté de ceux qui fustigent des innovations pédagogiques, les tenants de la réaction scolaire la plus brutale sont à la manœuvre. Ce qu’ils proposent est bien d’abandonner l’ambition du collège unique pour revenir à un collège ségrégatif, qui distingue les élèves « méritants » à qui on donne toujours plus de moyens, de ceux qui doivent borner leurs espérances parce que leur milieu social d’origine n’est pas « porteur ». Veut-on multiplier les options à l’accès toujours socialement différencié, ou bien accroitre les moyens offerts à tous ? Veut-on un enseignement uniforme parce que conçu pour un élève idéal, qui ressemble toujours beaucoup à l’élève issu des milieux favorisés, ou diversifié parce qu’adapté aux élèves réels, ceux que la République nous demande de former et d’éduquer ? Veut-on suivre une logique de tri en se contentant d’une obligation de moyens, ou une logique de formation en s’imposant une obligation de résultat ? Comme souvent, savoir poser les bonnes questions, c’est aussi savoir y répondre.

Pour aller plus loin : « La guerre du collège n’aura pas lieu ».

La guerre du collège n’aura pas lieu !

couverture dossier PE 240 La guerre du collège n'aura pas lieu

(cliquer sur l’image pour feuilleter ou télécharger le dossier dans son intégralité)

L’ANNÉE 2015-2016 EST CELLE DE LA CONSTRUCTION dans les établissements du « programme pédagogique » spécifique à chaque collège – les 20% de marge de manœuvre accordés à l’initiative des équipes pédagogiques. En un temps certes très contraint, les conseils pédagogiques doivent opérer des choix au premier trimestre relatifs aux enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) : compétences à travailler, mode d’organisation, disciplines concernées, répartition par niveau… et se positionner sur l’utilisation des marges horaires. Les propositions du conseil pédagogique sont ensuite présentées et validées par le conseil d’administration, d’abord fin janvier, puis fin juin. Lire la suite

Les silences éloquents des pourfendeurs de la réforme du collège

On entend beaucoup ces derniers temps les opposants à la réforme du collège et à celle des programmes des cycles 3 et 4 (CM2-6ème et 5ème- 3ème). Mais leurs silences en disent plus long que leurs propos le plus souvent violents. Ces derniers trahissent une vision que l’on pourrait qualifier « de classe » quand on observe comment l’intelligentsia soi-disant « de gauche » rejoint les plus conservateurs voire les plus réactionnaires défenseurs des privilèges scolaires. Lire la suite

La marge d’autonomie, c’est dans la poche du chef d’établissement ?

Marge d'autonomieLa marge d’autonomie c’est ce qui permet à l’établissement de mettre en place des dispositifs propres en fonction de choix d’équipes et des besoins identifiés des élèves.

Cette marge d’autonomie n’appartient pas au chef d’établissement (et d’ailleurs rien ne lui appartient dans un établissement scolaire) ni à telle ou telle discipline. Elle est déjà à la disposition de tous les collègues pour mettre en place des groupes à effectif réduit, des options particulières (latin, bilangue…), pour renforcer l’horaire de telle ou telle discipline (maths en 6ème ou français en 3ème par exemple selon les besoins repérés).

Cette marge d’autonomie est dans la réforme du collège développée sur deux axes: l’initiative pédagogique dans les EPI, et  l’utilisation des marges horaires (2,75 heure par semaine et par division en 2016 puis 3h en 2017): sur un collège 20 classes c’est 55h par semaine en 2016).

C’est pour débattre et décider de l’utilisation de ces moyens par rapport aux spécificités locales que le Sgen-CFDT demande le renforcement démocratique du conseil pédagogique et du conseil d’administration.

Marge d'autonomie : dans la poche du chef d'établissement ?

Retrouvez sur le site du Sgen-CFDT le dossier complet sur la réforme du collège : communiqués de presse, vidéos, interviews, courriers à la Ministre de l'Éducation nationale...

Les EPI, qu’est-ce que c’est ?

EPI - Enseignement Pratique InterdisciplinaireLes EPI ce sont des Enseignements pratiques interdisciplinaires.

 Dans « EPI », le I de Interdisciplinaires ?

Il s’agit d’enseignements réunissant au moins deux disciplines, sur une durée de trois heures maximum dans chaque année du cycle 4. Huit thèmes sont proposés. Les élèves doivent en avoir travaillé 6 au cours du cycle 4.

Dans « EPI », le P de Pratiques ?

Les EPI donneront lieu à la production d’un projet individuel ou collectif des élèves ainsi qu’à une évaluation. (Vidéo, pages web, journal, brochure, prestation scénique, … les possibilités sont nombreuses).

Dans « EPI », le E d’ Enseignements ?

Les EPI sont mis en œuvre avec une part du temps horaire des disciplines, car ils contribuent à l’apprentissage de connaissances et de compétences du socle au travers des programmes disciplinaires. C’est donc un moyen d’intégrer dans les enseignements pour tous les élèves des pratiques qui étaient souvent mises en œuvre en plus et de manière facultative.

Qui décide ?

Réfléchis et proposés par les équipes enseignantes, les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires sont organisés dans le cadre du Conseil Pédagogique et validés par le Conseil d’Administration. L’ensemble des disciplines devront contribuer aux EPI. Les textes officiels préconisent d’utiliser systématiquement langues vivantes et outils numériques.

EPI : Enseignements pratiques interdisciplinaires

Retrouvez sur le site du Sgen-CFDT le dossier complet 
sur la réforme du collège : 
communiqués de presse, vidéos explicatives, interviews, tracts, 
"Vrai/Faux", courriers à la Ministre de l'Éducation nationale...

Désintox de la semaine : il était une fois…

dessin désintox« La nature crée des différences, la société en fait des inégalités. »

Tahar Ben Jelloun

 

Lukas n’a pas de chance d’être né en 1999. Il va finir sa classe de troisième sans obtenir l’orientation demandée en bac pro malgré sa motivation. En effet, ses résultats sont faibles et il a plus de 16 ans. Il a bien essayé de s’accrocher en classe mais il fatigue trop vite et les profs doivent boucler le programme pour le brevet. Même s’ils savent tous qu’il ne l’aura pas et surtout qu’il n’aura pas l’orientation souhaitée.

 

Pourtant, il a accumulé des dizaines d’heures de mathématiques, histoire, français, sciences, langues depuis 5 ans dans son collège. À la maison, ses parents n’ont pas le brevet non plus et ils rentrent tard. Pas le temps de l’aider, enfin… le temps ils pourraient le prendre mais ils ont parfois un peu honte de ne pas comprendre tous les devoirs…et ça, Lukas l’a compris depuis son CP. Même avec la réduction d’impôt, Acadomia c’est trop cher. D’ailleurs il se demande comment font Violette, Léonard et Pierre pour s’en sortir avec la bilangue et le latin. Lui on lui avait proposé la SEGPA mais il est juste lent, pas teubé.

 

Pourtant dans son collège, les profs ont mis en place des heures de soutien et de remédiation. En technologie, cela lui a un peu servi parce qu’il aime bien manipuler et réaliser des choses concrètes. Mais ailleurs, il n’en a été que plus embrouillé. Il n’a pas été en 3ème prépa pro parce qu’au moment où il aurait pu en faire la demande, il pensait s’en sortir grâce aux heures supplémentaires. C’est pas grave, demain il partira une heure plus tard que ses copains et ne les verra pas après la cantine parce qu’il y a soutien en histoire et français.

 

A propos de ses copains, quand il est arrivé au collège, une partie de sa bande est partie dans le privé parce que son collège avait mauvaise réputation. Il jouait bien avec Pierre, Mathieu, Luc et Marc mais leurs parents ont entendu de ces histoires sur le collège. A l’école, c’est pareil pour tout le monde alors qu’au collège ses copains ont choisir l’option araméen, c’est encore mieux que le latin paraît-il. Pourtant, il s’y sent bien lui, même s’il a presque toujours de mauvaises notes.

 

Les notes d’ailleurs, à chaque conseil de classe on lui dit qu’il doit faire des efforts. Il en fait (il refait tous ses exercices deux fois, apprend tous ses cahiers par cœur), mais après on lui dit qu’il ne doit pas travailler plus mais mieux. Et là il n’a toujours pas compris la différence. Sauf en maths où la prof ne met pas de notes. Bon il a encore souvent du orange mais il comprend mieux pourquoi. Et surtout, plusieurs fois il a refait des activités et a eu du jaune ou du vert. En italien LV2 aussi c’est sympa, on lui avait dit que c’était la langue des élèves un peu en difficultés mais il s’en sort bien. Des fois, quand il regarde un match de foot en streaming, il comprend deux ou trois mots des commentateurs.

 

C’est vrai qu’il est sympa son collège. Les profs font ce qu’ils peuvent pour l’aider mais lui il a besoin de temps et eux n’en ont pas autant qu’ils voudraient. Ils ont bien compris aussi qu’il ne pourra pas faire tous les programmes mais eux sont obligés de le faire même s’ils sont tous d’accord qu’ils sont trop chargés. D’ailleurs, les profs entre eux ça les embête, et pas qu’un peu, de savoir qu’ils ne peuvent pas grand chose pour Lukas.

 

Et pourtant, Lukas il ne veut pas être ministre (à la télé, il les voit toujours avec plein de papiers et de gens autour d’eux, ça l’intimide un peu) ni trader. Il voudrait juste apprendre un métier manuel.