Un blog du Sgen-CFDT

Le Sgen est le syndicat CFDT de l’Éducation Nationale, de la Recherche publique, de l’Enseignement agricole public, de la Jeunesse et des Sports. Pour le Sgen-CFDT, l’ École n’est pas seulement l’affaire des personnels: c’est l’affaire de tous.

► Notre projet: la transformation sociale. La question de l’École ne peut être isolée des questions de société. C’est pourquoi, dès son origine , le Sgen a choisi d’appartenir à une confédération.

► Notre démarche: le dialogue social. Le Sgen-CFDT, dans ses pratiques de syndicat général, se veut force de proposition. Il recherche le dépassement des oppositions par des revendications constructives, dynamiques, prenant en compte les intérêts de l’ensemble des acteurs concernés. A la juxtaposition d’intérêts particuliers, il préfère la solidarité.

► Notre ambition: un projet global de société. Par la négociation, les rapports de force et la contractualisation, la CFDT élabore, jour après jour, un projet global pour construire une société plus solidaire, plus juste.

12 réflexions au sujet de « Un blog du Sgen-CFDT »

  1. Bonjour
    J’ai été enseignant au Lycée Bellevue de Toulouse puis professeur à l’ufr sport univercité Paul Sabatier. Je suis aussi depuis plus de 20 ans Sophrologue Caycédien. J’ai été syndiqué au SGEN.
    J’ai éffectué un travail de 3 ans auprès d’ élèves en grande difficulté scolaire depuis longtemps. On m’a confié la plus mauvaise classe de seconde d’un lycée professionnel de la région de Toulouse.
    Les enseignants de cette classe étaient au début de l’année 2008 très découragés et se sentaient impuissants face au manque de motivation de ces élèves.
    Dans le cadre d’entretiens individuels j’ai rencontré tous les élèves. Puis à raison d’une heure par semaine j’ai effectué des séances de sophrologie. Je leur ai fait prendre conscience de leur fonctionnement de leur cerveau par la méthode apprendre à apprendre. Dès le milieu de l’année 2008 les élèves sont devenus plus concentrés et désireux de progresser.
    A la fin de l’année scolaire les professeurs étaient enchantés de travailler avec cette classe car les élèves étaient à nouveau motivés et attentifs. Les relations enseignants élèves étaient apaisées et confiantes.
    En 2009 90% ont été reçus au BEP et en 2011, 85% reçus au BAC PRO
    ( moyenne nationale 74%).
    Je viens de publier deux livrres
    Le premier présente mon expérience de trois ans et propose une démarche pour remotiver et débloquer les élèves.
    Dans le second je fais des propositions pédagogiques précises par l’utilisation des outils comme: sophrologie, kinésiologie éducative, entretiens individuels, méthode apprendre à apprendre, evaluation diagnostique de la classe etc..
    Vous pouvez commander ces livres en m’écrivant à l’adresse suivante:
    Louis Musso 18 ave de Flotis 31240 St JEAN
    Prix du premier livre 20€
    du deuxième livre 23€
    Pour l’achat des deux livres 35€

    Louis Musso

  2. Bonjour,
    Désireux de participer au débat, je me permets d’exprimer aussi mes inquiétudes.
    Si j’ai bien compris, je n’aurai plus l’an prochain que 25 heures de présence devant élèves au lieu des 26 actuelles par semaine… Ce qui théoriquement me laissera une heure en plus pour préparer mes séances. Vous me direz, une heure en plus sur la préparation de 75 h de cours (25 h X 3 niveaux), ça ne fait jamais que 48 secondes de plus par séance…
    Cela dit, étant seul dans mon école, une matinée de plus implique 20 min de surveillance supplémentaire (2X10 min d’accueil), 20 minutes d’ouverture et fermeture de l’école (2X 10min pour ouvrir /fermer le portail, l’école, les toilettes, allumer /éteindre les ordinateurs et le photocopieur, installer/ranger mon matériel, …) plus quelques minutes pour la direction ! (Oserai-je ajouter les 10 minutes nécessaires à la rédaction manuscrite et soignée du cahier journal si cher à nos inspecteurs ?… même pas)
    Disons donc que je gagne dans cette grande réforme environ ¼ d’heure de préparation (soit 12 secondes par séance !!)…
    [Oui, oui, j’ai bien compris qu’on ne me fait pas cadeau des 2 heures de présence sans élève, mais je fais quand même semblant …..]
    Or, là où se situent mes inquiétudes, c’est au niveau des 2 heures de devoirs : parce que, disons le franchement, actuellement, nul ne nous oblige à donner des devoirs à nos élèves. En effet, si je donnais jusqu’à présent des leçons, des lectures et des poésies à travailler à la maison, c’était uniquement dans le but d’impliquer les parents dans le parcours scolaire de leurs enfants.
    Alors que là, il faudra donner des devoirs pour justifier ces 2 heures. Et comme nous le savons tous, chez nous les PE, justifier, ça veut dire pondre un texte explicatif relatif aux sacro- saintes compétences, assorti de 3 tableaux et 2 graphiques, ainsi qu’un protocole de mise en œuvre quotidienne et une évaluation critériée et distanciative par rapport aux objectifs initiaux, eux-mêmes dûment écrits et théoriquement évalués dans une configuration idyllique où tout se passerait comme prévu. S’en suivra bien évidemment, une analyse approfondie de l’écart entre la théorie et l’application, relatée dans un document de synthèse à transmettre pour hier à l’IEN… En gros, tout ce qu’on nous demande déjà pour tout le reste…
    Cela dit, pas d’inquiétude : si vous oubliez de vous y coller, un mail sibyllin, avec son lot de progressions, programmations, fiches de préps et fiches individuelles de suivi, classeur de continuité, de chant et d’évaluations,(…) se chargera de vous le rappeler chaque début d’année dans les modalités d’inspection…
    Au final, je vois que cette aide aux devoirs, ne pouvant plus alourdir le poids de mes tâches (je suis déjà au max….), ne servira qu’à permettre à ma hiérarchie de me montrer combien je fais mal mon boulot en ne lui présentant qu’un quart de ce qu’elle m’avait demandé…
    Ma proposition :
    Il me semble que le ministère pourrait indiquer un temps nécessaire de préparation et correction par heure de classe (ce qui se fait dans le secondaire, je crois…). Ca limiterait peut-être les exigences pléthoriques de certains IEN, les programmes surréalistes et irréalisables et le sentiment de malaise professionnel du travail non (ou mal) accompli. De plus, nous aurions enfin une base de calcul relativement stable pour compter nos heures de travail (autre que le +120h de la fiche de paye); ça ne coûte rien, que de l’honnêteté…
    Refonder l’école, ce pourrait être, simplement, de rendre aux enseignants le temps d’enseigner.

    • Bonjour,
      Pour ce qui concerne « l’aide aux devoirs » nous sommes évidemment contre et on voit bien que si cette perspective était retenue elle poserait plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait. Les devoirs sont d’ailleurs théoriquement et normalement interdits… depuis 1956! Nous ne savons pas encore ce que sera la loi concernant la répartition du temps des enseignants du premier degré. Le ministère consulte encore…Nous espérons encore fléchir ce ministère pour que cette fameuse « aide aux devoirs » en classe entière disparaisse ( c’est possible) et qu’on puisse évoluer vers de l’accompagnement personnalisé en petits groupes. Le plus de « maîtres que de classes » pourrait y aider en certains endroits mais sans doute faudra -t-il aller au-delà. Pour ce qui concerne les injonctions hiérarchiques descendantes et notamment celles des IEN qui pèsent de manière insupportable tant sur les directeurs que sur les Pe et instituteurs, il serait sans doute temps de recentrer les missions des IEN et surtout de faire un peu plus confiance aux enseignants, d’arrêter d’en faire de simples exécutants en les reconnaissant réellement comme des cadres de l’éducation bénéficiant de ce fait, comme tout cadre, d’une certaine autonomie dans l’exercice de leurs missions. Guy Vauchel

      • Merci pour votre réponse que je n’attendais pas si prompte.
        Cela dit, pardonnez mon insistance, mais je réitère ma proposition d’officialiser un temps de préparation/correction par heure de classe devant élève.
        Comprenez que je suis soumis à longueur d’année, comme nos collègues, à des remplissages de tableaux horaires concernant l’APE, les sorties piscine, les surveillances de récréations, les réunions de concertation, les réunions de rentrée, les animations pédas,… mais jamais on ne m’a demandé de faire remonter les heures passées à mettre en place l’essence de mon travail… J’en suis presque à considérer que mon employeur ne s’intéresse pas à mon travail, qu’il le mésestime, et qu’il me cherche des occupations fictives.
        Que pensez-vous, donc, d’officialiser un temps, après étude bien sûr, du type 1/2 h ou 1/4 h de prep/correction par heure devant élèves? Cela résoudrait la plupart des difficultés évoquées dans mon précédent message.
        Merci

        • Vous posez là une préoccupation essentielle de notre organisation syndicale depuis de nombreuses années. Je ne sais pas s’il faut s’arrêter à définir le temps de préparation et correction ( il peut être variable).
          L’ensemble des missions des enseignants a été parfaitement décrit dans le rapport Pochard. Mais sans en tirer les conséquences sur la nécessité de changer la définition réglementaire du métier . Le problème est que le service des enseignants est encore défini dans nos statuts sur la seule base du temps en présence d’élèves( même s’ il y a de timides tentatives pour aller au-delà dans le premier degré).
          Le Sgen-CFDT se bat depuis longtemps pour que le métier enseignant soit reconnu dans toutes ses dimensions et pour la définition d’un service « TTC »- toutes tâches comprises-.
          Le fait que les statuts de personnels du premier et du second degrés ne reconnaissent que le temps de face à face ne protège en rien les enseignants.
          Au contraire, il permet à l’administration de superposer de nouvelles tâches ( sur le mode du bénévolat contraint )sans les reconnaître. Il ouvre la porte aussi à l’amalgame utilisé par de nombreux hommes politiques entre heures de cours et temps de travail, ce qui conduit certains malfaisants à nous considérer comme des travailleurs à temps partiel à qui on peut en rajouter… Ceux qui défendent les statuts actuels des personnels dont beaucoup remontent à 1950 confortent finalement ce système et cette vision des enseignants par l’opinion; ils ne rendent pas service à ceux qu’ils prétendent défendre.
          La société a évolué, l’école a évolué comme ce qu’on y enseigne, le profil des élèves a évolué avec la massification de l’enseignement arrivée dans le second degré jusqu’au lycée, les demandes des parents et des élèves sont beaucoup plus fortes.
          Comment peut-on prendre en compte ceux qui peuvent avoir plus de préparations ou corrections, ceux qui font plus d’accompagnement, ceux qui sont plus impliqués dans les projets d’écoles ou d’établissement? Comment peut-on faire évoluer les missions en fin de carrières vers moins de face à face par exemple?…Etc. Dans le cadre actuel des statuts, c’est impossible.
          Nous ne pouvons rester sur des règles établies au milieu du siècle dernier. Nous sommes pour des statuts rénovés qui, en offrant toutes les garanties de fonctionnaires auxquelles nous pouvons prétendre, intègrent et officialisent pour le coup un temps de service reconnaissant toutes les missions des enseignants dont les quotités horaires respectives resteraient à négocier.
          Bien cordialement.
          Guy Vauchel

  3. Je trouve intéressante la discussion autour de l’inégalité. Elle se cache parfois là où on ne la vois pas. Vous évoquez l’inégalité entre les enfants d’une même classe face aux devoirs. Je voudrais montrer que l’inégalité existe entre les territoires, à quelques fois quelques kilomètres. Notre école de montagne n’a accès à aucun équipements sportifs sans payer cher.; aussi pas de natation tous les ans pour nos enfants malgré la mobilisation des parents d’élèves, une classe découverte tous les 5 ou 6 ans si c’est possible, difficulté d’accès aux musées et autres institutions culturelles (le bus coûte cher et on nous refuse l’accès aux transports en commun au motif que nous encombrons). Pour ce qui est du monde extrascolaire, l’accès aux piscines à titre privé est plus cher parce que nous sommes extérieurs, de même pour les bibliothèques, les activités extra scolaires, les centres de loisirs etc… Sans compterla mobilisation en temps que cela nous demande. On me rétorquera que j’ai choisi mon lieu de vie, c’est se boucher les yeux, j’ai choisi le lieu où j’ai pu m’installer en raison du prix des loyers et du terrain. Pour autant j’estime que puisque nous parlons égalité, il serait temps que l’école soit égalitaire pour tous sur l’ensemble du territoire français.
    Un enfant qui habite Marseille bénéficie d’une classe découverte chaque année, d’une initiation au poney, d’un cours de natation régulier et j’en passe et des meilleurs.
    Alors l’inégalité est-elle là où on le croit ?
    Les devoirs me paraissent nécessaires aujourd’hui dans une certaine mesure, mais ils ne doivent pas combler le manque de temps du professeur en classe parce que les programmes prévoient trop peu de temps compte tenu des difficultés de nos élèves. La mémorisation ne peut pas se faire sur le temps du collège, car cela demande du temps personnel, un minimum d’implication de l’élève.
    Cordialement,
    S.P

  4. Directeur d’école d’une seule classe, je suis rémunéré à hauteur de 120h par mois, soit 1440h par an, ce qui, ramené à 36 semaines, correspond à 40h par semaine.
    Mes temps de présence se décomposent ainsi:
    26h devant élèves
    1h dite 27ème heure
    1h20 d’accueil (10 min X2 X4)
    6h 40 min de corrections de cahiers (5 min par élève X 20 élèves X 4 jours)
    1h20 de travail de direction (20 min/ jour en moyenne, au bas mot…)
    20 min d’ouverture de l’école (5min X4 pour ouvrir l’école,les toilettes, allumer les ordis, préparer la classe et mon matériel).
    20 min de fermeture d’école
    Ce qui fait un total de 36 h.
    Il me reste donc 3h de préparation pour mes 3 niveaux, c’est à dire 1h par niveau et par semaine, soit environ 3 minutes par heure par niveau.
    Quand je rencontre des parents pendant 45 minutes, je perds 15 heures de préps.
    Lorsque je prépare les modèles d’écriture des CP, je « bouffe » le temps des CE1 et CE2….
    Alors quand je regarde les modalités d’inspection et leur cortège de progressions, programmations par matières, fiches de prèps et cahier journal, je plonge …

    • Bonjour,
      et encore vous faites peu référence à la lourdeur du travail administratif généré par la direction d’école et aux injonctions descendantes qui ont plu sur les directeurs comme sur les PE ces dernières années. La classe unique est bien sûr ….un cas d’école… et la gestion de classes à plusieurs niveaux est souvent problématique. Vos remarques posent bien les questions d’actualité : celle de l’organisation de l’école, des rythmes scolaires ( avec le débat sur la semaine de 4,5 j), des rythmes de l’enfant, de l’organisation du temps scolaire et du temps des enseignants, d’une reconnaissance nouvelle pour la direction d’école. Sur tous ces sujets, nous avons dit au ministre que nous étions en attente d’une négociation et nous avons bon espoir qu’elle arrive bientôt.
      Sinon , votre calcul est un peu inexact car sur votre feuille de paie il est bien marqué PLUS de 120H ( ceci ouvrant droit à la sécurité sociale) et non 120H.
      Pour le reste, même si les statuts des diverses catégories ne définissent qu’un temps de service hebdomadaire devant élèves ( ce qui ouvre la porte à tous les commentaires les plus ignobles et permet en plus de nous imposer de nouvelles tâches), notre temps de travail réglementaire est normalement calculé sur une base annualisée comme pour tous les fonctionnaires d’état à hauteur de 1607H et non 14440H comme vous l’avez calculé.
      Bien cordialement. Guy Vauchel

  5. « La refondation sera pédagogique ou ne sera pas » … que nous propose le gouvernement ? de réformer une fois de plus la forme et non le fond ! J’ai eu le plaisir de participer à deux journées de sensibilisation à la pédagogie de Maria Montessori et quelle révélation ! Oui une école où les élèves sont heureux de venir existe. Une école où les élèves deviennent acteur de leur apprentissage existe. une école qui respecte les besoins et les rythmes des enfants existe, …, une école qui qui inscrit chaque élève dans la réussite existe ! Ce n’est pas une utopie, c’est une réalité déjà maintes fois éprouver dans divers pays mais dont on entend jamais parler en France ! C’est à se demander si nos dirigeants ne cherchent pas finalement à maintenir une partie de la population dans l’ignorance pour mieux régner !
    La formation des enseignants est à revoir ? Ca tombe bien, formons-les à la pédagogie Montessori ! Tout cela demandera quelques années de mise en place mais les résultats seront à la hauteur des attentes, bien plus que les mesurettes sur le changement du rythme hebdomadaire, qui va apporter plus de fatigue pour les enfants comme pour les enseignants (avec ce systèmes, il n’y a plus que les week-end pour notre temps de préparation !)

    • Bonjour Marie Pierre,
      je salue ton enthousiame dans la découverte de pratiques nouvelles pour la réussite de nos élèves. Cependant l’association privée Montessori ( qui a déjà 100 ans ) est loin d’être la seule à développer des approches pédagogiques différentes. C’est aussi le cas, dans le service public, des écoles en pédagogie Freinet ( création de la même époque)ou encore dans le second degré ( initiatives plus récentes) des établissements innovants comme le Collège-Lycée Clisthène à Bordeaux ( http://www.clisthene.org/ )ou le Cle à Hérouville St Clair. (www.etab.ac-caen.fr/cleh/ ).
      Une chose est sûre comme tu le notes c’est qu’il y a besoin d’une vraie formation professionnelle et professionnalisante pour les enseignants mais s’il faut un changement dans les pratiques cela ne passe pas forcément par la formation à une seule méthode surtout si on souhaite que les enseignants puissent s’adapter aux évolutions du système éducatif et de la société et aux besoins nouveaux des élèves.
      Concernant les rythmes, tu trouveras ci-dessous la réponse de Joël Devoulon mais j’y ajouterais que la concertation a montré que c’est surtout la récente semaine de quatre jours( décrétée par notre ancien président)dans le premier degré ( qui n’existe pas dans le second degré) qui conduit élèves comme enseignants à l’épuisement….Dans ce domaine aussi le changement est nécessaire.

      Commentaire de Joël Devoulon :
      « Sur les rythmes, il ne suffira pas de bouger les heures d’entrée et de sortie de classe, il faut aussi modifier le contenu de la classe. C’est ce qu’on essaie de proposer dans le document diffusé sur notre site au sujet de la concertation. C’est peut-être cela le plus important dans cette affaire et cela ne se fera pas sans revoir les programmes, les échéances, la compétition … »

      Guy Vauchel

  6. Les devoirs …
    -permettent aux parents de partager la scolarité de leurs enfants
    -préparent au collège
    -éduquent à l’autonomie, à la responsabilité
    -impliquent les familles dans le projet d’éducation de leurs enfants
    -sont des… devoirs et préparent le citoyen futur à jouir de ses droits en assumant ses devoirs

    Ne peuvent être faits en classe : comment accompagner individuellement plus de 25 élèves (à raison de 10 à 15 minutes min. passée avec chaque élève) pendant 30 ou 45 mn?

    Faits en classe, seront de toute façon refaits à la maison avec ou sans le secours du parascolaire et les inégalités se creuseront encore plus…

    Rendent possible des acquis pour les élèves qui se débrouillent au milieu de classes en difficulté qui progressent lentement

    La rémunération et la charge de travail : comment est-il possible d’alléger encore la première et d’alourdir toujours plus la seconde ?

    • Bonsoir,
      votre message sur notre blog méritait une réponse précise ce qui explique sa validation tardive.
      Vous trouverez ci-dessous nos remarques point par point:
      « Les devoirs … »
      « -permettent aux parents de partager la scolarité de leurs enfants. »
      La relation à la famille peut passer par les devoirs, c’est vrai. Mais justement elle en est colorée : là ou les devoirs sont considérés comme normaux et importants se construit une relation de qualité, là où les devoirs sont un fardeau pénible à vivre, on est en droit de se demander si cela aide vraiment à construire une relation saine avec les parents. Dans le premiers cas, les devoirs créés une valorisation du parent aux yeux de l’enfant, dans le second une dévalorisation qui s’accentuera d’année en année. Et ces constructions affectives jouent sur l’estime de soi de l’enfant lui même avec le risque d’agrandir les inégalités (enfant valorisé et autonomie d’une part, enfant dévalorisé et se sentant exclu de l’école « chez nous, on n’a pas la bosse des maths ! » d’autre part). Il faut trouver dans le temps de travail des enseignants, comme dans le projet d’école, la possibilité de prendre en charge à part entière cette relation avec toute la considération qu’elle mérite. Ce n’est pas simple mais en rester aux devoirs comme vecteur essentiel n’est pas satisfaisant.
      Il n’est point besoin d’avoir des devoirs pour discuter avec ses enfants de ce qu’ils ont fait à l’école, tout de même, ni pour s’impliquer dans leur scolarité. Au lycée, les parents ne sont généralement plus en mesure d’aider leurs progénitures, sont-ils pour autant absents de leur scolarité ?

      Je vous rappelle d’ailleurs que la principale fédération de parents d’élèves s’est prononcée pour la suppressions des devoirs à la maison et mène actuellement une campagne sur ce thème.

      « -préparent au collège »
      Appliquons le raisonnement par récurrence et s’il y a des devoirs en élémentaire, alors il faut en  faire en maternelle pour se préparer à l’élémentaire. Cet argument est symptomatique d’une école qui fonctionne sur elle-même et n’a d’autres modèles d’éducation que la précocité (il faut faire les choses avant l’heure). C’est encore ce qui conduit le collège à ne fonctionner que sur un modèle de petit lycée avec tous les échecs que l’on connait.

      « -éduquent à l’autonomie, à la responsabilité »
      Il n’y a pas autre chose pour le faire ? La pratique actuelle est extrêmement inégalitaire. Les faire ailleurs qu’à la maison aurait l’intérêt fondamental de supprimer l’inégalité entre l’enfant qui passe ce temps avec une maman (le plus souvent) attentive et compétente (dans nos milieux sociaux), et celui qui ne reçoit pas d’aide et même se sent gênant pour sa famille. Bien évidemment c’est celui là qui est le plus fragile en classe. Les activités en autonomie dans le cadre de l’école peuvent le faire aussi, mais la différence est que le prof est là et peut intervenir en cas de besoin.

      « -impliquent les familles dans le projet d’éducation de leurs enfants; »
      : voir point 1.

      « -sont des… devoirs et préparent le citoyen futur à jouir de ses droits en assumant ses devoirs. »
      Les droits peuvent -t-ils être achetés par ….les devoirs, ce qui serait une autre façon de dire que ce ne sont pas des droits. Ce jeu de mots ne peut servir d’argument.

      « Ne peuvent être faits en classe : comment accompagner individuellement plus de 25 élèves (à raison de 10 à 15 minutes min. passée avec chaque élève) pendant 30 ou 45 mn? »
      Les devoirs, ou plutôt les leçons, c’est aussi un travail de mémorisation, d’appropriation, fait à un moment que les chronobiologistes considèrent comme favorable. Mais pour qu’il soit favorable, il faut qu’il suive une journée moins épuisante qu’aujourd’hui. Et il n’est pas nécessairement inintéressant que cela se fasse avec d’autres personnes que l’enseignant de la classe. Le monde associatif fait des choses très intéressantes dans les quartiers de ce point de vue. C’est certainement à développer plutôt que l’étude surveillée en classes entière .
      Et puis évidemment si on ne change pas le fonctionnement de l’école. : un maitre, une classe, une séquence, un programme….Et si on essayait plus de maitres que de classe et une autre organisation du temps scolaire?
      Il faut donc trouver une place pour l’accompagnement personnalisé à l’école (je renvoie au 4 pages diffusé voici deux semaines sur notre site)

      « Faits en classe, seront de toute façon refaits à la maison avec ou sans le secours du parascolaire et les inégalités se creuseront encore plus… »

      Ne rien changer, c’est bien ce que vous proposez, conduit précisément ceux qui ne peuvent aider leur enfant mais en ont les moyens vers les officines de « soutien scolaire » et laisse les autres sur le bord de la route. C’est cela qui creuse les inégalités et qui est constaté par toutes les enquêtes aujourd’hui.

      « Rendent possible des acquis pour les élèves qui se débrouillent au milieu de classes en difficulté qui progressent lentement »
      ???Cela c’est déjà le cas,non? Les élèves de familles favorisés ont des acquis que les autres n’ont pas.

      « La rémunération et la charge de travail : comment est-il possible d’alléger encore la première et d’alourdir toujours plus la seconde ? »
      Là, sur le premier point, je ne vois pas à quoi vous faites allusion. Jusqu’à présent, nous n’avons pas entendu qu’il était question de réduire le salaire des enseignants qui est d’ailleurs en France un des plus bas d’Europe. Quant à la charge de travail, comme vous le savez certainement, il n’est pas question pour nous d’alourdir encore la charge de travail. Nous revendiquons d’ailleurs l’intégration de toutes les tâches dans le service, ce que ne permet pas aujourd’hui le statut des enseignants qui ouvre la porte à la superposition de nouvelles tâches sans aucune garantie.
      Guy Vauchel

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